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vendredi, 22 janvier 2010

Le Nil aux trente cercueils*

 

Gribouille a encore frappé, le Lièvre et sa bande constituent leur groupe suivant deux grands principes : faire n'importe quoi et prendre des Bleus ayant brillé avec les moins de 21 ans.

Les raisons en sont connues :

-pour le premier, créer la surprise, faire parler de, occuper la France du rugby a refaire la liste, pendant ce temps là elle ne se rend pas compte que depuis 2 ans et demi on la ballade, non par vice, mais par incompétence, car si le staff sait où il veut aller, tout en haut, il ne sait pas bien comment;

-pour le second, les moins de 21 ont pour eux d'avoir déjà cotoyé Milou et face de corneed beef ainsi que d'avoir été champions du monde en 2006. Au risque de se répéter plusieurs équipes au Coq ont connu cette consécration, jamais pour autant ils l'ont obtenu à nouveau dans la catégorie supérieure.

Quoi qu'il en soit, le transparent Lapandry -paraît qu'il jouait au Stadium il y a deux semaines- appartient à cette catégorie, les brivistes Estebanez et Palisson à la seconde. Cette année le Coujou est à la mode, bientôt on va rappeler Joinel. Si l'ailier de poche a ses vertus, Andreu du CO aurait aussi bien pu faire l'affaire comme on dit sur les marchés tarnais, sans doute sa moindre polyvalence que Palisson permet à ce dernier d'être dans le lot.  De toute façon s'est pas bien grave, il était de la tournée d'été et n'a pas vu le bout de la gonfle, reste la prime...

La polyvalence justement, autre lubie tricolore, à l'heure où les exigences du très haut niveau appellent une spécialisation, on s'étonne toujours qu'elle embrume encore les cerveaux rugbystiques. L'épisode Traille à l'arrière ou l'inconstance de Chabal en seconde pompe devraient chasser à jamais le mot "polyvalence" du vocabulaire du rugby. Personne ne peut contester que si un entraineur connaît bien son job c'est Berbize, or au Métro, pas le GM, Chabal, comme chez les Beefs, joue en 8. Point barre. La sélection de Picachu, Bonnaire et Hari  laisse clairement supposer que le sportif préféré des français(es ?) est parti pour pousser au cul des gros.

Les gros, venons-y, Ducalcon, plié par Mas et consorts lors du match USAP-Co, est là, on est content pour lui, ni très mobile, ni très costaud en mélée, c'est reparti pour les piliers de bal musette. Avec Marconnet on prépare l'avenir, il faut bien faire avec la blessure de Barcella.

Ouedrago est toujours, la permanence de cette hérésie ne suffit pas à la rendre moins criante.

Derrière, polyvalence tu règnes.

Ellisalde fait son retour, moyen avec le Stade, il pique la place à la Miche, plus inconstant au pied, là aussi faut faire avec le forfait de Dupuy, inventeur de la fausse-vraie fourchette et qui ferait mieux de manger avec ses doigts.

Trinh Duc est toujours là, l'étonnement perdure, mais la surprise vient de Boyet. Perpétuel sauveur de Bourguoin, se pétant en gros chaque fois que la perspective des Bleus se pointait, il est dans le coup cette fois-ci, se résume quand même à un pied.

Visiblement Inglorious Bastareaud est sorti du piquet, quand Fritz et David y vont pour d'autres raisons qu'on aimerait connaitre.

Connaissent une embellie les deux jaunards, Malzieu et Rougerie (à l'aile ?) et Poitrenaud. On est là aussi content pour eux, et du coup apparaît l'inspiration profonde du Lièvre : choisir les gonzes en forme du moment. Je sais la formule est pas d'une syntaxe irréprochable, outre que l'application du principe est variable, Fall revient à peine de blessure, Clerc est brouillon, Jozy est toujours au Sénat, c'est une erreur absolue. Comment bâtir une équipe sur le long terme avec pareille maxime ? Médard, qui a tout pour devenir l'arrière des Bleus est écarté sur sa baisse de régime, ce n'est comme cela qu'on inscrit une équipe dans la durée nom d'un petit bonhomme (pas en mousse).

Le Lièvre fait de plus en plus du Laporte, avec ses calculs courts-termistes, on sait où ça nous a mené, il n'y a pas  de raisons que les mêmes causes produisant les mêmes effets, le noir soit porté à nouveau en 2011 par les Bleus de France sans que ce soit pour soutenir la cause Blacke.


Avants. Thomas Domingo, Luc Ducalcon, Sylvain Marconnet, Nicolas Mas, Wiliam Servat, Dimitri Szarzewski, Sébastien Chabal, Romain Millo-Chulski, Lionel Nallet, Pascal Papé, Julien Bonnaire, Thierry Dusautoir (capitaine), Imanol Harinordoquy, Alexandre Lapandry, Louis Picamoles, Fulgence Ouedraogo.

Arrières. Jean-Baptiste Elissalde, Morgan Parra, Benjamin Boyet, François Trinh-Duc, Matthieu Bastareaud, Fabrice Estebanez, David Marty, Yannick Jauzion, Vincent Clerc, Benjamin Fall, Julien Malzieu, Aurélien Rougerie, Alexis Palisson et Clément Poitrenaud.

*Titre qui sonne bien mais qui ne signifie pas nécessairement grand chose. Sauf à voir dans le Nil, la métaphore fluviale du Danube de la pensée rugbytique que prétendent incarner le Lièvre et sa bande et dans les trente cercueils l'enfermement quant au jeu que doivent subir les trente retenus...

dimanche, 10 janvier 2010

Invictus : apologie de la triche ?

Difficile d'échapper à la frénétique et envahissante campagne de promotion du dernier film de Clint Eastwood : Invictus.

Le film a tout pour séduire, un grand réalisateur, un personnage quasi-légendaire au centre du sujet, passé de l'ombre à la lumière, Nelson Mandela, et en toile de fond, servant le propos d'une Nation unifiée grace à un sport : le rugby.

Même si dans les prochains mois il sera davantage question de foot et d'Afrique du Sud, l'amateur de gonfle est confusément flatté de voir son sport sur le devant de la scène.

Le sujet du film ressemble à une succes story à l'américaine avec tout ce qu'il faut de manichéisme, un chef d'Etat noir, s'appuie sur une équipe d'un sport de blancs, pour assurer la réconciliation nationale, avec, happy end oblige, la gentille équipe de blancs qui gagne à la fin.

On va dire que je caricature, comme d'hab, il est vrai que je n'ai pas vu le film, qui sort le 13 janvier, mais c'est quand même l'argument principal de la promo et même de la LNR.

Si tout le monde peut se réjouir qu'un sport, en l'occurence le rugby, serve de ciment à une société post-apartheid en construction, il faut tout de même veiller à ne pas en faire trop sur les vertus morales d'une équipe incarnant un pays et soutenu par son leader charismatique.

Le monde du rugby sait que les Boks ont usurpé leur titre en 1995 et n'ont reculé devant rien pour le remporter.

Les Bleus se font voler leur demi avec deux essais refusés parfaitement valables et un essai bok imaginaire, on dit merci qui ? Merci Derek Bevan, lui même remercié d'une belle montre en or. Il a pas attendu 50 ans... La défaite des Bleus était d'autant plus rageante qu'il paraissait armé pour aller au bout, avec une équipe ayant, exploit jamais égalé, battu les Blacks chez eux deux fois, c'était en 1994, evec l'essai du bout monde à la clé !

Quant à la finale contre les Blacks, la plupart des joueurs ont subi une intoxication alimentaire, sciemment organisée. C'est donc une équipe affaiblie qui a rencontré des Boks galvanisés, soutenus par un peuple en construction (les travaux continuent...).

Les Boks sont devenus champions du monde du rugby en bafouant la plupart de ses valeurs, sans compter la pauvreté du jeu Bok exerçant une influence mortifère sur notre sport. Tout cela au moment même où les instance de ce sport avaient décidé qu'il devienne professionnel. On a connu meilleurs auspices.

Si la morale politique peut se satisfaire de cette victoire tronquée, la fin l'emportant sur les moyens, la morale sportive ne peut que la réprouver. Pieenar et les siens accédent au rang d'héros modernes quand la main d'Henri lui assure une double destination, celle des cachots de l'histoire sportive et celle de l'Afrique  du Sud.

14:37 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (30)

 
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