Avertir le modérateur

jeudi, 24 septembre 2009

La "footbalisation" du rugby : la fin de l'école de la vie ?

Il y a plusieurs années la FFR s'adressait aux mamans craignant pour l'intégrité physique de leurs bambins, n'ayant pas souffert en couches pendant de longues heures pour voir ensuite leur progéniture se faire piétiner sur le pré, en leur vantant les bénéfices du rugby. Un slogan célèbre et célébré affirmait alors : Ecole de rugby, école de la vie.

Bon c'était bien sûr un peu con, à l'image de ce qui sort du cerveau du communicant de base, mais la naïveté de la chose pouvait toucher. En ce temps là le rugby brillait par le respect régnant entre les joueurs et l'arbitre et par la convivialité se dégageant entre supporteurs d'équipes adverses. Il ne s'agit pas de peindre en rose un passé grisonnant, sur le terrain ça tombait sans doute plus souvent qu'aujourd'hui, chacun a pu entendre un coach énervé amateur de mots lancer sa motivation par : Aujourd'hui on met les poings et des points. Il  arrivait même que ça tombe en dehors du pré, mais les cas étaient rarissimes.

Or depuis quelques temps, ça sent de moins en moins bons dans les stades. Pour commencer, phénomène assez nouveau, quand le speaker annonce la compo de l'équipe adverse, quelques "célébrités" (en général parisienne) se font copieusement siffler (Marconnet et Roncero rencontrent de loin le plus de suffrages, alors que les mêmes les ovationneraient s'ils étaient dans leur équipe, ça reste de sacrés clients en Top 14 à la pile). Les rares fois où je suis allé voir les footeux, le public gueulait systématiquement dès qu'un nom de joueur de l'équipe adverse était prononcé. Comme influence on a mieux, footbalisation 1 : école de la vie 0.

Depuis à peu près le même temps, je suis mortifié d'entendre siffler le buteur adverse au moment où il s'apprête justement à buter. Il ne s'agit pas d'une particularité française, le "silence de cathédrale", formule rabachée par les commentateurs sportifs pour caractériser les stades britanniques dans la même situation est un amuse-con. Il est vrai que le commentateur sportif s'engouffre dans le stéréotype et le clichet à 2 balles aussi vite que tonton dans les jupes de tata. Ca gueule moins que de ce côté du Channel, mais une oreille sans être attentive capte les huées frappant le buteur de n'importe quelle équipe tricolore. Dans le Top 14 c'est devenu tellement systématique que sur l'écran du stade on peut lire un truc du genre : Merci de respecter le buteur, ça pourrait tout aussi bien être : Merci de laisser ce lieu dans l'état où vous l'avez trouvé en entrant. Les rares fois où je suis allé voir les footeux, le public gueulait sur le goal au moment où il dégageait, sur le tireur de coup franc ou de péno. Comme influence on a mieux, footbalisation 2 : école de la vie 0.

La connerie n'étant pas limitée à cet hémisphère, à la fin du premier test victorieux des Bleus contre les Blacks en juin dernier (en 2009, précision destinée à la postérité), des nuées de cannettes se sont abattues sur eux au moment où il faisait le tour d'honneur. Attaché sans doute à l'école de la vie, le cameraman a fait de son mieux pour que cela n'apparaisse pas à l'écran, raté ! Que le public de l'équipe emblématique du rugby mondial accueille ainsi sa défaite en dit long sur l'évolution des esprits, footbalisation 3 : école de la vie 0.

Plus récent dans le Top 14 le combat de coq présidentiel. Je veux bien sûr parler de la querelle basco-basquaise que jouent par presse et médias interposés, le Président du BO, l'immense Serge Blanco et celui de l'Aviron, Francis Salagoïty, s'attachant à faire monter la mayonnaise à la veille de chaque derby basque. Ca ressemble étrangement au petit duo auquel se livraient Tapie et Bez au début des années 90 et plus largement aux propos incendiaires tenus avant chaque OM-PSG. Plus tard, bien plus tard, Tapie avoua que tout était faux, monté de toutes pièces, il s'agissait d'animer le championnat, d'en gonfler les enjeux et accessoirement de faire parler d'un match diffusé par l'actionnaire du club parisien : Canal plus. Il y a gros à parier (un jambon) que les deux frères ennemis du rugby basque entretiennent une animosité de façade  (Lagisquet et Gonzalez, entraîneurs emblématiques du BO étaient des joueurs tout aussi emblématiques de l'Aviron avant de le quitter) pour éviter que ne se pose la question de la pérennité de deux clubs de rugby pro en Top 14 sur un même territoire : le BAB (l'agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz et sa côte des basques...). Quoi qu'il en soit, la dernière fois où j'ai vu un tel comportement "présidentiel", c'était chez les footeux, footbalisation 4 : école de la vie 0.

Finalement il n'y a guère qu'entre supporteurs que les choses n'ont pas tellement changé, avant ou après match, la mousse coule d'une humeur en général égale. C'est pas mal, c'est même très bien, mais ça fait du 4 à 1.

mercredi, 09 septembre 2009

TOP 14 en chiffres (avec des vrais numéros dedans et quelques lettres en supplément)

Saison 2009-2010

 

544 joueurs professionnels pour 14 clubs (38 joueurs en moyenne par club)

42% de joueurs étrangers

27 ans (âge moyen du joueur)

186 cm, 100 kg (mensurations moyennes des joueurs)

Salaire moyen : 11000 brut par mois.

Salaire le plus élevé : Chabal (1 millions d'euros brut, hors contrat pub)

Meilleur match de la saison  (pour le moment)  : ASM-Toulouse du 6 septembre

Dans le rétro (saison 2008-2009)


Meilleur buteur : James (ASM, 294 points)

Meilleur marqueur : Nalaga (ASM, 21 essais)

Equipe la plus offensive : Asm (près de 3 essais par match), suivie de l'USAP et les deux stades, comme quoi les équipes les plus offensives occupent le haut du tableau.

Equipe ayant encaissé le moins de points : Toulouse (241 points), suivi de l'ASM et de l'USAP.

Affluence totale : plus d'un million de spectateurs

Affluence moyenne : 11200

Affluence par club : Les deux stades en tête (effet Stade de France et Stadium, merci Max !) Paris : 20300, Toulouse : 19100

Au final, l'ASM a des stats de champion mais ne l'est pas !

 

 

 

mardi, 01 septembre 2009

Top 14 Saison 5 (moi y a en vouloir des sous)

Si vous avez aimé la Saison 4 du top 14 (sa création remonte à 2005, où il succède au top 16), vous allez adorer la saison 5.

Le bourrage de mou a commencé : partout on peut lire et entendre que la saison 2009-2010 s'annonce comme particulièrement relevée, à chaque début de saison on nous refait le coup si bien que le top 14 devrait déjà avoir atteint des niveaux plus que stratosphériques et être en orbite à la manière des chandelles de Lescarbourra.

Le seul truc de "relevé" c'est le budget des clubs (et avec lui les prix des places et abonnements), pour le jeu on attendra encore un peu.

Pour le moment rien de bien emballant à se mettre derrière les mirettes !

Les affiches du genre USAP-Stade ne tiennent pas leurs promesses, si l'agressivité, l'engagement physique et le combat sont bien là, le score est plus fait de fautes réelles ou rêvées que d'envolées troisquartières.

Parfois j'ai l'impression que les règles sont changées pour piéger les joueurs, garantir aux arbitres leur coup de sifflet et de permettre ainsi aux buteurs de meubler le score.

Que les gros budgets lèvent le doigt, il se trouve que grosso modo : aux premières places, les plus gros budgets.

Depuis 2005 on eu a le club des 5 : BO, USAP, les deux stades et les jaunards pour ravir les 4 places qualificatives, sésame du Brennus.

Aussi quelques chiffres peuvent aider à désigner le champion 2010 (budgets en millions d'euros, pour les saisons passées pointes ta souris , si rien ne se passe c'est que t'as pas cliqué).

  • Toulouse  et  Stade Français 21 
  • Clermont 19
  • Toulon 17
  • Brive 16
  • Racing Métro 15,9
  • Biarritz 14,4
  • Perpignan 13,39
  • Montpellier 13,14
  • Castres 12,4
  • Bayonne 11,8
  • Montauban 10,3
  • Bourgoin 10,2
  • Albi 8,7

Dans ces conditions, c'est plutôt fastoche de désigner les 2 relégables, il suffit de piocher dans la triplette Montauban, Bourgoin ou Albi . Pour le reste on comprend mieux que Toulon, Brive et le Racing soient de réels challengers avec des budgets supérieurs au BO et à l'USAP.

L'USAP a eu le meilleur rapport qualité-prix l'an passé, pourvu que ça dure, en attendant si on compare avec le classement actuel après la 3ème journée, c'est moins le bon classement de Toulon ou du Racing qui doit étonner que le mauvais de Paris (et ils sont où ...?)

Si l'on suit les partisans d'un top 14 "relevé" (encore qu'il faille se méfier des choses trop relevées, certains plats vous transformant le trou de balle en champ de fraises), plus relevé c'est plus de nouveautés après une saison déjà pas mal inédite avec le sacre des "sangs et or".

Nouveautés du genre Toulon, Brive et le Racing dans le quartet de tête.

Sans vouloir tirer le bébé sur la comète  et jeter des plans avec l'eau du bain, le statu quo paraît la plus vraisemblable option, en dépit de la nouvelle formule des phases éliminatoires.

Le rugby est un sport par nature conservateur, les valeurs sportives y sont stables, t'auras jamais Brest champion et Toulouse en Fédérale une, le plus étonnant que tu peux avoir c'est deux clubs tarnais, comme t'avais deux clubs des Landes en top 14. Ce genre d'entorse à la raison ne dure jamais bien longtemps...

Parce qu'il faut bien se mouiller, le détenteur du Brennus 2010 sortira d'une autre triplette celle des finalistes 2008 et 2009 (ASM, Toulouse, USAP).

Le champion est là sous tes yeux, maintenant tu peux les refermer et rêver à l'énorme cuite que tu prendras si l'élu de ton coeur emporte le Brennus à la maison. Pour les autres, fatalement plus nombreux, rien ne les empêche, au choix de déménager à Toulouse (aha ah), de noyer leur déception (pas de baisse de TVA pour le jaune) ou de quitter l'Auvergne. Remarque bien qu'aucune proposition n'est exclusive l'une de l'autre, mieux, elles peuvent farpaitement se cumuler, chic alors !

17:45 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (3)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu