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samedi, 27 février 2010

En route vers le Grand Chlem avec le frein à main

Après l'AVC consécutif au passage des Blacks à Marseille, le XV de France est devenu hémiplégique. Seul le côté gros marche, le côté gazelle est dans la semoule.

Après ce Pays de Galles-France, la comparaison avec le Grand Béziers s'impose encore un peu plus avec un match gagné sur deux interceptions après un laminage en règle des gros. Après les écossais, les irlandais, le pack gallois va passer au marbre.

Si le supporteur des Bleus est aux anges avec Saint Marc, brisant pour la première fois la malédiction du jamais trois sans deux et passant enfin la troisième, mais roulant toujours avec le frein à main, l'amateur de beau jeu avait forcément l'âme galloise en ce vendredi soir.

Ecartant la plupart des ballons, ayant pour souci constant de faire vivre la gonfle, ne fléchissant jamais, les Gallois ont régalé l'oeil à la pupille ovale pendant près d'une heure. En face la France défaissait avec une belle constance les attaques galloises grâce à une défense d'airain, faisant preuve d'opportunisme et de réalisme au point de se demander si les Beefs avaient été peints en tricolore, la partie ressemblant à un France-Angleterre des années Carling, quand Swing low, swing chariot était devenu l'hymne du Parc. C'est dire si les Bleus sont sur les bons rails, Good game...

Pour la faire courte : le jeu était rouge, la victoire est bleue.

Au rayon des satisfactions :  maîtrise au ras du sol sur les mêlées qu'elles soient fermées, ouvertes ou bleues ; maîtrise dans les airs avec une excellent touche (Pierre et Bonnaire) ôtant par là même un argument aux Oueadrogués, qui voient en lui un seigneur des hautes atmosphères.

Avec une forte ossature jaunarde (5 sur 15), cette équipe plutôt éloignée de celle des test de l'automne et des débuts du Tournoi démontre à l'envi que les choix initiaux des sélectionneurs n'ont rien d'évident. Sans Oueadrogo, Rougerie, Chabal et Fall, l'équipe carbure avec la même constance, les mêmes forces et les mêmes faiblesses. Ce résulat est rendu possible grâce à l'important réservoir de joueurs pouvant prétendre au niveau international et à la qualité générale des affrontements en Top 14.

Toujours au rayon des satisfactions, une grosse solidarité malheureusement émaillée par une inquiétante dépressurisation mentale en deuxième mi-temps

Au rayon des lacunes franchement inquiétantes : l'animation offensive aussi faiblarde que le palpitant de Jeanne Calment.

En 80 minutes, jamais les Bleus n'ont approché, autrement que sur les deux interceptions, la ligne galloise. Jamais ils ne se sont installés dans les 22 adverses, ce qui est quand même un comble tant les phases de conquêtes furent dominées par les Bleus. S'il est vrai que la défense française a brisé la plupart des attaques galloises, jamais l'attaque tricolore n'a menacé la défense galloise.

Après avoir inventé avec Trinh Duc l'intermittent sans spectacle, le Lièvre vient d'inventer l'équipe à secousses, propulsée par un gros moteur à explosion mais sans personne (ou Trinh Duc, ce qui revient au même) aux commandes.

Enfin, l'arrogance et la suffisance de Para ont été un brin agaçantes, il faut dire que le gamin peut avoir de la gueule habitué qu'il est aux Huit majestueux. Sans vouloir corser les choses : "Pourvou que ça doure" comme le disait Maman Buonaparte.

Au final "gagner sans jouer, ne pas jouer par peur de perdre" telle est en résumé la tactique victorieuse des Bleus contre les Gallois.

Mais l'essentiel est sans doute ailleurs, il sec situe quelque part dans la future rencontre, après une opposition latine jouée d'avance, entre les Bleus et les Beefs qui donnera peut être l'occasion d'ajouter une nouvelle perle au collier de Grand Chlem tissé depuis... 1968.

Bonne bourre.

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