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vendredi, 27 février 2009

France-Galles : le retour des peintres (Tournoi 2009 et celtitude)

Nombreux furent ceux s'étonnant de trouver leur site sportif favori au lendemain du pitoyable Irlande-France aussi vierge qu’une jeune tamoule vendue pas des parents peu scrupuleux.

 

Ce n’est pas le nez sur le guidon que l’on voit où la route mène, aussi le recul est nécessaire, même si la voie est toute tracée pour conduire le XV des Bleus tout droit vers une impasse aux couleurs tristes.

 

Après deux rencontres contre les celtes du tournoi, Irlande et Ecosse et avant de rencontrer les Gallois, qui sont aussi un peu celtes, plusieurs constats s’imposent :

 

1. Le foutage de gueule continue

 

Le lièvre, le Tordu et joues de corned beef continuent de nous prendre pour des soucoupes à cafés en promettant un retour du beau jeu à la française à la sauce du XXIème siécle alliant la tradition du french flair et la modernité du rugby pro (je résume, mais en gros c’est ça).

 

Or, non seulement comme sœur Anne, on ne voit rien venir, mais pire, le jeu se dégrade.

 

Dégradations il y a quand les fautes des Bleus de multiplient (Faure, la découverte de Rétier, est pas mal à ce jeu), quand la défense est si vite parsemée de trous qu’on croirait voir une vidéo de Dorcel en plan large, quand la charnière pèse si peu sur le déroulement des débats.

 

Les acquis laportiens, n’ayons pas peur des mots, rigueur défensive et souci constant du respect de la règle, ont été paumés sur un chemin qui ne mène nulle part. Sans avoir pour contrepartie, un jeu certes débridé mais flamboyant.

 

Opposer les deux est d’ailleurs  comme la lune, l’équipe la plus emballante du tournoi (Wales), le montre à satiété (c'est l'heure de la tiétée). Seulement les gallois ne se paient pas de mots, et la rage vous prend quand on entend le gentil Picachou de Montpellier dire que les Bleus aimeraient pratiquer ce jeu. Mais putain de moine, qu’est-ce qu’ils les en empêchent !

On leur demande pas de singer les équipes du sut, tant leur rugby est culturellement différent, mais au moins d’incarner ce qui se fait de mieux au nord (petit rappel, les gallois ont pris 30 points cet automne contre la machine toute noire).

S'ils sont infoutus de le faire c'est que les fondamentaux du rugby de papa comme du rugby pro sont au fond du jardin.

 

2. Et ils sont où les fondamentaux ?

 

Pas de première ligne

 

Le pitre des premières lignes Retière ne sait toujours pas ce que c’est un pilier, sauf peut être en fédérale, l’entrée en jeu du dacquois Boyoud contre l’Ecosse était à pleurer, en travers surtout toutes les mêlées, il se pliait et dépliait comme un mètre de maçon, après Brugnaud deuxième pilier dacquois sélectionnés, le moins que l’on puisse dire est que c’est bizarre d’aller chercher des piliers dans une équipe dont la première ligne n’est pas le point fort, et qui va bientôt se retrouver en Pro D2, comme lorsqu’elle était coaché par un certain Lièvremont ayant depuis passé le relais à son frère…

La faillite est telle à ce poste que Marconnet est rappelé. Il est vrai qu’il apparaît comme le seul capable de faire bonne figure pour le moment

 

Pas de buteur

 

Le staff tricolore chie aussi sur les fondamentaux en se passant d’un 10, répétons-le jusqu’à avoir les doigts usés jusqu’à l’os par le clavier : aucune grande équipe n’existe sans buteur, une équipe modeste peut faire illusion avec un grand buteur.

 

Désigner Parra comme buteur, ce qu’il ne fait pas en club est tout simplement stupide, tout le monde s’accorde là-dessus, le désigner à ce poste contre les rouges, c’est crier à la face du monde du rugby : je fais ce que je veux, la preuve je peux en toute impunité persister dans le foutage de gueule. Il est vrai que l’habitude est ancienne, souvenons-nous du passage de Traille à l’arrière lors de la coupe du monde 2007. Pour le coup Le Lièvre ne fait que marcher dans les pas de Laporte.

Pas les meilleurs

 

Le foutage de gueule continue quand les meilleurs ne sont pas sélectionnés, il ne faut jamais oublier que le meilleur Bleus de la Coupe du Monde 2007 et l’un des meilleurs depuis n’était pas prévu au début, Dusautoir, puisque c’est de lui qu’il s’agit, « doit » à la blessure de Vermeulen d’avoir été sélectionné.

 

Existe-t-il aujourd’hui des Dusautoir, c’est-à-dire des joueurs talentueux oubliés ?

Yes, au moins deux Martin de l’Aviron et Durand de l’USAP, sans compter que Boyet de Bourgoin aurait pu au moins être appelé en 10 contre les Gallois. Du coup une charnière habituée à jouer ensemble aurait offert quelques garanties.

 

Et puis il y a les fameux cadres qui dorment un peu sur leurs lauriers, Josiane en fait partie, si au Stade il continue de briller, au niveau international, depuis le quart contre les Blacks, il ne fait plus la différence en attaque et se contente d’être là en défense, de toute façon, il sera difficile d’aller avec lui chez ceux qui marchent la tête en bas en 2011. C’est dur à dire, mais va falloir penser à remplacer le tronc.

 

Pas de seconde ligne

 

Fondamentaux en danger aussi quand on voit un seconde pompe (Chabal) à l’aile pendant que sur les rucks français les ballons sont systématiquement disputés par les celtes, le boulot d’un seconde latte, comme tout gros d’ailleurs, c’est de déblayer, pas de faire le beau au terme d’une course de 50 mètres qui sert à que dalle, sans continuité. Contre l’Ecosse on a vu un seul gros déblayage fait par Nallet. Chez les Irish, on a pas vu souvent O'Connel et O'Callaghan la nifle à l’air au large, mais dans les phases de combat, ils y étaient.

 

Quand seulement 2 ou 3 gros vont au charbon alors qu’ils sont 5 ou 6 en face et qu’en plus Rétiere choisit les piliers, c’est pas la peine d’être balèze en tactico-technique pour voir où est le problème. Après la mise à l’écart de Chabal contre les Ecossais, on s’était dit : té le Lièvre a enfin pigé un truc ! En fait non, il le remet en seconde pompe.

D’ailleurs pour être honnête ( si,si j’ai aussi ce souci), les difficultés de la première ligne proviennent aussi du fait que Chabal n’est pas un pousseur comme peut l’être Thion ou Millotch. Il faut dire que Chabal fait est dans la catégorie chouchou du grand public (mais non pas toi qui lit, la preuve tu lis…)

 

3. A quoi reconnaît-on un chouchou ?

 

Le chouchou est typiquement le gars que l’on fait jouer n’importe où, l’important pour le staff est qu’il soit là pour jouer.

Baby rentre fastoche dans la catégorie, du centre il est passé à l’arrière et maintenant à l’ouverture. C ’est pas qu’il soit inexpérimenté à ce poste qui soit le plus grave mais le fait qu’il n’ait jamais brillé depuis le début du tournoi, au centre Mermoz fais au moins aussi bien, comme à l’arrière l’inconstant Poitrenaud.

 

Plus grave encore, le maintien du chouchou peut conduire à une faillite collective, déjà Que Beauxis a montré qu’il était incapable d’orienter le jeu, de l’accélérer, de faire des choix, bref de faire son boulot de 10, ça va pas rigoler derrière contre Wales. Le choix du lourdaud Bastaraud est le seul qui vaille pour résister un tant soit peu à la vague de la mer de Galles.

 

Autre chouchou, Oueadrogo, transparent dans ce début de tournoi, comme depuis toujours d’ailleurs, son seul mérite est d’avoir été capable de marquer un essai sur un en-avant sans que l’arbitre le voit contre l’Ecosse. Tout club de top 14 compte au moins un Oueadrogo dans ses rangs. Martin le remplacerait avantageusement ou si Martin est trop tricard Vermeulen en 8 et Harinordoquy à l’aile

 

Au total quand sur 15 gonzes, la moitié est indiscutable et quand cette moitié fait pas le boulot à fond, on s’emmerde devant sa télé, et les plus chanceux au stade, mais dans tous les cas de figure, la mousse fraîche est là pour aider à refaire le match.

 

 

Un pronostic ?

 

4ème du tournoi devant l’Ecosse et l’Italie.

 

La prochaine fois : des solutions

 

 

jeudi, 26 février 2009

La compo

France : Médard (Stade Toulousain) - Malzieu (Clermont), Bastareaud (Stade Français), Jauzion (Stade Toulousain), Heymans (Stade Toulousain) - (o) Baby (Clermont), (m) Parra (Bourgoin) - Ouedraogo (Montpellier), Harinordoquy (Biarritz), Dusautoir (Stade Toulousain) - Chabal (Sale/ENG), Nallet (Castres, cap) - Marconnet (Stade Français), Szarzewski (Stade Français), Barcella (Biarritz).

Wales: Lee Byrne; Leigh Halfpenny, Tom Shanklin, Jamie Roberts, Shane Williams; Stephen Jones, Michael Phillips; Gethin Jenkins, Matthew Rees, Adam Jones, Ian Gough, Alun Wyn Jones, Ryan Jones (capt), Martyn Williams, Andy Powell.

 
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