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lundi, 20 juillet 2009

Touche pas à mon Black (2) ou le syndrome du Riton Leconte

Bon les Blacks c'est fait , ou à peu près ( voir Touche pas à mon Black 1), et puis on aura l'occasion d'y revenir d'ici 2011...

C'est le tour des Bleus.

Ils n'obtiennent pas la moyenne (au repêchage) après deux défaites et une courte victoire.

Ce bilan brut ramène à de justes proportions la tournée de l'été 2009 dans l'hémisphère Sut comme on dit du côté de Castelnaudary.

Il est vrai qu'après le pitoyable tournoi 2009, le monde du rugby s'attendait à trois défaites. Du coup la petite victoire contre les Blacks à servi d'écran de fumée sauf bien entendu dans les lieux publics vu que c'est interdit.

On s'en voudrait de ne pas le dissiper !

Commençons par le plus important : le jeu (el juego pour toi qui comptes causer gonfle en Espagne cet été)

1. Le jeu

Rien (Nada)

Aucune assurance sur l'avenir. Les Bleus n'ont pas avancé de la moitié d'un pouce amputé.

On répondra que la défense a été valeureuse, et après ? Le moins est de ne pas revenir sur l'un des rares acquis de l'ère Laporte.

Déjà du temps de Skrela et Villepreux la défense n'était pas ignorée, pas plus que sous Berbizier, Fouroux et consorts. Sans remonter à Toto Desclaux, on ne peut pas dire que le secteur de la défense ne fait pas partie de l'ADN du XV de France. Sans compter qu'en Top 14, j'ai pas l'impression que les équipes négligent le travail défensif. Rien de bien extraordinaire à relever que ceux qui sont censés être les meilleurs joueurs d'un Hexagone comptant naturellement plus de 4 côtés, plaquent. C'est d'ailleurs devenu un peu nimportnawak le rugby pro, des types sont payés pour compter le nombre de placage que x, y ou Dusautoir a réalisé et ceux que Yachvili a raté.

On va donc pas s'espamter parce que des gonzes ayant fait du rugby leur métier défendent en ligne, en pointe, ou en quinquonce à la romaine.

L'attaque c'est une autre paire tricot.

Côté attaque on a quoi ?

-essai de chatard de Trinh Duc.

Le fayot du Lièvre qui usurperait même le petit  titre de Marquis. Sur son essai, on note que deux paires de Blacks se sont télescopés en défense (comme quoi ça arrive aux meilleurs), que jamais il n'a évité un placage par un raffût, fait un changement d'appui ou une feinte de Jedi. Il a simplement traversé un cercle de feu en fermant les yeux, et ça a marché. A ce titre il mérite l'essai du chatard 2009. De la choune il en faut, si Di bagio n'avait pas raté son péno on nous rebattrait pas les oreilles  avec les champions du Monde 1998, inversement si Benazzi n'avait pas connement glissé le titre était pour nous en 1995. Je sais bien qu'avec des si ma tante aurait des roues et serait un autobus, mais bon, le Trinh roturier est presque aussi gâté que La miche, chatard parmi les chatards.

-essai de brute de Servat.

No comment, la Bûche a planté son menton en manche de pioche dans la terre de Dunedin.

-essai de Médard.

Jusqu'à preuve du contraire, un essai sur interception, aussi brillant soit-il ne dit pas grand chose sur la construction d'un jeu offensif, c'est même si on veut un geste défensif se concluant par un essai.

-essai d'Heymans.

Exploit personnel comme le bougre en est capable, ne dit pas grand chose non plus sur les qualités offensives de l'équipe.

Sur l'éventualité d'un en-avant : ne faisant pas partie des assujetis à l'ISF abonnés à Canal plus (je déconne, la télé est le loisir préféré des rmistes et autres pauvres n'ayant pas les moyens de se payer le haut débit et privés de droit de réponse, les riches prennent le pack Premium et font semblant de boire du champagne en loge parce que ça fait péter), j'ai téléchargé les matchs sur e-mule (merci Hadopi) et l'arrêt sur image est sévère...

Total de la tournée 4 essais marqués : 4 essais encaissés. Tout le monde en conviendra, rien de brillant en termes d'attaque ou de défense.

Mais il y a pire, passé en général sous silence dans les commentaires Bleu Blanc Rouge, l'indiscipline.

Que ce soit contre les Blacks ou les Wallabies, les Bleus ont été très souvent sanctionnés, et si Donald n'avait pas été gèné pas ses palmes pour taper les pénalités, lors du deuxième test, l'addition aurait pu être beaucoup plus lourde. D'ailleurs, elle le fut contre l'Australie avec un Giteau rarement maladroit dans cet exercice.

Depuis Berbize, autrement dit une éternité (Sarkozy était ministre, on payait en franc et le sauteur en touche sautait !) l'encadrement des Bleus a fait de la discipline un élément central du jeu. Car s'il est difficile de marquer des points on sera d'accord pour dire que c'est facile d'en prendre pour avoir plongé, chatouillé les côtes, fourchetés etc., alors autant éviter.

Ce n'est pas tant la vertu qui guide depuis ce temps le staff tricolore que le professionnalisme des buteurs et leur faible taux d'échec. A l'époque bénie ou en gros presque tout était permis, la mornifle valait bien un cadrage-débord, un coup de pied de recentrage, ou une sautée sur l'arrière intercalé, une frappe chirurgicale pesait autant que l'attaque plein champ. Je serai surpris d'être démenti par les chlemards 77.

Quelques uns ayant pour les Bleus les yeux de Rocco (pas Socko) pour Clara peuvent toujours avancer que l'arbitrage du Sut est perturbant et patin couffin.

Bon ok, ça fait combien de temps que l'arbitre du Sut arbitre bizarre ?

Disons depuis toujours, en tout cas depuis au moins aussi longtemps que  l'arbitre natif des Iles britanniques nous enfle avec la régularité d'un Nadal ou d'un Borg en fond de court. Ce qui laisse quand même le temps à l'équipe de France et à ceux qui la drivent de bosser le sujet.

Toute absence de progrès sur la discipline est un recul (comment veux-tu... pour rester avec Clara) qui condamne les Bleus à briller tous les 10 ans. Aussi appelé "syndrome du Riton Leconte" par les psys du sport, le Lièvre et sa bande ne sont pas sur le chemin de la guérison.

Quand j'aurai du temps on causera des joueurs et en attendant évitez le Beach rugby comme la sangria en plein cagnard ou la moule pas fraîche de Palavas.

 

 

 

 

 

lundi, 06 juillet 2009

Touche pas à mon Black (1)

Les Blacks battus par les Bleus à l'issue des deux tests.

Une victoire en trompe-l'oeil comme pourrait le chanter Montagné. Car si on met de côté la déferlante chauvine saluant la victoire des Bleus 27  à  22 lors du premier test que reste-t-il ? Pas grand chose comme l'a durement  soulignée la branlée contre les Wallabies une semaine plus tard.

Commençons par les Blacks.

Vite enterrée, c'est la seule équipe au monde à proposer un jeu ambitieux fait de mouvements permanents, de soutien perpétuel dans l'axe, de passes après contact, qui ne privéligie jamais le jeu au détriment de son esprit.

C'est la seule équipe au monde qui menée au score continue d'attaquer dans ses 22. C'est la seule équipe au monde qui ne se débarrasse pas du ballon d'un coup de pied foireux après un avantage signalé par l'arbitre.

Chaque joueur a le souci d'allier l'efficacité au beau geste et d'avancer ballon en main tout en limitant les fautes de main. C'est l'équipe dont la volonté de produire du jeu est telle que depuis 1987 elle n'a jamais plus gagné de Coupe du Monde. La rationalité défensive l'emportant sur l'inventivité offensive.

Depuis ce premier titre opposant en finale les équipes nourrissant une grande volonté de produire du jeu (Blacks/Bleus), pas grand chose à se mettre sous la dent.

Depuis ce temps béni à piliers moustachu, le rugby mondial est dominé par les équipes produisant un jeu aussi emmerdant que celui du "Grand Béziers", les mornifles, fourchettes et autres joyeusetées en moins. J'ai nommé les Wallabies (1991, 1999) , les Boks (1995-2007) et les Beefs (2003).

Tout le monde s'est aligné sur ce jeu fait de défense agressive, de chandelles et de longs coups de pied de déplacement. Match emblématique : le dernier test contre l'Australie a été sauvé par une diffusion à l'heure de l'apéro, à 9 heures du matin, tout le monde serait retourné se coucher.

Résultat des courses :depuis plus de 20 ans, sauf exception on s'amuse autant dans un stade de rugby ou devant sa télé, sauf exceptions, autant qu'à un enterrement mormon.

Le seul moyen de revenir à l'essence de ce sport dont l'exclusive richesse tient dans l'alternance d'un combat âpre devant et d'envolées lyriques derrière, c'est de voir à nouveau les Blacks gagner la Coupe du Monde en 2011.

Seulement rien n'est moins sûr, le rugby Black est en danger. La fédération Black est exsangue sur le plan financier, ses meilleurs joueurs sont tentés par l'appel du large. Rendez-vous compte, environ 4 millions d'habitants (moins que la région PACA) et 140 000 licenciés alors que la France avec ses 64 millions en compte à peu près 100 000 de plus.

Le rugby Black est un éco-système sportif en danger qu'il est capital de préserver. C'est pas Willy qu'il faut sauver, mais Ritchie et sa bande.

Alors on va pas sauter au plafond comme un bouchon de champ énervé (c'est mieux qu'un Champ énervé mettant un bouchon) parce que les Blacks ont perdu le premier test de 5 points et gagné le second péniblement de 4.

D'abord les Bleus ont rencontré une équipe B, avec un Donald aux commandes aussi inspiré pour orienter le jeu que son homologue à bec de canard pour trousser Daisy. Comme si cela ne suffissait pas : un pack rajeuni sans ses leaders Mac Caw et So'oialo et Williams ; une ligne de trois-quart décapitée sans le génial Carter

Et pourtant en dépit de ces faiblesses, ce sont les Blacks qui ont produit le plus de jeu (en particulier lors de la seconde mi-temps du premier test), ce sont les Blacks qui ont remonté 14 points lors de ce premier test et auraient très bien pu gagner à l'arrache si le Donald avec ses pieds palmés ne touchait pas le poteau sur une pénalité. Ce sont les Blacks qui font preuve de maîtrise lors du second test et privent de tout ballon des Bleus cantonnés à des tâches défensives et un rien fébriles, multipliant les fautes au sol pour endiguer la marée noire. Si bien que 8-0 à la fin de la première mi-temps c'était vraiment pas cher payé (d'autant qu'au début de la seconde mi-temps, l'essai d'Heymans, aussi beau soit-il, paraît bien souillé d'un en-avant sur la passe que lui fait Médard.

Alors après tout ça parler d'exploit ou de renaissance de l'équipe de France, on attendra un peu, au moins la tournée automnale (les Blacks au vélodrome, les Boks au Stadium).

On se gardera donc d'aller chercher dans le dico des superlatifs de quoi chroniquer la tournée de ce mois de juin 2009.

Il est vrai qu'on trouve en face de superbes joueurs :  Nonu, Mealamau, Muliana. J'irai pas jusqu'à dire que ce dernier à deux Médard dans chaque jambes, mais ses relances sont un véritable régal

Quand les Bleus présentent leur équipe B dans ce genre de tournée ils repartent avec 100 points au terme des deux tests (juin 2007), et même avec la "meilleure équipe du moment" lorsque les Bleus affrontent les Blacks à domicile, ces derniers  gagnent très largement (novembre 2007, 70 points marqués à Lyon et Paris, novembre 2004 un cinglant 45-6 ), alors on va pas se chauffer parce qu'en gros on gagne chez eux tous les 15 ans, quand sur la même période ils gagnent tout, sauf de mémorables quarts de finale (1999-2007).

Alors comme me le disait encore hier soir Louis XVI, il faut savoir garder la tête sur les épaules en toutes circonstances.

 

 

 

 

 
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