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lundi, 08 février 2010

Ecosse-France : 3 minutes, une mi-temps, que le temps passe pas vite

Tout le monde s'accorde à dénoncer la cécité des économistes accusés au mieux de ne pas avoir vu venir la crise financière de l'automne 2008 et au pire d'y avoir contribué par leur dévotion au dieu marché et à son grand prêtre le dollar.

Le lecteur, que l'on espère habituel, du Rugbyband ne pourra pas dire au moment où sont jaugées les nations, pour savoir laquelle aura le droit de trôner en haut de l'Olympe rugbystique, que jamais son attention ne fut tirée sur les cruelles désillusions qui attendent les Bleus de France. En clair : le début de ce Tournoi 2010 laisse mal augurer de la Coupe du monde 2011.

Puisque la tête ne sert pas qu'à porter un casque de protection et les oreilles à justifier la pose d'un bandeau, réfléchissons et écoutons.

Comme il fallait s'y attendre à la lecture de la composition de cet Ecosse-France, pas la moindre idée directrice n'animait le Lièvre et sa bande. Après avoir bâti leur discours et leur com' sur les vertus d'un jeu à la française à retrouver, l'époque est au vintage comme me le disait un bon camarade au volant de sa mini, portant fièrement des Converse, derrière on nous met du lourd, du quintal, du qui n'est pas vraiment dans l'évitement ou le contournement, mais clairement dans le rentre-dedans. Si c'est ça le jeu à la française dont le Lièvre se faisait pourtant le héraut, j'en connais qui vont demander l'asile politique à Auckland.

En résumé, commencer par Pallison pour aller à Rougerie, défie la logique, sauf à l'extrême rigueur à voir en Clerc le chaînon manquant.

Certains ont du trouver injuste et dur sa qualification de "tocard jaunard", elle n'a jamais été aussi méritée ! En principe, le type qui met un tampon, atomise son adversaire, lui fait l'inverse, et en plus il ne comprend pas bien vite. Il met une première cartouche, se fait mal, mais comme visiblement, l'information est pas complètement arrivée au cerveau, il en remet une couche, et se pète définitivement. Rougerie est devenu M. cartouche, 3 minutes et au lit.

Toujours aux ailes, Fall, se fait prendre deux fois comme un benjamin (ah ah, fallait l'oser celle là), par un ailier écossais, Lamont, qui lui fait une feinte qu'on ne voit plus guère qu'en rugby loisir (au moins chacun peut s'y reconnaître).

Le duo infernal montpelliérain, si décrié ici, est apparu une fois de plus pour ce qu'il est vraiment - qui plus est face à un modeste adversaire - : un imposteur. Ouedraogo  a comme à son habitude manqué cruellement de puissance, a fait un joli en-avant, n'échappant pas même à Gilbert Montagné et en plus coûte 6 points. A son crédit il sera répondu qu'il galope, ok, c'est vrai, mais si c'est pour avoir un gonze qui galope, autant mettre Zatopek ou Mimoun.

Quant à l'autre, une fois de plus gavé de ballons, jamais il n'a orienté le jeu, mange un 3 contre 1 d'école, fait aux Ecossais, et au jeu, l'affront de taper un drop et de le rater. A son crédit il sera mis qu'il a une bonne passe, si c'est pour avoir une bonne passe, autant mettre Mme Claude à l'ouverture. Même à l'Equipe ils ont fini par s'en rendre compte. On boit du petit lait (ça change) à lire un truc que tout le monde sait depuis deux ans : "Le problème, c'est que d'ici à samedi prochain à Saint-Denis, les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets et François Trinh-Duc toujours les mêmes prestations sans autorité stratégique. Nul doute qu'il disputera pourtant, par défaut, samedi à Saint denis, son septième match en tant que titulaire sur les huit dernières sorties tricolores"(L'Equipe du 8 février, p. 22). Dire d'un 10 qu'il n'a pas d'"autorité stratégique", c'est comme dire d'un pilier qu'il n'a aucune tenue en mêlée ou d'un kiteur qu'il n'a pas de voile, forcément dans tous ces cas là on s'écrase.

Quelles qu'en soient les raisons, individuelles ou collectives, technico-stratégiques ou couillono-managériales, il faut bien avouer qu'à part 30 minutes ponctuées de deux essais  d'Inglorious Bastareaud, on s'est... comment dire, ennuyé ferme devant son téléviseur, à écrans plats pour le plus fortunés ou les plus endettés. Et du coup chacun de trouver le temps long, alors qu'il y a tant de chose à faire un dimanche après-midi...

Tout n'est pas négatif bien sûr. Le 8 de devant (pléonasme, on joue pas à 16), le 8 a donc fait une belle partie.

La première ligne écossaise composée des Brugnault et Boyoud locaux a explosé sans que cela ne débouche sur une litanie d'essais. Il est vrai que l'arbitre a été - c'est le moins qu'on puisse dire - très compréhensif avec les piliers scottish, si Super Nanny était encore de ce monde, plus d'une fois la pile écossaisse se serait fait tirer les oreilles et mis carrément au piquet.

Mais qu'a fait Parra de toute ces munitions ? Pas grand chose. Cusiter, nettement plus mal loti question gonfle, l'a surclassé. J'en viens à ma lubie : Durand. Par un simple théorème devant à la transitivité mathématique, n'ayons pas peur des mots, puisqu'on s'en paye, son absence de sélection viole les règles les plus élémentaires de la morale sportive et conséquemment de la morale tout court.

L'an passé à l'USAP, Durand avait un rude concurrent à la mélée, Cusiter donc, puis petit à petit, il s'est imposé à nouveau au point de l'envoyer sur le banc. Si Durand est meilleur que Cusiter, et si Cusiter est meilleur que Parra, au moins sur ce match là, Durand est meilleur que Parra !  Certes sur un match ce n'est pas significatif, mais au moins qu'on l'essaie.

Vaine et stérile intention, le Lièvre et son staff mettent un point d'honneur à prendre pour critère de choix du 9, un 9 qui bute, en cela ils marchent dans les pas, crottés, du tarnais Laporte. Travers bien français, que ne pratiquent pas, ou alors exceptionnellement les grandes nations du rugby, sachant que c'est au 10 que revient cette lourde autant que noble charge, ce qui nous ramène à Trinh-Duc et au vide sidéral qui entoure ses prestations.

Pour juger du reste, c'est-à-dire des gros, à la tâche ce samedi, on attendra un peu, comme on attendra France-Irlande pour vérifier le Théorème du Lièvre et sa bande : Jamais plus de deux (victoires) !

Garçon un troisième, c'est ma tournée...

 

 

Commentaires

Encore une belle analyse dans une belle prose. Cependant il aurait été souhaitable de revenir sur quelques faits intéressants et sur les bon côtés :
- Poitreneau : un véritable arrière qui a fait de belles relances (se rate sur une chandelle adverse à cause de ..... Ouedraogo ...)
- Détaillons davantage les 8 de devants : La première ligne (remplaçants compris) a eu une très belle tenue - Nallet défenseur au grand courage et Papé pas mal - Harinordoquy très bon, gratteur et reste debout sur chacunes de ses avancées - Dusautoir moins bon que d'habitude mais d'habitude il est ENORME donc là il fait un bon match

Et je garde le meilleur pour la fin (car je ne parlerais même pas de cette charnière qui ne sait pas ou sont les copains sur les passes, qui ne sait pas joué à la main, qui ne sait pas joué au pied, qui ne sait pas .... j'avais dit que je n'en parlais pas) : OUEDRAOGO qui lui ne sert à rien,
Que dire sur ce type ..... plus rien car je vais encore m'énerver ... VIREZ LE

Écrit par : Antoine | mardi, 09 février 2010

Belle analyse en effet mais trop à charge, des éléments positifs ne sont pas cités ( Domingo l'atomiseur, Jauzion le vaillant, Poitrenaud qui retourve des mains...)comme pour mieux noircir le tableau.
Mais il y a beaucoup de vérités et joliment dites.
Bastareaud, outre un bel essai, je l'ai trouvé mauvais. A un moment il s'est fait reculé de 5 mètres, il est perso, bref j'aime pas.
Où sont David, Fritz...

Écrit par : Fran | mardi, 09 février 2010

Dur propos. Pas vraiment justifier. Je suis pas d'accord avec toi. Et je pense que derrière Poitrenaud a fait un bon match, le meilleur depuis longtemps. Bastareaud est bon sur une ou deux actions, mais il est vaillant. Faute de génie on prend des génisses. Devant Harinordiquy a frôle le ridicule sur deux départs au ras. Ouedrago est bon pour Montpellier. Par contre énorme match du 5 de devant. Mas est sans doute le meilleur a son poste dans le monde en ce moment. Servat egalement. Mais bon en face c'était l'Ecosse. Faut relativiser.
Gros gros point noir la charnière mais la t'as déjà tout dit

Écrit par : Daube | jeudi, 11 février 2010

C´est très rigolo mais dans le domainde l´ironie froide, Lièvrenech est quand même meilleur:
"La possibilité de titulariser Julien Bonnaire en troisième ligne, en lieu et place de Fulgence Ouedraogo, avait été évoquée. Mais le staff a maintenu sa confiance au Montpelliérain, qui a réalisé "un excellent match" à Murrayfield selon Marc Lièvremont. "

Écrit par : Polycarpe | jeudi, 11 février 2010

Sympa merci pour cette article

Écrit par : Coupe du monde 2010 | mercredi, 03 mars 2010

Les commentaires sont fermés.

 
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