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jeudi, 19 mars 2009

Le rugby de gribouille (deuxio)

Le jeu

 

Adeptes du beau jeu, pour les raisons que l'on sait, notre trio, se perd en contradictions.

D'abord, le beau jeu, évidemment le beau jeu, "c'est beau et con" à la fois comme le chantait Brel,  ça veux rien dire le beau jeu.

Au rugby il y a le jeu, punto finale, des fois ça gagne, des fois ça perd, sans compter que le beau a parfois des rapports assez lointains avec la gagne.

Le jeu c'est du combat devant, le rouleau compresseur, et quand la voie est bien dégagée, le bitume bien frais, derrière les canassons peuvent galoper. Mâchés par le pack anglais, les avants de France tardaient en défense  au point que les gazelles Beefs ont marqué deux essais d'école, comme à la parade, là du côté Beef on a vu du beau jeu, or que je sache Johnson à la fois comme joueur et comme entraîneur ne s'est jamais revendiqué du beau jeu.

Le lièvre, le tordu et face de jambon sous vide n'ont aucune idée centrale sur le jeu, si ce n'est qu'ils veulent qu'il soit beau, la belle affaire. C'est creux. Mais là encore ça finit par se voir. Au rugby comme ailleurs, on peut se tromper, mais on le reconnait ou alors on meurt avec ses idées. Au lieu de quoi, Le Lièvre et sa bande ondoient comme la pisse au vent mauvais.

Schématiquement le raisonnement du staff :

1. Tournoi 2008 on a pas la pression, on prend qui on veut chez les Bleus(même des dacquois), une seule consigne, on se fait plaisir, on attaque de partout, même si ça sert à rien, la consigne est claire pour du beau jeu faut attaquer, donc on attaque. Résultat : gamelle, 3 ème du tournoi, plus mauvaise place depuis 2003.

2. Tournée automne 2008 à la maison, finies les expérimentations, on enlève quelques jeunes qui ont pas été bien brillants, et avec une équipe de bric et broc ça peut le faire. Résultat gamelle contre l'Australie.

3. Tournoi 2009, bon faut faire un truc sinon ça va commencer à puer, on garde Chabal, comme ça au moins quand on en parle on oublie de parler d'autre chose. Par exmple du fait qu'aucune charnière n'est stable, qu'en première ligne, c'est Colargol, le 8 de devant c'est Calimero et aucun joueur de l'ère Lièvremont ne s'est imposé, y compris Malzieu. Mais il y a pire, à force d'avoir le beau jeu dans la bouche, les joueurs ont cru que finalement ils pouvaient délaisser le combat, et face à un pack rugueux et un brin truqueur, l'addition est salée, en gros c'est le match contre l'Irlande. Pour le Pays de Galles, les lacunes étaient telles qu'il fallait un nouveau discours : du combat les gars ! Combat il y eu, victoire au bout, à la maison faut pas exagérer quand même et de justesse à la fin.

Pour les Beefs, nouveau discours, bon le combat ça paye, on va aller chercher des vieux du temps de Laporte, quand ça jouait pas terrible, mais devant ça mandolinait pas mal. Contre les Beefs, faut ça pour gagner. On a vu ce qu'on a vu : résultat gamelle.

En résumé (je sais que t'aimes les résumés, ça te repose les neurones et te donne l'impression d'être intelligent).

On ne peut tenir trois discours différents en moins d'un an et demi sans déstabiliser une équipe : après le jeu à tout va avec des jeunes, un jeu plus axé sur le combat avec moins de jeunes, puis le retour des vieux.

Cette inconstance, marque déjà de Laporte (souvenez-vous d'Ibanez, de Th. Lièvremont et d'autres) est catastrophique, soit on considère que certains ont fait leur temps (Traille, Bonnaire, Thion...) et qu'il est temps de mettre des jeunes, alors on met les jeunes et on les laisse, quitte à mourir avec ses idées. Soit on considère que les anciens peuvent être là en 2011, qu'une équipe veillissante peut faire le coup des Beefs en 2003 et on les laisse, en aucun cas on ne doit jouer au yoyo avec les joueurs (je te prends, je te prends pas etc.), tout ça en  se cachant derrière la forme du moment. C'est pas en prenant le mec en forme à l'instant I (instant T, c'est con comme formule ou alors on dit Time T) qu'on construit un collectif ! Laporte a toujours eu ce management détestable, résultat : ni certitudes, ni épine dorsale en 2007.


Un entraîneur digne de ce nom sait quel jeu pratiquer avec quels joueurs, il ne change pas l'un et les autres en fonction du vent, il peut se planter, mais rien ne pousse en dehors de tortueux sillons. Aujourd'hui le trio infernal, pas plus que ceux qui les observent ne savent ce qu'ils pensent du jeu et des joueurs. On n'est pas plus avancé qu'il y a un an. Si quand même deux choses : désormais il est clair que le staff tricolore est une volière a buse ; on est pas près de revoir des dacquois en Bleus. Ce qui nous conduit au tercio, les joueurs.

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