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dimanche, 18 juin 2017

Une décennie de perdue pour le rugby français (2007-2017) : le train-train des raisons bidons

On s'était laissé sur cette lancinante question : comment l'ovale tricolore en est arrivé là, c'est-à-dire en D2 mondiale après avoir eu l'outrecuidance de prétendre se hisser sur le toit du monde ?

Si personne ne conteste qu'elle ne gagne plus rien depuis 2010 et que son ratio match joué/perdu est le pire de l'histoire du rugby moderne, les raisons divisent.

Commençons par écarter les habituelles excuses à la con que t'en voudraient même pas dans ton carnet de liaison scolaire de 6ème.

Ainsi chaque année on a droit à :

- Tournée de novembre : les Bleuxv ne sont pas rodés, ils n'ont eu que quelques jours pour se préparer et retrouver des sensations collectives (on oublie en passant que les équipes du Sut sont en fin de saison et donc émoussées) ;

- Tournée de juin : les Bleuxv sont fatigués (on oublie en passant que les équipes du Sut sont en rodage). Admettons, sauf que si on prend le cas de Serin ou de Le Devedec, leur saison est finie depuis plus d'un mois et le moins que l'on puisse dire est qu'ils n'ont pas été très bons. En sens inverse, Gourdon qui a enchainé les matchs a été le plus en vue ;

Et entre les deux :

- Tournoi des 6 Nations, l'équipe est en reconstruction, l'objectif c'est la Coupe du monde.

Et tous les 4 ans on a droit à :

- Une préparation commando, pour la première fois le coach a pu travailler sur la durée avec le Groupe, les Bleuxv sont prêts et on va voir ce que l'on va voir... Bon là on a assez donné pour l'enfumage généralisé.

Enfin, on connait la rengaine, c'est la faute au TOP 14 !

De toutes les raisons évoquées, la seule qui vaille est celle-là mais pas pour les raisons que l'on pense le plus souvent.

Pour commencer, l'implacable logique recommande d’oublier de qualifier notre championnat comme le meilleur du monde s'il a pour effet de générer la pire équipe de France...

Mais, il est certain qu'en France la priorité est donnée aux clubs quoi qu'en disent leurs présidents délestés de leurs meilleurs joueurs à l'occasion des doublons internationaux. On se retrouve avec un TOP 14 riche de droits télé face à une FFR, vivant de ses rentes (et pratiquant l'impudeur jusqu'au sponsor maillot, dont l'absence jusqu'alors était le dernier refuge de la vertu fédérale). Pour le dire autrement, ce n'est plus l'équipe de France qui est la locomotive du rugby tricolore, mais les 14 wagons des clubs. Et il faut bien reconnaitre que la popularité (toute relative) de la gonfle doit plus au Top 14 qu'à l'équipe de France, même si cela reste (et c'est tant mieux) un sport régional. Pour le dire en termes marketés, si la gonfle gagne des parts de marché, elle doit plus à un TOP 14 survitaminé par ses stars étrangères, qu'à son XV de France anémié.

Il reste qu'incriminer le TOP 14 est une erreur, ce n'est qu'un contenant, le contenu reste de la responsabilité des clubs. Ce n'est pas la faute au championnat si Toulon espère le gagner en 2017 à la sauce bitteroise des années 70 ; rien n'empêche les clubs d'avoir pour modèle un jeu ambitieux comme celui pratiqué par les jaunards. Notre Top 14 n'empêche d'ailleurs pas les clubs français de régner sur l'Europe du rugby, et sans revoir son ambition à la baisse l'ASM s'est tout de même hissée en finale cette année. Sur le plan des individualités, Picamoles est-il plus fort depuis qu'il a quitté le Top 14 ?

Coupable idéal le TOP 14 n'est qu'un bouc émissaire, la vérité est ailleurs...

 

samedi, 17 juin 2017

Une décennie de perdue pour le rugby français (2007-2017) : les vraies raisons d'un déraillement

Tout le malheur du rugby de France vient de ce que son principal fossoyeur se risque à revêtir la tunique du providentiel sauveur.

Laporte, car c'est lui dont il s'agit, a une lourde responsabilité dans le déplorable état dans lequel se trouve la gonfle tricolore, et il va avoir du mal à résister à ne pas en imputer davantage la charge à Novés et à son staff...

Laporte a commis l'erreur historique de ne pas avoir vu l'évolution du rugby mondial, il a pris pour modèle celui qui gagnait les batailles passées pas celui permettant de mener les combats futurs.

En clair, Laporte a pris en exemple le rugby du Sut, celui de l’Australie de 1999, reposant sur une grande rigueur défensive et un bon buteur. Cette obsession de la défense et du "pas de faute" est communément partagée alors, elle fait des Beefs les champions du monde en 2003 et consacre les Boks en 2007. Que ces trois équipes se retrouvent en finale des éditions 2003 et 2007 ne doit rien au hasard.

En vertu de quoi, peu importe  le rugby pratiqué, le seul qui vaille est celui qui gagne, au risque pour ce faire d'être emmerdant, telle est la doctrine laportienne. Ses ravages perdurent puisqu'il s'agit d'une croyance largement partagée dans le TOP 14.

Ce que l'équipe de France a raté avec Laporte c'est le tournant Black. S'il est vrai que leur jeu a toujours été le plus chatoyant et le plus flamboyant, ils ne parvenaient pas à tirer le gros lot mondial tous les 4 ans, en dépit de leurs joueurs talentueux. Ils étaient en quelle que sorte un contre-modèle. Sauf que... maintenant le jeu Black gagne sans avoir renoncé à son ambition fondatrice, et naturellement il inspire les autres nations, y compris les plus rétives traditionnellement à tout changement de paradigme sportif, à savoir les Beefs depuis 2012, avec le succès que l'on sait (leur élimination en poule de leur coupe du monde ne les a pas dissuadés de renoncer à cette transformation du jeu basés sur le volume et l'intensité) et même les Boks comme on a pu le constater lors des deux derniers test matchs contre la France. Laquelle - cruel paradoxe - a pratiqué le jeu à une passe des Boks d'hier pour un résultat particulièrement stérile.

Certes, Lièvremont a saisi cette nécessité d'une réorientation du jeu (un retour à l'esprit guidant le tandem Skrela Villepreux si on veut), mais son inexpérience l'a amené à confondre un jeu ambitieux reposant sur une grande rigueur dans l'exécution avec un jeu sans bases tourné vers l'attaque à outrance (à rebours de la chronologie, les charges de la cavalerie napoléonienne avant le rugby des tranchées).

La fédé de son côté a commis la double erreur historique de reconduire Laporte de 2003 à 2007, dont l'orgueil l'a amené à reproduire les mêmes erreurs, pour un même résultat, puis de nommer un sympathique entraineur inexpérimenté de Pro D 2 (Lièvremont). Enivrée d'un résultat trompeur (une finale de Coupe du monde assortie de 3 défaites), la fédé a planté le dernier clou dans le cercueil de l’Ovale hexagonal en donnant les clés du camion au Goret, lequel l'a conduit dans le mur, faute d'avoir compris les nécessités du temps, tout embarbouillé qu'il était d'un rugby laportien au point de passer pour l'inventeur de la formule "rugby restrictif".

Dans ces conditions, la figure de Novès a fini par s'imposer comme une évidence, l'homme passant pour le dépositaire d'un beau rugby qui gagne. Peu importe que ce soit à tort, tant le Stade toulousain a bâti son palmarès ses 15 dernières années sur un rugby pragmatique, l'important est d'y croire, la gonfle n'échappe pas au performatif, la performance en procède parfois.

Sera-ce suffisant ? Sans doute pas, car à supposer comprises les orientations d'un rugby gagnant et pas emmerdant, encore faut-il être capable d'en assurer la réalisation.

Et là, le malaise est très grand.

Pendant longtemps, l'érection de la statue du capitaine Dusautoir (en dépit de la nullité de son bilan sportif depuis 2011) est parvenue tant bien que mal à dissimuler la médiocrité de l'ensemble des joueurs. Bon an mal an, on s'enflammait pour l'un d'entre eux, alors qu'il n'était qu'une variation des accents du mirage (Fall, Thomas), pour un joueur étranger à l'ADN soi-disant inédit en France (Leroux, Spedding, Nakaitaci, Atonio), pour un joueur découvert à la faveur d'une tournée ou d'un Tournoi pas trop ratés (Goujon, Serin, Le Develec), pour mieux cacher la poussière de l'ovale tricolore sous le tapis tissé du temps qui passe, des excuses bidons et des promesses non tenues. Seulement aujourd'hui, comme on ne peut plus comme hier aussi facilement incriminer le sélectionneur et son staff (on y viendra bientôt), les regards se tournent vers la troupe des joueurs. Et la réalité cruelle se fait jour : les cadres faillissent (Picamoles, Maestri), les anciens espoirs continuent de décevoir (Fickou, Dulin...) quand d'autres n'ont jamais confirmé (Plisson, Trinh Duc, Machenaud...), hormis quelques valeurs sûres en première ligne au niveau mondial (Guirado, Slimani), rien dans cette équipe de France n'est source d'espoir. Et ce ne sont pas les absents qui peuvent démentir l'analyse, car présents lors de la tournée d'automne 2016 ou du Tournoi 2017, ils n'ont empêché ni les défaites, ni causés de retentissantes victoires.

On l'a compris, pour prendre avec plusieurs trains de retard la voie du nouvel Ovale, avec au surplus des passagers taillés pour voyager en seconde classe, l'équipe de France est condamnée pour longtemps au tortillard d'antan, dont ni les nostalgiques pourront se satisfaire pas plus que adeptes du changement...

 

dimanche, 26 février 2017

Grandeur et décadence du rugby de France (Tournois 2010-2017)

Loin de la mousse de l'à peu-près des commentaires de l'Ovale enchâssés dans l'étouffante analyse du match après match, où les défaites encourageantes, cédent devant des victoires inquiétantes, le tout alternant avec les "battus par plus forts que soi", il n'est que temps comme le dit le berger landais échassé de prendre de la hauteur pour mesurer la profondeur de l'abime dans laquelle notre gonfle tricolore est tombée.

Plutôt que de savoir si machin est capable de faire une passe des deux côtés, si truc a fait 12 ou 21 placages, si bidule a tenu en mêlée, fait une passe après contact ou parcouru 12 bornes à 8 km/h, c'est armé d'une spatule à bière qu'il faut chasser cette mousse qui vient t'humecter la moustache pour mieux te distraire de l'essentiel : notre rugby n'a jamais été aussi mal.

La chronique a ceci de commun avec l'Ovale qu'il faut en respecter les fondamentaux, ici commencer par le commencement.

Il était une fois (on va la faire courte quand même à la manière d'une passe de Nakaitaci) un rugby de France grandissait péniblement à l'ombre des grands arbres de la forêt celto-britonne au point de parvenir seulement en 1954  par décrocher la timbale d'une victoire (partagée) dans le Tournoi. Autant cette première fut longue à venir, autant ses répliques ne tardèrent pas (1955, 1959, 1960, 1961...), au point que 5 ans plus tard, elle remporte seule le Tournoi. Quant à son premier Chlem, alphabet de l'école de rugby (école de la vie), chacun sait qu'il il remonte à 1968.

Depuis 1954, il ne s'est jamais passé plus de trois ans sans que la France ne remporte le Tournoi, qu'elle réussisse ou non le Grand Chlem. De ce moment là, la France compte parmi les nations majeures du rugby... jusqu'à ce qu'elle quitte le disputé cénacle.

Depuis 2010 ses résultats n'ont jamais été aussi mauvais, non seulement parce que c'est la période de disette la plus longue depuis 1954 (7 ans sans victoire) mais surtout parce qu'elle obtient  dans le même temps le pire classement depuis la seconde Guerre Mondiale (2ème en 2011, 4ème en 2012, dernière en 2013 pour la première fois dans les 6 Nations, 4ème en 2014 et en 2015, 5ème en 2016). 5ème aujourd'hui elle ne fera sans doute pas mieux que 4ème en 2017.

Trois entraineurs différents, trois manières d'aborder le jeu, des dizaines et des dizaines de joueurs pour un seul constat : l'équipe de France n'est plus une grande nation (européenne et a fortiori mondiale) du rugby.

Au final, condamnée à l'exploit pour gagner face aux trois grandes nations du Sud, battue régulièrement par l'Angleterre, l'Irlande et le Pays de Galles, l'équipe de France se situe juste au-dessus de l’Écosse dont les progrès risquent prochainement de nous plonger dans la poubelles du Tournoi des 6 Nations, quelque part entre le couvercle et l'Italie.

Quand ça commence par "Il était une fois...", ça finit souvent par une ribambelle de mioches aussi blonds et bouclés que Bastareaud, courant comme dans une pub Royal canin dans de printanières prairies, ici on se retrouve avec des gosses limites attardés, emmitouflés dans de lourdes tenues de protection en vue d'un long hiver ovale.

Comment en est-on arrivé là ?

C'est une autre histoire...

dimanche, 20 novembre 2016

Enfin du plaisir !

Enfin, voilà bien longtemps qu'on n'avait pas vu une équipe de France prenant du plaisir à jouer et donnant du plaisir à la regarder.

Tout est loin d'être parfait :

- Spedding est un bourrin à œillères

- on cherche encore une charnière (la comparaison entre la fluidité de Genia, regardant en un éclair à droite et à gauche, et le jeu stéréotypé de Machenaud faisait peine à voir)

- un troisième latte gratteur/plaqueur

et un buteur.

Sans compter que les Bleuxv ont clairement subi les impacts aussi bien en défense qu'en attaque

Le colosse Atonio ayant quant à lui donné une nouvelle preuve qu'il n'était fait que d'argile, auteur d'une figure acrobatique qui nous a renvoyé au temps des Duchesnay et ne nous laissant par conséquent pas de glace.

De plus, l'ascendant pris en mêlée doit être relativisé face à ce qui restait l'équipe A' d'Australie.

Mais le verre est bien à moitié plein : de la vitesse dans l'exécution, de la confiance en soi, du courage, de la solidarité, de l'abnégation, du truc qu'on voit chez les Blacks, (la passe de Vahaamahina dans les 22 sur le premier essai, mais il faut quand même arrêter de crier au génie quand un centre fait une passe sur un pas, c'est comme s'espamter quand ton coiffeur te coupe les cheveux au lieu de t'arracher les dents).

Bref on a vu autre chose que cette équipe qui pataugeait depuis plus de 5 ans dans ce marais de l'Ovale quelque part entre l'Ecosse et l'Italie.

Les Bleuxv ont confirmé ce qu'on avait vu face aux faibles Samoa : l'envie d'avoir envie. 

Au-delà des Blacks qui arrivent, le grave problème que vont devoir affronter les Bleuxv c'est de pratiquer un rugby très largement inspiré par eux et repris par les anglais, sans pouvoir faire preuve d'adaptation et de variation dans le jeu. Et face à l'Australie, ce qui a manqué de manière criante, c'est précisément cette capacité à alterner dont le maitre étalon reste Carter.

Des raisons d’espérer donc, l'appétit vient en mangeant mais pas d'enflammade, les Bleuxv n'ont ni gagné ni mérité de gagner !

vendredi, 18 novembre 2016

En attendant France-Australie : bluff et vintage

France-Australie : Voilà une copieuse entrée avant le plat de résistance parfumé à la fougère, il est à craindre que les Bleuxv aient commencé par le dessert.

Bon la compo était prévisible, avec de grosses inquiétudes aux ailes tant ils sont faibles dans les airs et en défense, bel hommage à la modernité rugbystique que ces ailiers aussi monovalents que le lévrier Estève (Patrick, pas Alain). 

Pour la charnière c'est encore plus clair, deux taurillons plus occupés par le défi physique, la truffe au ras du sol, que par un jeu porté par un regard altier. Doussain n'a jamais été bon en bleu, Machenaud contre les Samoas est celui qui retardait le jeu quand l'office d'un 9 est à l'exact opposé, alors même qu'il était plus gavé de ballons qu'une oie à l'approche de Noël.

Devant, toujours pas de complémentarité en troisième ligne, là aussi les anciens  se souviennent que Fouroux avait inauguré - sans succès - une troisième ligne à trois 8 (et une première ligne à 3 pilars), à nouveau quel gage à la modernité ovale et triomphante des maîtres du XV...

Les occasions de se marrer seront sans doute plus nombreuses dans deux semaines (Nakaitaci rebondira-t-il sur Savea, Spedding remontera-t-il les ballons à reculons, combien de raffuts pour Atonio... ?).

Le XV de France : Spedding - Nakaitaci, Lamerat, Fofana, Vakatawa - (o) Doussain, (m) Machenaud - Gourdon, Picamoles, Ollivon - Maestri, Vahaamahina - Atonio, Guirado (cap), Baille.
Remplaçants : Chat, Chiocci, Slimani, Le Devedec, Chouly, Serin, Lopez, Fickou. 
 
Du côté Australien, ça sent l'embrouille, sans Moore, Foley, Folau et Hooper, après l'accroc écossais s'agit-il d'un coup de bluff, on n'est pas loin de le penser, car avec quelques changements anticipés aux postes clés (2, 10, 15), Cheika peut espérer renverser la vapeur en cas de danger pour son équipe.
 
Quoi qu'il en soit on souhaite une partie aussi serrée qu'un pub au moment de l'happy hour. On attend aussi avec impatience la rentrée de Mumm en seconde ligne pour voir enfin du rugby champagne...
 
Le XV de l'Australie:

Morahan - Naivalu, Kuridrani, Godwin, Speight - (o) Cooper, (m) Genia - Pocock, McMahon, Fardy - Simmons, Douglas - Alaalatoa, Latu, Slipper

Remplaçants : Stephen Moore, Scott Sio, Tom Robertson, Will Skelton, Dean Mumm, Lopeti Timani, Nick Phipps, Bernard Foley, Taqele Naiyaravoro

lundi, 14 novembre 2016

Après France-Samoa : vivement France-Australie

De ce match entre la France et les Samoa on retiendra deux choses :

-une nouvelle preuve de l'incurie de la fédé ayant réussi à faire de l'accès au stade une bien belle épreuve, ça veut un stade à 80 000 places et s'est pas foutu de permettre à 30 000 spectateurs d'accéder dans de bonnes conditions au match ;

-une nouvelle preuve de l'incurie de la fédé ayant réussi à faire de l'accès à la pompe à bière une bien belle épreuve, ça veut un stade à 80 000 places et s'est pas foutu de permettre à quelques buveurs de mousse de s'humecter le gosier avant d'être complètement desséché.

Sur le plan sportif on retiendra l'inquiétude que suscite un pack en papier crépon, un colosse qui prend un raffut de benjamin, Maestri qui est au poste de seconde ligne des années 2010 ce que Jean Condom fut aux années 80, c'est-à-dire une figure ectoplasmique. Une troisième ligne aussi complémentaire qu'un boite de douze de clés de 13, si naturellement on préfère la polyvalence à la monovalence, on y chercherait en vain un coureur/gratteur.

Derrière, Fofana a encore brillé, son association avec Lamerat est prometteuse. On sera moins dithyrambique pour Vakatawa dans la mesure où sa capacité à bien défendre reste douteuse, mais derrière un Trinh Duc bien sobre on a senti des trois-quarts avec l'envie d'avoir envie, et rien que pour ça on attend avec impatience le France-Australie qui arrive à grand pas.

vendredi, 11 novembre 2016

Bleuxv-Samoa : la compo dont tout le monde se fout

Même si à peu près tout le monde s'en fout, ou pas loin, la compo :

Nous :

Spedding ; Huget, Lamerat, Fofana, Vakatawa ; (o) Trinh-Duc, (m) Machenaud ; Gourdon, Picamoles, Goujon ; Maestri, Le Devedec ; Atonio, Guirado (cap), Poirot.

Remplaçants : Chat, Baille, Slimani, Vahaamahina, Ollivon, Serin, Doussain, Fickou.

Eux : 

P. Williams ; Perez, G. Pisi, Lee-Lo, Lemi (cap) (o) Fa'apale, (m) Fotuali'i ; J. Lam, Mamea-Lemalu, Fa'oosiliva ; Te. Paulo, Vui ; Johnston, Leaiataua, Taulafo.

Remplaçants : Elia, Mulipola, Perenise, Lepa, Foe, Cowley, Leuila, K. Pisi

Il est vrai que face à un pays comptant à peu près le même nombre d'habitants que l'aire urbaine de La Rochelle (200 000 habitants) on verra seulement si l'équipe de France va mal ou vraiment mal...

samedi, 29 octobre 2016

Tournée de novembre : le début des soldes

Alors que la tournée de novembre se profile, que la campagne pour diriger la fédé bat son plein, l'heureux amateur d'Ovalie voit fleurir une annonce que de mémoire de supporteur des Bleuxv il n'avait encore jamais vu pour une opposition contre le dernier finaliste de la Coupe du monde.

C'est pas en soldant les places pour un match contre l'Australie que Cacamou et consorts vont pouvoir payer leur stade à 600 millions d'euros...

Au-delà de l'incohérence fédérale est plus inquiétante la perspective d'une tournée qui s'annonce catastrophique.

L'heureux spectateur du dernier match opposant les Blacks aux Kiwis le 22 octobre dernier a pu mesure l'abime qui nous sépare d'eux.

Des Blacks profondément remaniés depuis qu'un Soleil noir brillait sur l'Ovale ont dominé une équipe d'Australie plus proche dans sa composition de la finale. Mais quelle que soit l'expérience internationale des joueurs, l'intensité, la qualité technique et l'ambition déployée étaient bien supérieures à tout ce qu'on a vu lors du dernier Tournoi et depuis longtemps en bleu, blanc, rouge...

Chacun sait que c'est à la fin du marché que l'on compte les bouses, mais il est très probable que les plus optimistes  se consoleront de la perspective d'une double défaite ne dépassant pas 60 points et d'une victoire inaugurale face aux Samoas. Quant aux autres, les réalistes, ils attendront de connaitre l'état des forces automnales en présence chez nos adversaires du Sutt, tant il n'y a rien à attendre de ce côté du Quinze novésien.

 

 

samedi, 19 mars 2016

En attendant Bleuxv- Beefs : un Crunch qui pique

Il fut un temps pas si lointain où la dernière levée du Tournoi, opposant les Bleuxv aux Beefs valait finale avec pour enjeu les grandes années un Chlem.

Aussi, réjouissons-nous que ce dernier match d'un Tournoi très moyen, pas seulement au niveau comptable (2 victoires pour 2 défaites) mais surtout au niveau de la conquête et de la qualité technique pour l'équipe de France offre à nos meilleurs ennemis la perspective inédite depuis près de 15 ans d'un Big Slam.

Si la probabilité est élevée d'une nouvelle défaite tricolore, c'est à la fin du marché que l'on comptera les bouses. En attendant Novès a naturellement décidé d'offrir plus de puissance au pack français, rudement secoué en Écosse (on se surprend à avoir à écrire cela et encore plus à le lire, des avants français rudoyés par un Huit en Kilt, au rythme où vont les choses, on s'attend à voir Botha en Sœur sourire)

 

Hormis sans doute une grande volonté brouillonne, ou pour le dire à la Malraux un désordre de courage, on n'attend pas grand chose de cette équipe de France, ne pas sombrer à domicile serait déjà une maigre satisfaction, adoucissant à peine le feu de l'arrogance britonne...

 

Les XV de départ

France: Spedding - Fofana, Fickou, Mermoz, Vakatawa - (o) Trinh-Duc, (m) Machenaud - Le Roux, Goujon, Chouly - Maestri, Flanquart - Slimani, Guirado (cap.), Poirot

Angleterre: Brown - Watson, Joseph, Farrell, Nowell - (o) Ford, (m) Care - Haskell, B. Vunipola, Robshaw - Kruis, Itoje - Cole, Hartley (cap.), M.Vunipola

samedi, 12 mars 2016

En attendant Ecosse - France : les gros poids écossais

Ne nous y trompons pas si en général les rencontres entre l’Écosse et la France sont de peu d'intérêt, la France l’emportant presque à coup sûr au terme de matchs d'un faible niveau technique, celui qui s'annonce va sans doute déroger (Couderc) à la règle.

D'abord parce que pour la première fois depuis 2011 Trinh-Duc est là autrement que pour faire de la figuration et contre une nation moyenne du rugby, les conditions de son retour permettront de savoir s'il est vraiment devenu ce qu'il dit (en gros un 10 animateur, altruiste en faisant jouer autour de lui, capable individuellement de faire la différence et usant avec un art consommé de la science du jeu au pied).

Ensuite parce que l'Ecosse a progressé, elle a au moins fait jeu égal avec la France lors du match de prépération avant la Coupe du Monde et pour la première fois depuis longtemps elle peut envisager la victoire.

Enfin et surtout parce qu'on attend beaucoup de l'association Fickou/Mermoz et au-delà parce que cette ligne avec Fofana à l'aile est clairement la plus belle ligne de trois-quarts alignée depuis bien longtemps.

Mais comme toujours avant l'enflammade et le beau jeu, tout se jouera devant et là beaucoup plus d'inquiétudes et d'incertitudes autour d'un Guirado bien isolé dans ses performances le hissant au plus haut niveau international. Incertitude sur la tenue en mêlée, Poirot n'est pas un hercule (celle-là je compte la déposer à l'INPI), Slimani est régulier dans l'irrégularité, Maestri traverse de plus en plus le pré comme un fantôme loin de ses promesses, Flanquart manque de puissance, Camara et Lauret risquent de se marcher dessus, au final Chouly est après Guirado le seul à offrir quelques garanties c'est dire.

Brefs beaucoup d'enseignements à tirer avant de retrouver les Beefs dans un face à face qui s'annonce étouffant.

PS : Verra-t-on Chat et Goujon ensemble ?

 

 

La compo :

Le XV de départ: Spedding ;Vakatawa, Fickou, Mermoz, Fofana ; (o) Trinh-Duc, Machenaud ; Camara, Chouly, Lauret ; Flanquart, Maestri ; Slimani, Guirado, (cap), Poirot.

Les remplaçants: Chat,Pelo, Atonio, Vahaamahina, Goujon, Bézy, Plisson, Médard.

dimanche, 28 février 2016

Novès An I : les bleus en Bleuxv, bleu gris ou gris bleu ?

Au bout de trois matchs, sans être définitif un premier bilan s'impose.

Courte victoire (23-21) face à l'Italie, qui fut à deux doigts de s'imposer au stade de France, ce qui n'est pas si fréquent que cela. Une victoire qui doit beaucoup à un arbitrage compréhensif et à l'incompréhensible impatience d'un Parisse trop orgueilleux. L'humilité est une vertu cardinale de ce sport, souvenez-vous de ces magnifiques Blacks allant se faire des passes sous la flotte en demies face aux Boks.

Contre l'Italie (qui a quand même a pris 30 points chez elle face à l'Ecosse) l'excuse habituelle flottait dans l'air à la manière d'une mauvaise haleine : les Bleuxv n'avaient bénéficié que d'une courte préparation. Il est vrai que de leur côté, les italiens sortaient de six mois de stages intensif... Piètre fut la copie rendue, jeu plus haché et saccadé qu'un stroboscope au mitan des années 80, mais sans vitesse, sans automatisme, aggravé par une défense en accordéon dites à l'Yvette Horner.

Plus courte victoire encore (10-9) face à une équipe d'Irlande décimée, orpheline de son âme rousse (O'Connel) et peinant à se remettre six petits jours après un match d'une grand intensité face aux gallois. Aussi présenter comme un exploit une victoire, la première depuis 5 ans, face à une équipe redevenue ordinaire n'a rien d'extraordinaire ; les irlandais de ce tournoi n'ont pas grand chose à voir avec les précédents successivement privés d'O'Driscoll, Darcy, O'Connel et tutti quanti comme aime à dire le grand Sergio.

Bref on s'emballait pour l'emballage (la communication de l'habile de Novès) pas pour le contenu (le jeu et les joueurs).

Faut-il que notre rugby tricolore soit si mal en point pour se satisfaire de ces deux victoires plus tendues que le string de Maité la cuisinière ? Pour se féliciter d'un changement ancré et concrétisé par une pénal-touche choisie plutôt que des poteaux désignés pour cible. Si l'on peut souligner cette ambition inédite, il ne faut pas être oublieux qu'il s’agit là de la norme et que retrouver quelque chose que l'on a perdu, n'est pas s'enrichir.

D'évidence le match au Pays de galles s'annonçait comme le véritable test des Bleuxv à la sauce Novès, son issue éclaire d'une lumière cruelle les profondes lacunes et défaillances du XV de France. Dominés sur presque tous les impacts, privés de tête et de direction (le crédit de Plisson commence à s’épuiser, il est à deux doigts d'envier Madoff) seul l’impressionnant abattage de Guirado, depuis longtemps meilleurs des Bleuxv, a un temps masqué l’écart entre les deux équipes.

Certes, on pourra toujours dire qu'ils n'ont pas baissé les bras, mais encore une fois, c'est bien le moins, quand assurer le minimum prend des allures d'épopée épique c'est se satisfaire de bien peu. Que le commun devienne exploit, dit assez la profondeur du fossé duquel peine à émerger des Bleuxv décidément bien malades.

D’où vient le mal ?

D'abord, nos adversaires possèdent des joueurs ayant une véritable envergure au plan international, capables de se transcender pour entrainer dans leur sillage toute l’équipe (l'Irlande avait O'Connel, reste O'Brien, Sexton, l’Italie a le génial Parisse, quant aux gallois, les dernières prestations de Warburton et de G. Davies montrent assez ce qu'est un joueur de classe internationale).

Ensuite, le bleu ne fait plus rêver, nos jeunes au lieu d'être transfigurés et élevés par le port du Coq semblent au contraire revêtir une armure de plomb. Bien sûr ici où là percent quelques éclairs (Guirado, Mermoz), mais Danty ne fait pas ce pourquoi il est là, fendre les défenses adverses, la conduite du jeu par Bézy est neutre, Plisson se cague dessus, quant aux relances de Medard, elles sont plus transparentes que les dessous de Tabata Cash (c'est pas son vrai nom), le Cinq de devant avec ou sans Maestri est dominé, la troisième ligne navigue en l'absence de Picamoles dans une médiocrité aussi confondante qu'enveloppante, dans un terne et un gris absorbant l'équipe dans son entier.

Enfin, synthèse des deux points précédents la France ne dispose pas ou plus des joueurs capables de l'entrainer vers le haut, de la hisser sur les sommest de l'Europe. Pour ne prendre que les gallois et des joueurs ayant évolué en Top 14 (Charteris - pas là hier-, J. Davies, Lydiate ou Roberts) on voit bien qu'ils élevent sans mal leur niveau au-dessus des joutes domestiques, quand les joueurs français dans leur très grande majorité en sont incapables. Les joueurs toulousains par exemple ne sont pas plus mauvais qu'à Toulouse, ils ont seulement face à eux des adversaires d'un autre calibre, conforme aux exigences internationales, donc bien supérieur.

Le mal est profond, quand Noves peut intervertir les joueurs en première et seconde ligne, à la mêlée sans que cela ne modifie le rendement général de l'équipe cela signifie tout simplement que tous se valent et que par conséquent, se valant tous, ils valent peu.

Au final la montagne Novès a accouché de la souris Vakatawa, qui risque à nouveau d'être prise dans les griffes impitoyables des prochains félins Beefs et scottish.

Tout ça pourrait bien finir comme sous l'ère Saint-André par un maigre bilan comptable, voire passif, comportant plus de défaites que de (courtes et aventureuses) victoires.

vendredi, 05 février 2016

Ere Novès, An I : le changement c'est pas pour maintenant !

Qu'attendre de ce Tournoi 2016 marquant les débuts attendus de Novès ?

Pas grand chose, pour ne pas être déçus, mais surtout parce que rien n'a changé. Si rien ne change, la manière et les résultats ne changeront pas.

Ou plus exactement, ce qui a changé, c'est le boss des BleuXv : Novès, dont il faut saluer la prudence, pas de déclaration à l'emporte-pièces (ça le change), pas d'objectif sportif précis, hormis on va essayer de faire mieux, ce qui est évidemment assuré tant le Goret et son staff ont plongé le rugby tricolore dans le seau d'une mélasse teintée de nullité et de suffisance et un port du costard de la fédé plus classe que le Goret. C'est tout et c'est bien peu.

Le maintien de Bru témoigne d'une continuité inquiétante, pendant la Coupe du Monde, le désastre en touche a été flagrant, quant à la mêlée tout au long de ces 4 dernières années elle a été plus ballotée que les couilles du Gros dégueulasse . Rien de rassurant pour l’avenir donc. Si Novès considère qu'il n'est pas comptable de cette faillite, on en vient alors à se demander : mais à quoi servait-il donc ?

Continuité aussi (pour l'heure en tout cas) dans le fameux Système.

Un peu comme le méchant dans James Bond, tout est de la faute du Système, on ne le voit jamais, son action est néfaste autant qu’irrésistible ; insaisissable à la manière de Fantômes (rire sardonique), tombant un masque pour mieux en révéler un autre. Si donc toute la bouillie de rugby qui est sortie de la Coupe du monde est la faute au Système, toujours en place, rien ne va changer.

A moins que le jeu et les joueurs changent ?

En attendant France - Italie, ère Novès, An I : les joueurs

Les débuts de Novès ont franchement inquiété tant la liste fournie compte :

- des anciens décevants  (Yoann Maestri, Louis Picamoles,  Morgan Parra, Wesley Fofana)

- des anciens n'ayant guère brillés (Eddy Ben Arous, Rabah Slimani,  Damien Chouly, Scott Spedding)

- des anciens n'ayant pas joué ou n'étant pas partis, (Uri Atonio, Alexandre Flanquart, Sébastien Vahaamahina,  Wenceslas Lauret,  Maxime Machenaud, Jules Plisson, Gaël Fickou, Rémi Lamerat, Maxime Médard).

- des joueurs dont on s'est toujours demandé ce qu'ils faisaient là (du coup on va continuer de se poser la question)  Kevin Gourdon, Jean-Marc Doussain, Alexandre Dumoulin, Benjamin Fall , Hugo Bonneval.

- et un nouveau pour lequel on se pose la même question : Jefferson Poirot, mais ayant au moins le mérite d'avoir un nom rigolo.

Seuls trouvent grâce à nos yeux :

Le meilleur français de la Coupe du monde Guilhem Guirado et quelques joueurs prometteurs mais ne nous enflammons pas (Camille Chat, Paul Jedrasiak,  Yacouba Camara, Jonathan Danty), le grand oublié  Antoine Burban, et l'inconnu à XV à ce niveau Virimi Vakatawa. Quant au cas de Sébastien Bézy on ne sait pas trop quoi en penser.

Au final on observe que Novès nous fait le coup du neuf avec des Vieux, qu'il ne remet pas en cause la présence de joueurs étrangers (Atonio, Vakatawa et probalement Leroux), qu'il y a beaucoup de toulousains, que tout cela est au fond sans surprise, les nouveaux appelés ayant éclairé le début de top 14.

Rien de bien emballant donc, mais il est difficile de partir de zéro, le rappel des joueurs ayant déçus et n'ayant pas fait leurs preuves dit assez la grande faiblesse du réservoir français.

Tout cela passé la moulinette des blessures ça nous donne pour débuter contre l'Italie : Slimani, Guirado (cap), Ben Arous ; Maestri, Jedrasiak ; Lauret, Picamoles,Chouly ; (m) S. Bézy; (o) Plisson ;  Bonneval, Fickou, Danty, Vakatawa ; Médard.

Remplaçants : Chat, Atonio, Poirot, Flanquart, Y. Camara, Machenaud, Doussain, Mermoz.

 

En attendant France - Italie, ère Novès, An I : le jeu

Le jeu à la toulousaine est un soleil éteint dont seul l'éloignement nous permet de continuer à voir la lumière.

Les deux derniers titres de champion de France du Stade ont été conquis grâce à un pack dominateur comptant une excellente première ligne et c'est à un peu près tout. Le "Jeu de mains, jeu de toulousains" ne se rencontre plus guère qu'à la boutique du Stade, c'est un attrape-touristes et le slogan de supporteurs bornés.

Ceux qui attendent de l'enflammade et des attaques de partout vont être déçus, on leur conseille cependant de regarder les Blacks...

Novès va naturellement privilégier la conquête et assoir son jeu dessus.

Il commence par conforter la première ligne de la Coupe du monde, de taille à affronter ses adversaires européens, mais pas plus.

Une deuxième ligne avec un attelage classique pousseur-coureur.

Une troisième ligne au sein de laquelle Chouly doit son maintien comme sauteur en touche, la conquête toujours.

Une charnière privilégiant la vitesse, une paire de centre complémentaire, un ailier puncheur, un autre dans l'évitement et un habitué du poste à l'arrière gage de sécurité et d'esprit offensif.

Une composition très classique pour un jeu conduit qui le sera tout autant à ceci près que fatalement la force d'un jeu toulousain, huilé, fait d'automatismes et d'une grande adaptation sur les turn-overs ne va pas se retrouver, que le buteur est loin d’apporter toutes les garanties inhérentes à la réussite au niveau international.

En dépit de ces insuffisances et dans la mesure où les italiens sont dans une position encore plus inconfortable que nous et que l'ampleur de leurs incertitudes suffirait à remplir le Colisé, le supporteur français n'a pas grand chose à redouter et pourra se remplir, alcolisé.

En attendant France - Italie, ère Novès, An I : à nos chers disparus

Après une période post-coupe du monde marquée par deux disparitions, celle de Dusautoir du rugby international et celle de Jonah Lomu tout court, comme chaque année, au moment de la Chandeleur, lorsqu'il devient clair que les ténèbres vont finir par céder devant l'astre solaire, notre Tournoi plus que centenaire revient.

Les ténèbres dans lesquelles nous ont plongés ces deux disparations, d'inégale portée on en conviendra, interrogent quant à la façon dont elles ont été abordées. La glorification et l'emphase mémorielle éclairent les travers de la gonfle 2.0.

L'éclosion de Lomu a correspondu avec l'ère du rugby pro, au point d'en être le reflet métonymique, aussi fallait-il y accorder de l'importance. Mais au-delà de ces aspects médiatiques et commerciaux qu'à apporté Lomu au jeu ?

La réponse tient en 4 petites lettres : rien !

Finir avec 2 ou 3 adversaires sur le dos dans l'en-but correspond assez peu à l'idée que l'on se fait du rugby. La course rectiligne inventée par Lomu est d'une pauvreté insigne en comparaison des arabesques d'antan éclairant le carré vert de l'ovale. Qui a jamais vu Lomu faire autre chose que foncer ? Qui a jamais vu Lomu réaliser une belle passe, un crochet, un geste aérien ? Qui a jamais vu Lomu s'inscrire dans un collectif et le transcender à la manière d'un Carter ou d'un Mac Caw ? Bref, il nous a bourrés Lomu...

Sauf à bosser dans le BTP et avoir une passion cachée pour les gros engins de chantier, on doit bien avouer que le rugby bulldozer de Lomu et de ces épigones nous laisse de marbre. Hélas, 3 fois hélas, Lomu en est à coup sûr l'archétype et l'un des annonciateurs de ce rugby qui "tape".

Le temps des funérailles n'est pas celui de la critique, mais la relation de Lomu avec les Blacks fut loin d'être rose, il faut se souvenir que nombreux de ses partenaires étaient réticents à jouer avec lui, et n'attendaient que la dernière extrémité pour lui passer la gonfle précisément parce qu'il ne correspondait pas à l'idée qu'ils se faisaient d'un jeu basé sur la maitrise technique et l'évitement.

La maitrise technique n'est pas la première chose qui vient à l'esprit quand on évoque Dusautoir. L'une des dernières images que l'on aura de lui au niveau international et ce lamentable en-avant commis face aux Blacks. C'est sans doute injuste, mais la manière dont a été célébré le départ du capitaine de l'équipe de France au pire bilan (un Grand Chlem remporté en 8 ans...) étonne elle aussi.

Dusautoir n'a jamais été qu'un plaqueur-gratteur, certes il excella dans l'exercice mais le magnifier illustre bien les dérives d'un rugby comptable, faisant de la défense le sommet de l'art ovale et plaçant les destructeurs du jeu au-dessus de ses artistes-bâtisseurs ; la revanche du marteau et de la masse sur la truelle et le fil à plomb.

Pour le dire plus simplement,  Dusautoir a toujours été un joueur fruste sur le plan technique et comme capitaine incapable d'enrayer la descente aux enfers de 2011 à 2015 des Bleuxv. Sa décision de se retirer est à mettre à son crédit, elle signifie deux choses : la conscience que la gonfle hexagonale de demain s'écrirait à coup sûr sans lui ; que rien ni personne ne la sortira de l'ornière, la tâche dépasse l'échelle de l'homme.

Mais n'anticipons pas...

Pour l'heure la célébration des figures de Lomu et Dusautoir renvoie à la tendance profonde d'un rugby en voie de rétrécissement par sa dimension binaire : qui fonce et qui plaque.

 

 

mardi, 03 novembre 2015

Un soleil noir brille sur la planète Ovale

Si l'ovale hexagonal a un avenir plus sombre que le cul d'un taureau l'Ovale mondial rayonne de ce noir de lumière soulagesque que l'on peut voir aux jours tombant de l'automne sur les vitraux de Conques...

Pour doubler leur titre de rois du monde, les Blacks quasiment intouchables pour les équipes du Nord ont battu les trois du SuT tandis que les Wallabies au terme d'un parcours plus relevé incarnaient le meilleur partenaire possible pour ce bout d'histoire de cuir.

Finalement le seul qui n'avait rien à faire là était l'arbitre, tout près de gâcher la fête par son incohérence qui n'étonne plus  tant elle saute aux yeux depuis qu'on le voit officier et sévir dans le Tournoi ou en coupe d'Europe.

Heureusement l'essentiel n'est pas, l'amateur d'Ovale a pu un temps éprouver l'ivresse du curieux scrutant la voûte en partie masquée par la silhouette chenue de Michel-Ange perché sur son échafaudage dans la Sixtine, lui qui n'a pas connu les glorieux débuts des touts noirs (all backs ? all blacks ?) aura non seulement vu la meilleure équipe du moment mais sans doute celle de tous les temps depuis que Webb Ellis eut l'idée si saugrenue de se saisir de la balle.

Les statistiques disent à elle seules la hauteur de l'Olympe :

- record du nombre de victoires successives en coupe du monde (14 victoires) ;

- 3 défaites en 54 rencontres entre 2011 et 2015 ;

- Carter meilleur réalisateur de tous les temps ;

- Mac Caw 148 sélections (18 matchs perdus en 12 ans...) plus grand nombre de sélections de tous les temps.

Ajoutons à cela une flopée de joueurs centenaires ou tout près de le devenir (Carter, Woodcock, Mealanu, Nonu, Smith, Read...) ou appelés à l'être (Smith, Barrett, Retalick...)

Au-delà de la sécheresse de ces chiffres cette équipe est l'équilibre parfait entre la rigueur de la conquête tracée au fil à plomb (les Blacks sont d'équerre) et les arabesques de l'attaque.

Jamais équipe n'est paru si complète dans tous les secteurs de jeu, ne laissant rien à une mêlée  wallaby retrouvée, impériale dans les airs, plus intraitable que Martinet en défense, sereine, sûre de sa force tout en faisant preuve d'une rare humilité (j'ai manqué chialé quand j'ai vu les Blacks se faire des passes sous la flotte à la mi-temps des Boks,  ça m'a rappelé Mozart récitant le solfège avant d'exécuter son Te Deum).

Jamais équipe n'a été forgée d'un tel alliage, anéantissant même l'idée de paille, maitresse d'un rugby complet, total. Pas ce rugby hémiplégique de bègue, où tous n'ont à la gueule que ce "pas de faute", "le rugby commence devant", on en passe et des pires.

Le rugby est partout, ni devant, ni derrière, ni au milieu. Du coup on n'est pas très étonnés de la tiédeur des glossateurs rémunérés de l'Ovale, trouvant les Blacks trop ceci, pas assez cela, malmenés en poule, fébriles sous la pression, prenables,  pas à l'aise loin de leurs bases antipodistes, infoutus de gagner hors de chez eux, etc., là encore la liste est longue.

La vérité est que cette superbe équipe est devenue sous nos yeux l'étalon absolu d'un jeu servi par des seigneurs, à la fois maitres et serviteurs de la gonfle.

La vérité est que cette superbe équipe est un vivant démenti jeté à la gueule des gagne-petits de l'Ovale qui se prennent pour des grands, ne jurant que par un rugby emmerdant car c'est celui qui gagne. 

Le pire c'est qu'il a gagné, si on ne souvient pas du jeu des Blacks de 87,  on se rappelle de tous les champions du monde depuis et de 1991 à 2007, tous ont pratiqué à peu de choses près un jeu uniquement basé sur la conquête, la défense et la régularité d'un buteur (le jeu laportien en somme d'inspiration anciennement australienne). Aussi le plus grand service qu'ont rendu les Blacks au rugby c'est d'accorder ambition et résultats (l'anti-Clermont en résumé), fidélité à l'esprit du jeu et parfaite réalisation de la sa lettre.

Même les Blacks champions de 2011 n'ont pas donné à voir cette quintessence d'ovale ; celle qui déjà à l'école de rugby tissait la trame de nos âmes sportives de gamins mal dégrossis voyant dans le pré ce champ d'étoiles traversé par  la course indécise du cuir .

Pour la vie, pour l'Ovale, ces Blacks resteront à jamais le soleil noir de nos rêves de Jeu.

mardi, 27 octobre 2015

Les tartuffes de l'Ovale : pschitttttt....

Plus faible équipe des quarts de finale, les Bleuxv ont succombé devant le Système, dont on rappelle qu'il est partout et surtout nulle part.

Les ballons perdus sur les renvois Blacks : la faute au Système

Les touches ratées : la faute au Système

Les passes mal assurées : la faute au Système

Les ballons dans les airs échappés : la faute au Système

Les placages ratés : la faute au Système

L’absence de leader : la faute au Système

Tout baser sur la mêlée quand à ce niveau elles se comptent sur les doigts de la main d'en employé de la scierie : la faute au Système

Croire être capable de faire en 3 mois ce que les autres ne sont pas sûrs de réaliser en 4 ans : la faute au Système

La suffisance des Bleuxv avant le match contre l'Irlande : la faute au Système

Prendre l'amateur d’Ovale pour une saucisse : la faute au Système

Michalak contré : la faute au Système

Michalak simulant un claquage : la faute au Système

Dulin enrhumé à l'aile : la faute au système

Nakaitaci ignorant tout du placage aux jambes : la faute au Système

La sélection de Dumoulin : la faute au Système

Les relances de Spedding  plus prévisibles que la trajectoire d'un fil à plomb : la faute au Système

La lenteur dans le déplacement de Papé et Maestri : la faute au Système (on fait juste observer que les meilleurs au poste le sont en raison d'une grande mobilité quand le Goret fait le choix du massif, il est vrai que le  massif a toujours rassuré l’auvergnat...)

Dusautoir fantomatique : la faute au Système

Évidemment toutes ces accusations visant le Système n'ont qu'un but pour les tartuffes de l'Ovale que devant toute la mousse soulevée il n'en ressorte qu'un gigantesque pschittttt...

lundi, 26 octobre 2015

Les tartuffes de l'Ovale : le Lièvre ment, le Goret espère

Accusé Système, levez-vous !

Comme il fallait s'y attendre, après la branlée historique des Bleuxv, on assiste à un magnifique "c'est pas moi c'est lui",  suivi d'un implacable "c'est celui qui dit qui y est". On peut d'ores et déjà annoncer que dans 4 ans, avec ou sans Novès, l'objectif d'une demi-finale sera le seul horizon crédible du XV tricolore.

En attendant, tous sont heureux d'avoir trouvé le coupable : le Système.

Bien pratique le Système, c'est tout le monde et surtout c'est personne.

Tu ne peux pas y péter le genou à un Système, encore moins lui mordre l’œil, lui broyer les burnes, lui péter les rétros ou te foutre de la gueule de ses gosses à la récré, alors de là à le pendre par ses tripes...

Bref comme notre Ovale hexagonal, le Système c'est du vent.

On peut rétorquer que le Goret a assumé, c'est vrai, il a dit j'assume. Quoi ? C'est moins précis, mais surtout pour quelles conséquences ? Aucune, à part passer pour un con doublé d'un incapable pendant quelques mois, situation qu'il aurait quand même dû affronter, qu'il assume ou pas.

Au vrai, la traversée du désert ne sera pas bien longue, quand on voit à la vitesse à laquelle Lièvremont est passé d'entraineur nullard à consultant expert et intello de l'Ovale, le Goret va revenir pour nous asséner sa science dans le poste et au final c'est ce qui nous fait le plus mal au fondement... La perspective de revoir ce fruit improbable des amours contrariées de Droopy et de Jean-Louis Murat nous causer gonfle est de nature à stopper toutes les diarrhées.

Tout auréolé d'une finale perdue qui aurait presque pu être gagnée, le Lièvre devrait se montrer plus modeste et discret, sa Coupe du monde, c'est 7 matchs joués, 3 perdus, celle du Goret, 5 matchs joués, 2 perdus.

Sa coupe du monde, c'est une défaite face aux Tongas, une demie-finale gagnée avec tant de douleur qu'elle confine au miracle et durant toute la compétition un permanent psychodrame. A l'issue de la compétition, il ne trouva rien de mieux que d'incriminer le Top 14, le système déjà...

Au final, entraineur de Pro D2, étonné lui même de sa désignation à la tête des Bleuxv, le Lièvre est une station de plus dans le long calvaire du rugby tricolore qui l'a conduit aujourd'hui en Pro D 2 mondiale.

Le fait que Laporte qui n'a jamais fait mieux que perdre en demie-finale...face aux Anglais s'autorise à faire le consultant ne constitue pas une circonstance atténuante pour le Lièvre, mais un motif d'espoir pour le Goret.

mardi, 20 octobre 2015

Au coeur des Bleuxv : la France Nation de l'Hémisphère SuT

A la fédé on est tout plein d'idées aussi géniales les unes que les autres, à l'image de celle du stade à 600 millions d'euros.

Cacamou qui est dans le dur a réuni en urgence les membres de tous les comités et commissions de l'Ovale de France LNR compris permettant de baffrer gratis avant, pendant et après les matchs.

 On a pu se procurer le PV de la séance.

 Début de la réunion 17 h 15 (apéro)

 Deux questions à l'ordre du jour

Primo : Pourquoi c'est le SuT qui gagne à la fin ?

 Deuzio : Comment sortir de ce merdier ?

 Goze et Blanco soulèvent une question de procédure pour savoir comment est écrit fin, Cacamou apaise les esprits en faisant circuler le menu du jour.

 La séance peut commencer :

 - une partie de la Fédé pense que le rugby qui gagne n'est pas toujours au SuT puisque le champion 2015 de TOP 14 est à Paris ;

-une autre partie fait observer que c'est normal vu que Paris est au sud de Londres ;

- plusieurs membres présents font savoir qu'ils viennent de comprendre pourquoi Lille est sûr de perdre, vu que c'est dans le Nord, pas comme Dax...

 -Cacamou fait observer que ça n'a rien avoir, qu'il faut raisonner à l'échelle du monde ;

 -de nombreux membres de la fédé se demandent qu'est-ce qu'une échelle vient faire là ;

 -Cacamou répond que c'est une image ;

- Goze le reprend en disant que c'est pas avec des images qu'on deviendra champion du monde ;

 22 heures entrée froide, l'appétit a aiguisé les esprits.

-Cacamou indique qu'il faut délocaliser notre rugby dans l'hémisphère SuT, que Les Colonies s'est fait pour ça, que du temps du Général les essais nucléaires ne se faisaient pas à Rambouillet.

 Un brouhaha s'ensuit où il est question de la localisation de Rambouillet, de l'absence du Général à la dernière finale Yves du Manoir et de la santé déclinante de Roger Couderc, du nucléaire iranien et des conditions techniques du passage du nucléaire civil au nucléaire militaire.

 23 h 15 entrée chaude

 Cacamou reprend la parole pour soumettre son idée au Grand Praesidium suprême de l'Ovale hexagonal : construction du Grand Stade à Mayotte, délocalisation de Marcoussis à Nouméa.

 Le représentant de la Ligue des gentlemen très ordinaires suggère que pour l'équilibre des territoires français de l'hémisphère SuT il faut que le Top 14 ait lieu à La Réunion.

Cacamou trouve l'idée excellente, il connait un type à Air France avec qui il peut s'arranger pour les billets d'avion.

 Blanco est d'accord avec Cacamou, lui aussi il en a marre de se cailler toute la saison les miches à Oyonnax, à Clermont ou à Paris. Que cette année pour être sûr d'avoir du beau le finale aura lieu en Catalogne.

 Un membre de la fédé demande dans quel comité se trouve la Catalogne.

 -Blanco lui répond que c'est en Espagne.

 -Goze précise que justement la Catalogne c'est pas l'Espagne.

 -Blanco répond qu'il s'en fout que la finale aura de toute façon lieu à Barcelone, que ça été voté lors du dernier CA.

 -Goze rétorque qu'il ne s'en souvient pas, que plus ça va, plus il a du mal à entendre en mangeant, que ça doit avoir un rapport avec les oreillons qu'il a chopé au bataillon de Joinville, mais qu'au final lui aussi il s'en fout vu qu'il est plus vite rendu à Barcelone qu'à Paris.

-Cacamou s'efforce de calmer les esprits en précisant que de toute façon La Réunion-Barcelone ça fait une trotte.

-Le représentant de la com' de la fédé se demande si on ne pourrait pas envisager les Antilles, qu'il trouve super-cool et méga-fun surtout à Noël.

-Cacamou se permet de lui rappeler qu'un ile avec palmiers, cocotiers et sable blanc, ne la situe pas forcément dans l'hémisphère suT.

Bru croit malin de fayoter en ajoutant qu'on dit un planisphère et que la Guyane n'est pas une île.

S'ensuit un tohu-bohu échappant à toute description.

Profitant de la confusion, le représentant du rugby amateur suggère que les troisièmes mi-temps se déroulent à Tahiti au prétexte qu'il adore picoler avec des fleurs autour du cou.

 Ce point fait l'objet d'un consensus au motif qu'il faut aussi satisfaire le monde amateur.

 00 h 40 la faim persistance continue à échauffer les esprits, Cacamou demande une suspension de séance dont profite immédiatement les nombreux amateurs de cigare.

01h 20 plat de résistance

Cacamou fait un tour de table au propre comme au figuré, chacun s'exprime sur sa motion (Grand Stade à Mayotte, Top 14 à La Réunion, Marcoussis à Nouméa, 3ème mi-temps à Tahiti).

 Bru commence par dire qu'il est bien content de rester dans le staff des Bleuxv, Blanco le coupe pour lui préciser qu'on ne lui demande pas son bilan pour justifier son maintien près des Bleuxv mais ce qu'il pense de la motion Cacamou. Bru répond qu'il est super-emballé qu'ils vont pouvoir annoncer les touches en créole et que cela rendra impossible leur décryptage par l’adversaire.

 Goze demande la parole et l'obtient pour indiquer que s'il faut parler chinois pour gagner à XV on n'est pas tiré d'affaires.

Lagisquet sort le nez de son assiette pour ajouter que le plus simple encore c'est de ne faire aucune combinaison et que derrière ça marche très bien, leur absence les rend encore plus indécryptable par l’adversaire.

Dusautoir qui n'a rien moufté comme à son habitude fait des gestes à la manière de Bernardo ce qui occasionne la projection de divers liquides et nourritures sur la chemise immaculée de Blanco, qui s'énerve en disant que si ça fait plus de 20 ans qu'il se casse le cul à porter ses propres fringues c'est pas pour se les faire tâcher par le muet de service.

 Vu qu'il se fritte avec ce dernier, on comprend que par définition le ton ne monte pas, mais qu'il y a juste un peu plus d'air de brassé ce qui a plutôt pour effet de satisfaire une assistance qui sous l'effet de la ripaille arrosée vire imperceptiblement vers des teintes foncées. 

Cacamou reprend son tour de table.

 Le représentant fédéral des jardiniers se félicite de cette décision qui résout enfin le problème des pelouses gelées en hiver.

Le trésorier de la Fédé ajoute que la construction d'un grand Stade à Mayotte présente un avantage financier conséquent au regard du coût de la main d’œuvre locale et de la proximité de Madagascar.

Le représentant de Pernod-Ricard à la fédé  fait observer qu'ils ont une filiale qui est dans le rhum depuis deux siècles.

 02h 10 Fromage

 Le secrétaire de séance prend acte d'une telle unanimité :  la proposition de Cacamou est adoptée.

 Depuis le début de la séance on entend des bruits sourds venant de l'extérieur, Laporte a les mains en feu.

 2 h 45 Dessert

 Blanco fait remarquer que pour le sucré il n'y a pas unanimité qu'il aimerait bien savoir qui lui a boulotté sa part de charlotte aux fraises, il regarde Goze d'un air suspicieux.

 Fin de séance à 3 heures 37,  digeo (Blanco demande une manzana ligth glacée, Goze interloqué découvre l'existence du breuvage et fait le signe de deux avec les doigts, Cacamou s'énerve prenant le geste pour le V de la victoire, Dusautoir en profite pour enrichir la gamme de son vocabulaire digital).)

 5 h 30 une partie des membres de la fédé se demande si (je cite) : "les putes sont encore ouvertes à cette heure"

Cacamou précise qu'avec le décalage horaire de l'hémisphère SuT, quand elles sont fermées à Nouméa, tu peux aller à Saint-Denis et quand elles sont fermées à Saint-Denis tu peux aller direct à Tahiti, que le Général lui a même confié un jour que le soleil ne se couchait jamais sur les bordels de France.

 L'ensemble se quitte sur cette phrase qu'on peut lire sur toutes les lèvres : "La France dans l'hémisphère SuT, on est bien con de ne pas y avoir pensé plus tôt" !

lundi, 19 octobre 2015

Du Four nations considéré comme un des beaux-arts

On se gardera bien de tout jugement péremptoire et définitif (c'est assez nouveau concèdons-le, mais la fin est proche) quant à la présence des quatres grandes équipes du SuT. Certes, la chose était probable, mais pas inévitable.

D'abord entre dans ce dernier carré sudiste le hasard du tirage (pour rappel en 2011 le tableau des Bleuxv n'était émaillé que des voisins du Tournoi, Angleterre, puis Pays de Galles).

Ensuite, entre dans cette suprématie sudiste les contingences d'une compétition où des Irlandais littéralement décapités (O'Connel, Sexton, O'Brien, Mahony) ont finit par céder à la suite d'un bête en-avant sur mélée, où des Gallois décimés ont fait jeu égal avec des Boks jusqu'à ce qu'une cruelle inattention défensive les expédie en enfer, où des Ecossais opportunistes se hasardent à un lancer sur le deuxième bloc à la 77ème....

Enfin, si des familiers du Tournoi avaient pu distraire les demies d'une présence sudiste en les rehaussant d'une touche septentrionale, le sort ultime de la compétitition serait sans doute demeuré inchangé en s'offrant à l'un des Big Three.

Faut-il pour autant trouver un goût de naphtaline à notre rugby d'Europe et voir dans un Tournoi plus que centenaire les langues de chat du goûter de Mémée à l'heure du space-cake supersonique  ?

Sans doute pas.

Mais plus que jamais le modèle de l'Ovale qui gagne nous vient du Sud, notre sacro-saint Top 14 gagnerait à s'en inspirer pour colorer nos habituels sept Verdun de fin de semaine des chatoyants tons du Tropique du Capricorne...

dimanche, 18 octobre 2015

Encore quatre ans de perdus pour l'Ovale hexagonal : les Bleuxv en Pro D2 Monde

Au moment de tirer le bilan des quatre ans de l'ère du Goret, l'exercice est parfaitement vain, pas tant parce qu'il est trop tard mais parce que rien n'était plus évident que ce fiasco.

Quand pendant 4 ans, les Bleuxv reculent dans la hiérarchie mondiale en pratiquant un jeu minimaliste au point de se retrouver en pro D2 européenne, il n'y a rien d'étonnant à ce que les Blacks leur mettent 60 points comme à la Géorgie ou à la Namibie.

Quand pendant 4 ans aucune certitude n'apparait quant au jeu et aux joueurs pour le pratiquer, rien d'étonnant à subir l’humiliation de la part d'un adversaire qui se situe à l'exact opposé.

Quand pendant 4 ans les défaites s'accumulent contre des nations historiquement moins fortes (Argentine, Irlande, Pays de Galles) et suivent leur cours devant les plus fortes (Afrique du Sud, Angleterre, Australie, Nouvelle-Zélande) rien d'étonnant à ce que les Bleuxv explosent en vol en quart.

Quand pendant 4 ans l'inconsistance et le déni tiennent lieu de viatique, rien d'étonnant à ce que 3 misérables mois ne servent à rien d'autres qu'un stage tout frais payé à la salle de muscu du coin. C'est pas chez Amazonia qu'elle se gagne la Coupe du monde,  rien n'est moins ovale que Schwarzenegger.

Quand pendant 4 ans tu chantes sur tous les tons que les joueurs ont un gros potentiel alors que pas un seul ne peut prétendre être même remplaçant dans ton XV de rève (notre Picamoles national à Read devant lui, Pocock et Parisse...), rien d'étonnant à ce qu'ils finissent laminés devant les meilleurs à leur poste.

Quand au bout de 4 ans la seule audace consiste à sélectionner des joueurs étrangers, pour en plus les laisser sur le banc, ou s'en servir alors qu'on a mieux en magasin (Médard, Burban...), rien d 'étonnant à voir une équipe sans âme aller au haka comme d'autres vont à l'abattoir

Quand au bout de 4 ans la seule idée neuve consiste à placer Michalak à l'ouverture et en tête de gondole, rien d'étonnant à le voir se liquéfier comme il le fait depuis toujours.

Quand au bout de 4 ans la seule ambition est une copie du plan de jeu du Grand Béziers, rien d'étonnant à ce que près de 40 ans après ton  rugby sente plus le vieux et le moisi que Mémé oubliée au fond des bois.

Quand au bout de 4 ans la seule solution offensive tient dans la titularisation d'un Dumoulin sorti de nulle part et d'un Dulin placé à l'aile et déjà plus troué que le fondement de la Ciccolina, rien d'étonnant à voir les lignes arrières Blacks se balader comme des juniors au milieu de mini-poussins.

Quand au bout de 4 ans un staff implicitement désavoué doit se serrer pour faire de la place à Blanco désœuvré depuis que son BO est en Pro D2, rien d'étonnant à ce qu'il t'enfonces un peu plus en Pro D 2 mondiale.

Quand au bout de 4 ans tu penses possible de faire ce que les autres ne sont pas sûrs de réaliser en plusieurs années (Irlande, Pays de Galles,...), rien d 'étonnant à ce que cette suffisance ne se traduise par la pire défaite en Coupe du monde.

Quand au bout de 4 ans pendant que les autres avancent, toi tu recules, rien d'étonnant à finir par chanter...Comment veux-tu...

Quand au bout de 4 ans éclate même aux yeux du plus chauvin la vérité d'une équipe carburant au mensonge comme d'autres au jaune, rien d'étonnant à ce qu'au final tu te retrouves face au néant.

Merci les Rouges !

C'est un sentiment diffus de tristesse qui habite l'amoureux de l'Ovale en ce dimanche matin d’octobre.

Au sortir d'un match d'une incroyable intensité, les Rouges, lions superbes et généreux comme à leur habitude et en dépit de la multiplication des obstacles sortent sur une erreur défensive, une faute d'inattention coupable.

Mais après avoir battus les Anglais, fait jeu égal avec l'Australie et les Boks, les Gallois montrent la voie : celle d'un rugby ambitieux rivalisant avec les nations du SuT, un rugby qui ne renie rien des fondamentaux de ce jeu : vaillance, humilité, abnégation.

 

Merci

samedi, 17 octobre 2015

L'Ovale a l'accent du SuT

Suspense et coupe du monde de rugby : couple improbable.

La seule question qui vaille est de savoir qui en finale contre les Wallabies, les Boks ou les Blacks ?

Le reste c'est de l'amuse-gogo, au 31 octobre au soir, l'un des Grands du Sud sera triplement étoilé.

En toute logique, la meilleure équipe d'Europe devrait les rejoindre en demies, sinon un 4/4 des équipes du SuT interrogera sur la vitalité et la qualité de notre rugby d'Europe dont on oublie trop facilement qu'au niveau mondial il est marginal.Plus que jamais l'Ovale à l'accent du SuT.

 

vendredi, 16 octobre 2015

Bleuxv - Blacks : et si jamais ?

Cardiff, un match perdu d'avance, une erreur d'arbitrage et au final la victoire...

Si le cas de figure de 2007 entretient l'espoir et à supposer même qu'il se réalise qu'en sortira-t-il ?

Comme d’habitude : rien, nothing, nada, pas-res...

L'esprit tout embrumé d'un chauvinisme plus borné qu'un emplacement de camping, nos commentateurs, observateurs, analystes, fins limiers de l'Ovale tout pris à peser la probabilité et la faisabilité d'un remake de 2007 en oublient l'essentiel : tout ça pour ça ! Much about nothing.

Nos Bleuxv vainqueurs de l’Everest à la fougère paument pitoyablement en demies face aux Beefs...

Et si d'aventure ils se retrouvaient en demies ils affronteraient sans doute les Boks ou des gallois revanchards, car eux aussi se souviennent, mais de 2011 ! D'où l'on voit qu'il en va de la gonfle comme des histoires de famille, il existe des rancœurs tenaces...

En attendant deux petites remarques psychologico-tactiques :

- en se plaçant dans l'optique de 2007 on en déduit que les Blacks sont revanchards, ce qui paradoxalement met le favori en éveil alors que le but s'est plutôt de le surprendre ;

- côté surprise justement, si l'effet de surprise peut jouer, le moins que l'on puisse dire ici, c'est que les Blacks sont prévenus.

Au total les Bleuxv vont affronter des Blacks revanchards et sur leurs gardes, belle manoeuvre...

 

jeudi, 15 octobre 2015

France - All Blacks : les meilleurs de tous les temps contre les pires de l'Histoire

La nostalgie a du bon mais quand elle tient lieu de tactique et de seul horizon elle devient une ligne de fuite plus qu'une ligne de vie.

Cette nostalgie a un nom : French flair.

Un French flair triplement abusif :

d'abord car le beau jeu, virevoltant et plus imprévisible que le rebond du cuir n'est pas une exception française, il est pratiqué de manière significative (on en oublie beaucoup sans doute) par le Pays de Galles de Gareth Edwards des années 70, par les Blacks en toute époque et très épisodiquement chez nos Bleuxv ;

ensuite, les équipes de France qui ont marqué leur temps, celle de Mias en 1954, celle de Carrère en 1968 ou celle de Fouroux en 1977 mettent des points et des poings, et au final on se souvient plus de la paluche de Palmiè que des crochets de Bertranne...

enfin et surtout le French flair n'a jamais permis de battre les Blacks, en 1999 ou en 2007 ils l'ont surtout été par un pack survolté.

A cela ajoutons que  le French flair est un état d'esprit qui à supposer qu'il existe a des racines, or on peine à voir dans le Top 14 et a fortiori dans les Bleuxv du Goret depuis 4 ans la moindre étincelle de French flair (si en plus tu préfères Leroux à Nyanga et Grosso à Médard tu peux attendre la neige à Tahiti...). Et quand en plus le défi physique tient lieu de schéma technico-tactique passer du Grand Béziers au Toulouse de Deylaud en moins d'une semaine annonce dans le meilleur des cas une sénilité précoce et dans le pire une connerie aussi ancienne que tenace.

Mais puisque c'est de saison, jouons au comparaison :

Les Bleuxv de 1999 ont - fait unique dans l'Ovale tricolore - réalisé deux grands chlems en suivant (1997-1998), sortent en quart assez facilement l'Argentine et n'ont qu'une montagne à gravir pour aller en finale.

Les Bleuxv de 2007 ont remporté en 2006 et 2007 le Tournoi et après une claque d'entrée face à l'Argentine montent progressivement en puissance après une salutaire remise en question (n'oublions pas que la victoire reste à jamais entachée d'un en-avant plus visible que la barbe de Chabal).

Les Bleuxv de 2015 n'ont rien gagné dans le Tournoi depuis 4 ans et là où leurs devanciers pouvaient prétendre au titre de Roi d'Europe, ceux du Goret dominent péniblement l'Ecosse et l'Italie.

D'ailleurs au jeu des comparaisons les Blacks ont aussi leur place. Si on en juge par le parcours depuis 4 ans, et s'il faut toujours se méfier de l'hyperbole comme la dinde de Thanksgiving c'est sans doute la meilleure équipe de tous les temps quand nos Bleuxv sont la pire équipe de France depuis que le rugby est pro.

Pour faire simple, les blacks de 2015 sont plus forts que ceux de 2007 et 1999 quand inversement nos Bleuxv sont plus mauvais que ceux de 2007 et 1999.

Mais le plus étonnant n'est pas là, n'oublions pas que le cuir s'entretient à l’humilité et les Blacks sont là en la matière des modèles. Depuis le début de la compétition ils soulignent les risques d'un premier tour trop facile comme en 2007 et les dangers que cela représente (ils pourraient tout aussi bien insister sur ce match volé à la suite d'une grotesque erreur d’arbitrage...)   pour dire qu'ils veulent se servir de cette expérience pour ne pas qu'elle se renouvelle.

En face, non seulement aucune leçon n'est retenue du passé (jamais les Bleuxv n'ont battu deux fois de suite une équipe du SuT) mais en plus on se berce des douces et trompeuses illusions du passé pour au bout de 4 ans, tout effacer, repartir dans le meilleur des cas à zéro et ainsi de suite jusqu'à ce que notre astre de lumière s'éteigne. C'est un brin fatigant...

Du coup je raccroche les crampons !

 Nota Bene

Les images du passé font mal :

- on nous repasse l'essai du bout du monde de Sadourny et la course chaloupée de Cabannes, sauf que 20 ans après tu as droit aux raids rectilignes de Spedding toutes joues gonflées et à  Leroux évoluant sur des rails ;

- le coup de pied de rouge-gorge de Michalak peine à faire oublier celui de Lamaison, quand la vivacité de Dominici contraste avec un Nakaitaci plus emprunté sur le pré qu'un banquier grec à la Bourse de Shanghai ;

- l'exploit de  2007 ne résiste pas à la vidéo, elle anéantit (presque) tout espoir de victoire sur un essai volé.

 

mercredi, 14 octobre 2015

Saint André fait son coming out : le faux comme moment du vrai (ou l'inverse)

"On fera les conclusions quand on sera éliminé...".

Sans soute que le Goret s'est dit : plus c'est gros plus ça passe.

Ebé non ça ne passe pas.

D'abord parce qu'à l'heure où il faut mobiliser son équipe le rôle d'un entraineur digne de ce nom n'est pas d'imaginer un seul instant d'être éliminé et surtout pas au futur, temps qui rappelons-le à la différence du conditionnel rend presque certain la survenance de la chose (exemple : quand on sera bourré, mort etc.).

En deuze, le Goret nous livre enfin le fond de sa pensée, c'est perdu d'avance, je ne sais plus qui a dit quelque chose comme le faux est un moment du vrai ou l'inverse, mais il est bien certain qu'il s'agit là d'un formidable aveu, il ne peux plus nous mentir après s'être menti, parler d'éliminiation c'est admettre que l'on n'ira pas au bout.

Enfin et surtout, tenir le discours suivant pendant quatre ans qui consiste à dire en gros :  ne me faites pas chier avec cette compétition ringarde qu'est le Tournoi, moi je ne joue pas petits bras, ce qui m'intéresse c'est la Coupe du monde et vous allez voir ce que vous allez voir, on va aller la chercher avec les dents, comme l'autre la croissance, pour après une défaite contre l'Irlande chouiner qu'on verra plus tard.

Ebé non mon con les conclusions quand vous serez éliminés ce sera trop tard, tout le monde s'en foutra, tous auront les yeux tournés vers Novès.

Quand on prend d'ailleurs le temps de réfléchir deux secondes, je sais ça fait un peu long quand on a les oreilles en chips à l'ancienne, on se dit que son choix et sa désignation précoce ne sont que le reflet d'une prise de conscience dans les hautes sphères de l'Ovale que le Goret filait tout droit en klaxonnant contre le mur...

 

 

mardi, 13 octobre 2015

France -Irlande : quoi de neuf docteur ? Un canard sans tête !

Après ce France -Irlande, on est surpris de la surprise occasionnée par le résultat.

Rien n'est plus dans l'ordre des choses qu'une défaite face à la meilleure équipe d'Europe depuis deux saisons, quand la France ne règne plus sur cette partie de l'Ovalie, mais doit-on le répéter jusqu'à plus soif, n'est qu'au sommet de la Pro D2 européenne devant l'Ecosse et l'Italie.

On pouffe devant ces bouffons infoutus de remporter notre antique compétition continentale, finissant au mieux troisième et en suivant déclamant sur tous les tons de l'absurde qu'ils vont gouverner le monde du rugby...

Les tonnes de fonte soulevées depuis trois mois n'aident en rien à mettre du liant et de la continuité dans un jeu tricolore qui en manque cruellement, il n'est même pas certain que ça aide à allonger la passe...

Parmi toutes les conneries entendues avant ce France - Irlande la palme revient à l’argument répété sur toute la gamme du registre de l'expertise comme si la répétition donnait corps à la vérité : les Irlandais sont plus forts pendant le Tournoi parce qu'ils sont mieux préparés que nous, mais pour cette Coupe du monde, le niveau des  deux équipes sera plus proches, entendre les irlandais vont perdre leur supériorité au profit des français. On a pu dire le tréfonds de stupidité que mobilisait ce raisonnement plus vicié que l'air d'un VW diesel, d'autant plus qu'au final, la suprématie des irlandais en dépit de la perte de leurs deux leaders a été plus forte que durant le Tournoi, renonçant même à jouer au pied pour asseoir sa domination sans partage. A nouveau, c'est pas la peine d'avoir fait rugby-sup et rugby-spé pour sortir des couffes pareilles.

Que tu le veuilles ou non, la gonfle en se professionnalisant approche de la science exacte.

Pour ne pas que la défense prenne le pas sur l'attaque (le credo de saint-André est inverse pour lui la défense doit finir par l'emporter sur l'attaque)  le rugby qui winne passe par de la vitesse et un volume très élevé de jeu, au prix d'une grande maitrise technique permettant une multiplication des temps de jeu finissant par ouvrir une brèche de nature à déstabiliser une défense bien ordonnée, c'est exactement le jeu irlandais et plus encore celui des Blacks... Alternativement un joueur perforant est envoyé dans la ligne de défense pour la resserrer et éventuellement jouer après contact dans le dos des défenseurs avec un soutien axial. A ce jeu les Blacks sont très forts, mais n’anticipons pas... 

Sinon on a bien aimé la rapidité (55ème minutes) avec laquelle le Goret a dégagé La Miche après nous l'avoir vendu comme le plus grand 10 de tous les temps all over the world. Comme il fallait s'y attendre à la première bourrasque notre Top ten est devenu plus évanescent que le premier rot causé par une Guinness descendue trop vite.

En somme rien d’étonnant et de surprenant à voir nos Bleuxv pratiquer ce rugby qui consiste à courir sur le pré à la manière d'un canard sans tête dans la cour de tatie Odette !

dimanche, 11 octobre 2015

En attendant France - Irlande : de l'art d'agrémenter les jardins

Longtemps les France - Irlande ont bercé l'enfance du rugby d'un cortège de traditions réchauffant l'âme au sortir d'hivers faits de boue et de cuirs alourdis par les intempéries.

Les adversaire étaient valeureux, formés de grands roux empestant la pinte, leur roublardise dans l'obscurité des mauls ne reflétait aucun vice, seulement la conscience des limites de joueurs frustes.

Sur leur pré, ils manifestaient une ardeur à faire pâlir Hercule (comment veux-tu...), portés par des supportrices à la tignasse purpurine masquant mal d'encombrantes poitrines laiteuses dont on imaginait sans peine les contours à chaque pénalités réussies.

Bref, un peu comme la chèvre de Séguin, les irlandais, luttaient comme de beaux diables verts, mais à la fin, ils finissaient toujours bouffés.

Si bien que les France - Irlande d'alors avaient cette prévisible physionomie, entre la 50 ème et la 60 ème minutes, le vert explosait toujours, gagnant parfois à domicile, paumant toujours à l'extérieur.

Un jour sans doute, quelque part sur une lande brumeuse secouée par des vents emplis de colère atlantique (en général le vent chasse la brume mais pas ce jour là, c'est dire la puissance mystico-magique du moment), l'un d'eux lassés de tant de défaites au goût de terre a dû se dire que tout ça commençait à bien faire ; qu'il n'était plus possible d'accumuler les cuillères de bois comme les Balkany les casseroles.

Alors, le Leinster et le Munster régnèrent sur l'Europe des clubs, puis le Trèfle releva la tête pour remporter un Tournoi vierge de toute défaite soixante ans après (1948-2009) et d'enchainer un historique doublé (2014, 2015).

Désormais l'Irlande du rugby donne à voir l’alliance rare entre les valeurs d'un jeu fait de vaillance, d'abnégation et d’humilité et ceux qui le pratiquent, l'identification est si forte que penser rugby revient à teinter de vert le ciel de l'Ovale.

Dès lors, dire que l'Irlande est favorite face à une équipe qui ne l'a pas battu depuis 4 ans, revient à dire que l'eau ça mouille et que ton rouge de l'Aude il pique.

Pendant que l'Irlande quittait les poubelles de l'Ovale et que le Gallois retrouvait sa splendeur d'antan, le Français tout enivré du souvenir de cuirs passés tutoyant le sublime stagnait. 

La suite on la connait, la France accrochée aux basques du Beef pour lui contester l'hégémonie sur la moitié nord d'un globe ovale, finit à force de contentement de soi et d'inconstance par se retrouver quelque part devant l’Écosse et l'Italie, c'est-à-dire juste devant le néant du rugby.

Aussi plus que l'affrontement entre deux équipes, c'est au fond deux visions du monde qui vont s'opposer : celle où rien n'est laissé au hasard, où un jeu plus millimétré qu'un papier à musique donne à entendre une entêtante musique faisant fleurir les oreilles, où l'esprit du jeu est poussé à son extrême, d'un autre côté, un rugby foutraque, prévisible dans son imprévisibilité, à la trajectoire moins certaine que les rebonds d'un cuir hoqueteux.

Côté irlandais, un jardin à français en toute saison, côté français un jardin à l'anglaise seulement dans les beaux jours.

Mais quelles que soient les faveurs du jury horticole, une chose est sûre : malheur au vaincu !

En attendant France - Irlande : de l'escatologie en rugby (deux matchs)

Malheur au vingt culs (avec les remplaçants) !

Au-delà de ce France - Irlande se découvrent de noires ténèbres annonciatrices de fin du monde : les Blacks en quart pour le vaincu.

L'Irlande redoute plus le Tout Noir que les Bleuxv, avides d'exploits à la sauce 1999 ou 2007 et bercés des souvenirs tricolores diluant le noir dans l'arc-en-ciel de victoires à jamais historiques.

Et puis si très grand est le mérite de battre la fougère, il est plutôt dans l'ordre des choses de s'incliner devant elle, car si les victoires de 1999 et de 2007 sont si retentissantes, c'est que tout le reste est entouré de défaites...

Dans la mesure où il ne reste à nos yeux grands ouverts que deux matchs à jouer pour cette équipe de France, il ne faut pas écarter qu'au moment décisif, le Bleuxv n'aille pas chercher au plus profond de son âme les ressources nécessaires pour fendre le vert, préférant succomber en quart face à d'invincibles Blacks plutôt que sous les griffes acérées de redoutables Pumas.

Cette petite musique commence à monter, elle deviendra assourdissante en cas de victoire des Bleuxv face à l'Irlande pour mieux préparer une sortie sans gloire face à l'Argentine.

Déjà Ben Arous nous prévient déjà que l'Argentine est plus forte que les Blacks, c'est si vrai que ces derniers n'ont jamais gagné contre eux !!!

Si c'est pour dire des conneries pareilles, c'est pas la peine d'aller en équipe de France, on peut très bien le faire ici...

On comprend que nos Bleuxv commencent à perdre tout sens commun, en cas de victoire contre l'Irlande la perspective d'une sortie sans gloire contre l'Argentine se profile...

En cas de défaite, ils sont condamnés à un inimaginable exploit sans lendemain...

Bref que du noir...

 

samedi, 10 octobre 2015

En attendant France - Irlande : rien comme les autres

A ne rien faire comme les autres on se condamne à ne pas gagner comme eux.

Les Bleuxv sont absents de notre BIg Four couronné (Beefs, Boks, Blacks et... Blond, merci Hooper). Si être une grande nations de l'Ovale c'est avoir pu un jour placer la Webb Ellis sur l'étagère aux trophées au fond du club house, on voit par là que la France contrairement aux idées reçues n’est pas un grand pays de rugby, où alors depuis 1987 elle le cache bien.

Or, la France n'a pas sa place au jeu des chaises musicales entre désormais les Trois Grands du SuT.

Il est vrai que l'on ne fait rien comme les autres depuis pas mal de temps, sans exhaustivité on a eu par le passé des premières lignes composées de trois piliers, des troisièmes lignes composées de trois 8, tout ça parce que Fouroux en pinçait pour les packs de Golgoth.

Plus près de nous, on doit au génie laportien un Traille posté à l'arrière, dont la vivacité n'avait d'égale que celle de ton bambin laissé toute l'après-midi en plein cagnard sur le parking de La Rosa.

Avec le Lièvre, Parra était placé à l'ouverture, le truc nous avait même été vendu sur le mode de la Révélation : Parra c'était du tonnerre au point que de retour chez les Jaunards il évoluerait désormais à ce poste, Cotter en rigole encore sous sa casquette. Dans le même temps, il aimait à jour au bonneteau avec les piliers, hop, ni vu ni connu je t'embrouille, un coup à droite, un coup à gauche.

C'est très bien de dauber sur l'arbitrage de Joubert en 2011, cela permet d'occulter le positionnement pour le moins baroque de Parra en 10 et le défaut mortel d'un ouvreur au pied long .

La science de l'Ovale nous apprend que ce jeu est intransigeant quant au respect de son esprit et de sa lettre, quand le français pense malin de s'en affranchir, le jeu lui fait immédiatement payer. La sanction est connue d'avance : la Webb Ellis tu peux la voir de sur le pré (1987, 1999, 2011, prochainement en 2023 si ma suite est arithmétique), mais au sifflet final, pas touche au grisbi, range tes mimines...

Cette fois le Goret est pas loin du record, il prend un centre pour jouer à l'aile (Fickou), fait jouer deux premiers centres ensemble puis deux seconds, place un troisième ligne en seconde pompe et nous met Dulin à l'aile.

On ne connait pas sur le bout de nos neuf doigts (j'en ai oublié un dans l’œil d'un pilier un peu trop regardant sur la discipline en mêlée) la spécialisation de tous les joueurs de nos grandes nations, mais à première vue (hormis un passage bien raté de Farrel au centre) ils semblerait que chacun y joue à sa place.

La Goret considère, comme cela a déjà été dit, que les entraineurs de club sont des baltringues ne sachant pas où placer leurs gonzes sur le pré. Lui il veut du Dulin à l'aile (idée lumineuse de Lagisquet sans doute,  brillant chaque fois qu'il met les doigts dans la prise et on connait sa prudence...). Dulin dont la présence est justifiée par le fait qu'il est très bon, il est vrai qu'il est tellement bon, qu'il n'a pas sa place à l’arrière, pourtant son poste de prédilection... C'est typique du chouchou, il faut à tout prix qu'il joue, peu importe où !

On notera sans trop se creuser le ciboulot que 1 à l'aile il n'a en rien convaincu, que en 2 changer de poste lorsque l'intensité du jeu s'accroit, que le rythme est plus élevé est pas le meilleur moment pour les expérimentations et que en 3 si ça se passe vraiment mal tu peux griller pour longtemps un type (va demander à Vahaamahina s'il garde un bon souvenir de son passage en troisième ligne en équipe de France...).

Bref tout ça pue l'amateurisme comme ton bambin le vomi sur le parking que l'on sait.

A moins que le Goret ne soit un formidable tacticien, auquel cas lui aussi cache étonnamment bien son jeu

En tout cas, nous on sera fidèle au poste, juste devant avec une mousse brassée à la main dans l'une et dans l'autre le juron facile.

 
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