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lundi, 31 mai 2010

Clermont champion 2010 : des airs de sardanne chassés par la bourrée

ASM champion ! La formule a longtemps tenu de l'oxymore quand l'ASM défait en finale valait pléonasme.

Ce titre de la plus belle saison de Top 14 revient assez naturellement à la meilleure équipe de ces 4 dernières années.

Depuis 2006, comme Paris, Toulouse et Perpi, Clermont est devenu champion, mais l'ASM fait mieux que ces trois là, les Jaunards ont aligné les finales comme un druide les menhirs en Haute Auvergne.

Meilleure équipe depuis 2006, l'affirmation a de quoi rendre encore un peu plus humides les moustaches auvergnates.

Cette finale victorieuse est l'exact négatif de celle de l'an passé.

En 2009, l'ASM avait peur de gagner quand l'USAP n'avait rien à perdre.

En 2010, l'USAP avait peur de perdre quand l'ASM avait tout à gagner.

Une belle équipe, bien équilibrée dans ces lignes, emmenée par une charnière retrouvée a ainsi remporté l'honneur de faire sentir au bouclard le vivifiant air puydomois, de l'abreuver à la Volvic plus qu'à la Sémillante.

Les catalans cette fois-ci n'ont pas eu l'insolente réussite dont on tisse les rêves, mais à 9-13 en fin de première mi-temps ou en début de seconde, le Stade de France risquait davantage de chavirer sous les airs de sardane que de succomber à la bourrée.

Au final, la persistante lacune d'un ouvreur de niveau international à Pepignan a pesé lourd. A la différence des équipes pouvant prétendre au titre l'an passé et l'an prochain (ASM, Toulouse, Toulon, CO, Métro-racing), l'USAP ne posséde pas un 10 buteur régulier, animateur offensif, capable de faire avancer ses gros. Sans compter que le départ de Durand peut affaiblir l'USAP comme l'arrivée de Parra a renforcé l'ASM. En sens inverse, la capacité des Jaunards à digérer un titre qu'ils attendent depuis l'invention du jeu risque de peser lourd sur la saison prochaine, dont on est impatient de célébrer l'ouverture.

Enfin, qui vivra verra, en attendant le passionné de gonfle se reportera sur ce qui s'annonce comme une improbable tournée tricolore...

mercredi, 19 mai 2010

ASM-USAP : Retour vers le futur !

On prend (presque) les mêmes et on recommence...

Comme prévu la finale 2010 du Top 14 s'annonce comme le remake plein de promesses de la finale 2009.

Terme d'une belle saison de Top 14, la plus belle sans doute avec une demie ASM-Toulon des plus emballantes, l'heure est au bilan, que ne viendra pas troubler l'identité du vainqueur.

De quelques enseignements du Top 14 2009-2010 :

1. Du neuf avec du vieux

Comme on l'écrivait en début de saison "Parce qu'il faut bien se mouiller, le détenteur du Brennus 2010 sortira d'une autre triplette celle des finalistes 2008 et 2009 (ASM, Toulouse, USAP)".

Bien vu donc (vive l'autocongraluation), le rugby est un sport très particulier et conservateur en ce sens qu'il est très  difficile de bousculer les hiérarchies, au point qu'en 2011, un même pronostic peut s'imposer.

Formidable paradoxe de cette saison, marquée par de la nouveauté (Racing-Métro, Toulon et Castres) au prix d'importants moyens budgétaires pour certains, mais qui s'achève par un remake. Est-il justifié ?

2. Un  remake justifié ?

De toute évidence l'ASM et l'USAP méritaient d'être en finale au terme de cette saison.

La logique (USAP 1er et ASM 3ème) est presque respectée quand on se souvient que c'est sur le fil que Toulon leur a grillé la deuxième place

En demie, l'ASM a développé un jeu ambitieux grâce à un pack haut de gamme. Bien sûr les erreurs d'arbitrage existent mais elles n'enlèvent rien à la domination des jaunards qui ont été bousculés par des toulonnais attendant par deux fois d'être menés de 10 points pour envoyer du jeu...

Pour autant, l'idée selon laquelle le spectateur est condamné à des demies aussi fades et ternes qu'un albinos péroxydé a vécu.

L'enjeu qui tue le jeu, ce n'est pas une fatalité, merci d'en avoir apporté la plus éclatante des preuves !

L'USAP n'a jamais douté grâce elle aussi à un paquet d'une rare puissance, réhaussé par une grosse défense.

Là aussi la défaite des toulousains est largement imputable à une stratégie typiquement "petit bras" où Skrela montait chandelle sur chandelle. Comme illustration du jeu "à la toulousaine" on fait mieux.

Cette double confrontation n'a pas permis de lever totalement les doutes quant à la meilleure préparation possible due aux circonstances : enchaîner les matchs ou la grosse coupure ?

3. Enchaîner les matchs : bon ou pas bon pour être champion ?

La France du rugby était divisée à l'approche des demies : vaut-il mieux enchainer les matchs pour être au niveau au risque de manquer de fraîcheur ou au contraire rien ne vaut une pause de quelques semaines pour finir fort au risque de manquer de rythme ?

L'USAP a visiblement manqué de rythme en première mi-temps, le Stade a manqué d'intensité en seconde mi-temps.

L'ASM n'a pas paru émoussé de son "quart" avec le Métro, Toulon a fini fort.

Difficile donc de trancher, une chose est sûre : avec la nouvelle formule l'an prochain les mêmes questions se poseront et il y a gros à parier que l'enjeu des deux premières places donnera lieu à une grosse bataille entre les V12 du championnat..

En évitant un quart, même tranquille, le Stade aurait pu davantage envisager le doublé s'il avait fini dans les deux premiers. Avec des si..., si ma tante avait des roues ce serait un autobus...

4.  Remake ou make new ?

A quelques exceptions près (Para, Tchale-Watchou...) les acteurs de la finale seront les mêmes.

Est-ce à dire que l'issue en sera identique ?

Pas sûr.

Le petit Para a brillament gagné ses galons de cornaqueur de gros.

Mentalement les jaunards y sont et n'ont pas à endosser les lourdes fringues du favori comme l'an passé auréolés qu'ils étaient de leurs trois finales consécutives.

James n'est plus branque et a fait preuve d'un gros mental avec son drop foireux.

Leur point faible : Rougerie au centre, il monte comme un tambour sur des rails et  défend comme un vieux frigo qui prend les courants d'air.

Nalaga est devenu aussi inoffensif qu'un lapin nain castré.

Côté  Perpi, beaucoup de stabilité avec une plus grande maturité et un 5 de devant encore plus costaud.

Pour le faire court, ils sont plus forts que l'an passé. La confrontation Para-Durand prouvera sans doute qu'une place du second chez les Bleus ne relève pas de l'obsession monomaniaque.

La grosse interrogation  est tactique, Brunel va-t-il aller chercher les jaunards sur leurs points forts devant en reconduisant son pack de mammouths ou bien mettre une troisième ligne mobile (Chouly, Perez, Le Corvec, voire Britz)  pour contrer les jaunards qui jouent au large ?

De la réponse et de sa pertinence dépend le sort du match.

Autre interrogation, Porical est-il capable de sortir une grosse finale comme l'an passé, ou comme la demie contre le Stade ? En cas de réponse positive, un avenir en Bleu ne serait que mérité.

Une certitude malgré tout, on sait l'importance de l'arbitrage dans ses matchs de muerte, voilà deux matchs consécutifs qu'il est plutôt à l'avantage des jaunards, cela peut profiter aux catalans.

Au final en finale : léger avantage pour les jaunards qui ont un banc un peu plus rempli...

5. De l'importance de l'entraîneur

Depuis la belle réussite du Stade français à la charnière des années 1990-2000, avoir une équipe de mercenaires n'est plus l'insulte suprême.

Toulon, le Racing-Métro, Castres comptent dans leurs rangs de nombreux joueurs étrangers ou formés ailleurs, cela ne les pas empêchés d'avoir un esprit club. Dans la même situation, Brive ou Paris ont failli. cette saison. La différence : l'entraîneur.

Berbize, le Goret et le duo labitotraversant ont su créer un esprit de groupe, souder les combattants, donner une âme à leur équipe, bref  ils ont su bâtir une équipe de rugby. C'est à cela qu'ils doivent d'avoir réussi leur saison et c'est à cela qu'ils puisent de légitimes ambitions pour l'avenir.

6. Et demain ?

Que le ciel soit sang et or ou aux couleurs des michelins, peu importe, le champion 2010 sera un beau champion.

L'intensité de ce top 14, avec peu de matchs "lâchés" chez les petits  à la différence des années passées (il faut quand même insister sur le fait qu'Albi à gagner presque tous ces matchs à domicile contre des gros..) est le meilleur gage de réussite en H Cup.

A propos de H CUP : Allez Toulouse !!!

 

 

jeudi, 13 mai 2010

Top 14 : qui à Paris ?

Deux belles confrontations attendent l'amateur de gonfle. Deux matchs à l'ambiance étouffante, à couper au couteau pour une finale à Paris.

USAP-Toulouse

Novès chante partout qu'il va mettre la plupart de ses cadres au repos (Servat, Dusautoir, Kelleher, Jauzion...) contre l'armada usapiste.

Comme souvent avec la pleureuse des Sept deniers la tactique et l'intox ne sont jamais loin. Il reste qu'il est parfaitement justifié d'éviter de se griller pour une hypothétique finale alors que celle de la 4ème étoile tend les bras aux rouges et noirs.

Qu'à tout vouloir gagner ils peuvent tout perdre : aucun doute n'est permis là-dessus.

Deux inconnus feront pencher la bascule dans un sens ou l'autre : l'état d'esprit des quinze toulousains alignés ; l'état physique de catalans "au repos" depuis trois semaines.

Une chose est sûre : face a un CO qui décidément ne passe pas les gros, le Stade a déroulé un rugby de printemps sans puiser dans ses ressources.

Avantage Perpi qui joue à domicile à Montpellier

Toulon-Clermont

Clermont joue aussi quasiment à domicile à Sainté.

Plus de certitudes pour ce match. Le cinq toulonnais est loin d'avoir le rendement du cinq auvergnat, l'ASM depuis 4 ans est en demie et les gagne... Les jaunards ont clairement l'habitude de ces matchs. Cette expérience a manqué au Racing-Métro, elle manquera à Toulon.

Derrière les équipes sont à peu près égales en termes de puissance et de vitesse, léger avantage encore aux Jaunards qui tâtent ensemble depuis plusieurs années de la gonfle.

Pour équilibrer le tout en faveur des adeptes du pilou-pilou, il y a le joyau de la couronne de sa Majesté the Queen : Sir Wilko. Est-il capable en grand joueur qu'il est de tout faire basculer ?

Difficile à dire.

Plus facile à dire : en face cette branque de Brock est fragilisé depuis le Leinster. Son étoile risque d'être terne à côté de celle de Wilko.

Quoi qu'il en soit, on attend avec gourmandise le duel de coq Parra-Mignoni, qui pourrait tourner à l'avantage du second en raison de sa grande expérience.

Au final, le sort de la partie dépendra de la capacité des charnières suffisamment alimentées par les gros à peser sur l'orientation du jeu.

Parce qu'il faut bien se mouiller : USAP-ASM le remake de 2009

mardi, 11 mai 2010

Ils sont en demie, ils sont en demie, ils sont, ils sont...

La logique financière est une chose (en gros voir les 15 notes ci-dessous), la logique sportive heureusement une autre.

Inutile de dire qu'elle ici est respectée par des demies qui  voient s'affronter les quatres premiers du classement dans la configuration classique de l'an passé (1-4) (2-3).

D'autant plus respectée qu'on retrouve les trois grands favoris de ce début de saison et  des deux années passées : ASM, Toulouse, USAP.

Pour cette fin de saison 2009-2010 ça nous donne :

USAP-Stade  Toulon-ASM.

Trois des quatre plus gros budgets en demie, résultats et argent font bon ménage en Top 14.

Nous du moment qu'on voit du jeu, on boit des demis, on boit des demis, on boit, on boit...

dimanche, 09 mai 2010

Splendeur et misère en top 14 ; Sempre en davant !

Vente à la découpe : plusieurs de mes camarades de jeu qui sont aussi des lecteurs en ont ras le casque des notes aussi longues qu'un jour sans pet.

Dont acte...

Du diagnostic au pronostic, puisque c'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses : comptons ! Comptons, en attendant de connaître le futur détenteur du Brennus.

Pour bien compter un tableau instructif permettant de mieux mesurer les performances des uns et les contre-performance des autres.

Classement

Budget (en millions d'euros)

1. Perpignan

21 Toulouse

2. Toulon

21 Stade français

3. Clermont

19 Clermont

4. Toulouse

17 Toulon

5. Castres

16 Brive

6. Racing-Métro 92

15,9 Racing-Metro 92

7. Biarritz

14,4 Biarritz

8. Paris

13,4 Perpignan

9. Brive

13,1 Montpellier

10. Montpellier

12,4 Castres

11. Bourgoin

11,8 Bayonne

12. Montauban

10,3 Montauban

13. Bayonne

10,2 Bourgoin

14. Albi

8,7 Albi

Plusieurs constats imparables s'imposent :

1. Il y a bien un rugby de riches et de pauvres tant les écarts sont importants entre les budgets.

Ce rugby des riches et des pauvres ne recoupe pas exactement le rugby des villes et des champs mais il y ressemble beaucoup (tout en haut Toulouse et Paris, tout en bas Albi et Bourgoin)

2. Si un gros budget ne garantit pas un bon classement (Paris) un petit budget condamne au bas du classement (les 4 équipes au budget le plus faible occupent les 4 dernières places)

3. Tout comme les rebonds de la gonfle, une saine imprévisibilité demeure pour les places d'honneur, si bien que la logique sportive diffère de la logique financière. Précisément club par club, la relation classement budget demeure une excellent indicateur sportif.

A tout saigneur tout honneur :

Splendeur et misère en top 14 : Toulon

On doit la grosse perf de cette saison aux adeptes du pilou-pilou. L'amateur de gonfle ne peut que se réjouir du retour chez les "grands" de cette citadelle du rugby hexagonal même si précisément le recrutement fut tout sauf hexagonal, perdant même au passage l'intenable Andreu au bénéfice du CO. Deuxième avec le quatrième budget quand même, l'accessit toulonnais pourrait être relativisé mais on a trop souvent vu tant d'équipes blindés de fric finir en queue de peloton qu'il faut sans doute mettre au crédit du goret cette place en haut de l'affiche.

Saint André et son staff ont eu le grand mérite de transformer un assemblage de joueurs de multiples nationalités n'ayant pour seule langue commune la gonfle en équipe revancharde au moral aussi profond que la rade. Avec des maitres à jouer comme Wilko et Contepomi associés à des dynamiteurs comme Kefu et Williams, le erecété peut faire mal. Il lui manque quand même un fond de jeu ayant longtemps mariné et un cinq de devant lui permettant de rivaliser avec les grosses cylindrées (Clermont, Toulouse, Usap).

Splendeur et misère en top 14 : USAP

Avec un budget proche du 10ème Montpellier, l'USAP réalise l'exploit de finir deux saisons régulières consécutives en tête du Top 14. Les "catalans" démontrent non seulement que le titre 2009 n'a rien d'usurpé mais surtout qu'ils sont les grands favoris des phases finales, avec pour rivaux des Auvergnants mentalement fragilisés et des Toulousains probablement émoussés et la réjouissante perspective d'une chaude demi-finale à "domicile" à Montpellier.

La performance exceptionnelle de l'USAP est masquée par le relatif dédain dans lequel les "grands médias" le confine. Paris par ici, Toulouse et le BO par là, à la bourse frelatée des valeurs médiatiques la côte de l'USAP grimpe péniblement...

La belle saison de l'USAP, entachée par la Comedia dell arte de Trevise, est due à la stabilité d'un effectif composé de joueurs du cru (Schuster, Guirado, Olibeau, Perez, Mélé, Marty, Sid, Planté, Porical...), d'un recrutement avisé (Tchale Watchou), d'un pack de fer roi des ballons portés et de la présence d'un joyau dans les lignes arrières, créateur d'espace dans une cabine teléphonique : Mermoz. Ajoutez à cela la grinta catalane et un Brunel au sommet de son art, voilà quelques uns des traits qui dessinent un champion. Manque au tableau un demi d'ouverture digne de ce nom et un peu de choune à l'heure du jugement dernier.

Splendeur et misère en top 14 : ASM

Les Auvergnats c'est connu sont gens sérieux et parcimonieux, 3ème place pour le 3 ème budget, un sou est un sou vindiou !

Le triple finaliste est bien parti pour une nouvelle finale au terme d'un saison brillante injustement obscurcie par la courte élimination en H cup face au Leinster. Equipe offrant le plus de jeu avec l'USAP, l'ASM a cru jusqu'à la fin pouvoir occuper une mérité deuxième place. Ses forces sont connues, le monstre jaune et bleu à 16 pattes, une excellente animation offensive, d'excellents finisseurs, Malzieu, Nalaga et... Rougerie avec d'autres points forts : son entraineur et Brocke James mais aussi des points faibles : son entraineur et Brocke James.

Le premier peine à changer de stratégie en court de match (ce que savent remarquablement faire les toulousains), habité et obsédé par le jeu qu'il a voulu mettre en place, il s'obstine quand le second est dans l'incapacité de peser sur les rencontres comme il le fait habituellement (sauf à Bordeaux l'an passé face au Stade)

Un  remake de la finale de l'an passé avec une issue inverse, c'est tout le bonheur que l'on souhaite aux jaunards, ne serait-ce que pour croiser à nouveau de belles moustaches. A chaque déplacement de l'ASM on se croirait dans un festival de Marx brothers habillés par Bricorama...

Splendeur et misère en top 14 : O Toulouse

Le grand Toulouse est là et bien seul, sur les rives de la Garonne, chacun s'enorgueillit d'appartenir à la cité toujours en course sur les deux tableaux : Brennus et H cup. De toute évidence c'est la marque des grands clubs et en tout cas du plus grand club par le palmarès aussi bien national qu'européen mais aussi par le budget.  L'ambition du Stade à jouer sur les tableaux rend parfaitement légitime le fait que depuis plusieurs années, il présente le premier budget de France. Là où le Stade prète le flanc à la critique c'est clairement au niveau de la qualité du jeu développé. Nombreux sont ceux à être rentrés d'Ernest Wallon ou du Stadium avec un coût d'inachevé dans la bouche qui ne droit rien au prix prohibitif auquel la mousse se vend.

La physionomie des matchs du Stade est le plus souvent la suivante : 20 premières minutes de feu, menées à 100 à l'heure, puis petit à petit, ça s'étiole, la machine rouge et noir ronronne, mais finit, presque étonnament, par gagner tel un rouleau compresseur.

A l'heure des phases finales, on aimerait voir un rouleau compresseur un peu plus débridé. Perspective plutôt improbable étant donné l'enchaînement terrible des matchs couperets.

On ne va tout de même pas pleurer avec Novès, le Stade a des soucis de riches et après tout c'est bien normal !

Les points forts du Stade sont connus, ce n'est pas le jeu à la toulousaine, dont l'ombre porté brouille l'analyse, il est fini le temps où selon Villepreux, ce jeu consistait par  "la passe à mettre son partenaire dans la meilleure position possible", c'est une grosse conquête en touche et et en mélée, un accélérateur de particules en la personne de Kelleher (la nature est bien faite, vu qu'il cotoie un exceptionnel ralentisseur de particules en la personne de Skrela), une grande rigueur défensive une paire de centre solide en défense et puissante en attaque, de gros finisseurs (Clerc, Heymans, Médard) et le meilleur relanceur du top 14 : Poitrenaud. Du côté des points faibles, assez paradoxalement pour les mordus du jeu à la toulousaine, il s'agit d'un certain manque d'imagination offensive.

Splendeur et misère en top 14 : le CO

Le CO comme on le supputait n'est pas resté longtemps tout en haut, il réussit incontestablement sa saison en prenant cette cinquième place avec un budget légèrement supérieur à Bayonne, l'avant dernier.

Les clés du succès du CO sont connus, on prend le meilleur de Montauban : son duo d'entraineur, ses joueurs clés, son sponsor et avec deux clubs moyens ont fait un bon club.

C'est un peu sévère, de toute évidence à la manière du goret, le tandem Traversolabitesque ou Labitotraversant a su donner une âme à cette équipe composée de pas mal de joueurs étrangers, magnifiquement incarnée par Andreu le lutin flamboyant, le métronome Teulet et l'énorme Masoe.

Seulement face aux ténors, le CO n'était pas très loin certes, mais il n'y était pas que ce soit à l'extérieur (ASM, Toulouse) ou chez lui (USAP). Seuls (je sais, ça fait toujours bizarre seul au pluriel)  un Stade au bout du rouleau combinés à une grosse envie des tarnais d'en découdre au Stadium peut les qualifier au terme d'une fausse demie aux allures de derby. Après viendra le temps de l'USAP, jamais la montagne noire sera plus haute que le Canigou.

Splendeur et misère en top 14 : Racing-Métro

La nouvelle formule du Top 14 permet à un promu d'envisager la perspective de rentrer dans le dernier carré selon Euclide, ce qui est unique dans la courte histoire de la compétition. Cette performance unique donc mérite elle aussi d'être rapportée à sa juste proportion financière, d'un point de vue bêtement comptable, avec le 6ème bugdet, le Racing ne fait que remplir le contrat avec une sixième place et sans la dernière charge chablesque contre le BO, les bleus et blancs pas de l'Aviron bayonnais auraient au fond connu une saison mi-figue mi-raisin en n'étant pas qualifiés tant ils furent longtemps présents dans les six premiers.

Cette approche a le tort de faire peu de cas du beau travail accompli par le Little Big Man du Racing : Berbize.

Berbize a su révéler quelques espoirs du rugby français, mais surtout à l'imitation du goret dont il fit un capitaine du XV de France, il a par sa science du jeu et des hommes transformé un attelage hétéroclite formé de mercenaires, de joueurs sur le retour, d'hommes sandwichs, de parisiens revanchards et de suds africains chevelus en équipe ne doutant de rien et surtout pas de renverser les montagnes du Top 14.

Cette volonté suffira-t-elle à dompter les volcans ? Rien n'est moins sûr, faire douter les jaunards et le Michelin pourra suffire à leur honneur. Quoi qu'il en soit, Chabal vendra chèrement son scalp.

Au terme de ce diagnostic il faut se risquer à un pronostic.

Bien malin qui pourra dire qui sera le champion 2010, même si le coeur et la raison conduisent les regards du côté du canigou, juste en dessous en gauche.

Au final, de cette mise en relation entre le classement et le budget une cinglante performance : celle de l'USAP, toujours devant et une non moins cinglante contre-performance celle de Paris.

To be continued...

 

Splendeur et misère en top 14 : le BO

Le BO comme le CO et le Racing aime l'implacable logique des chiffres, 7ème avec le septième budget, le BO ne fait plus peur. Après un début de saison difficile, une défaite inaugurale face au CO, comme un passage de témoin, la constellation du BO pâlit d'année en année. Beaucoup de blessés, d'approximation dans le jeu aussi en sont les principales causes. Ayant construit ses victoires sur une défense intraitable, le BO n'est plus celui du BO Serge.

Le BO a perdu la plupart de ses vieux guerriers (Betsen, Couzinet...) et avec eux son âme forgée à l'ombre de la Rhune dans le fracas des rouleaux. Si le BO a parfois brillé  cette saison de ses ancieux feux  c'est davantage en H Cup qu'en Top 14.

La descente de l'Aviron aurait pu mettre du baume au coeur des "supporteurs" biarrots, qui devraient cependant plutôt que se réjouir des difficultés sportives et extra-sportives de leur voisin davantage se préoccuper de l'avenir et songer que depuis trois saisons le BO n'est pas qualifié pour les phases finales.

Que le titre de 2006 et la raclée infligée à Toulouse doit sembler loin sur la côte des Basques.

Splendeur et misère en top 14 : Brive

Les coujous (citrouilles en patois haut corrézien) ont désormais l'habitude de débuts de saisons chaotiques et de fins menées tambour battant. Cette fois-ci ils échouent de peu à se qualifier pour la H Cup.

A la vérité on doit de dire que cette frénésie briviste est quelque peu risible. Déjà l'an passé, les coujous avaient sué sang et eau, soulevé ciel et terre (j'en ai d'autres en stock) pour finir en H Cup, pour au bout du compte prendre une pilée dans cette compétition. Les moyens financiers qu'apporte la H Cup n'est pas étrangère à cette tendance.

Les sous, parlons-en, il est vrai que 9ème avec le cinquième budget (pas mal pour une sous-préfecture du désert français), le moins que l'on puisse dire est que Brive n'a pas réussi sa saison.

Avec là aussi des circonstances extra-sportives pénibles, une floppée d'étrangers parfois bien étranges quant au rendement sur le terrain, un renouvellement important des lignes arrières, le CABC a été à la peine, ils possédent pourtant une des meilleures troisièmes lignes du circuit.

Petit parmi les gros et un gros parmi les petits telle est la croix, parfois lourde à porter du CABC.

La grosse misère du Top 14 : Montpellier

Equipe à la mode avec des joueurs dans le vent, Montpellier agace.

Garder ses humeurs est mauvais pour la santé, lâchons les chiens.

Pour commencer Montpellier, ville aussi crasseuse que Perpignan, mais à la réputation plus branchée et cool, abrite un club au budget comparable à celui de l'USAP avec des résultats sportifs dignes de Bourgoin ou Montauban aux moyens nettement plus étriqués.

Malgré cette dure réalité, Montpellier est parfois présenté comme la dernière petite merveille du rugby hexagonal. Dans l'Hérault, le rugby il est dans la sous-préfecture à Béziers et dans les villages, pas dans cette prétentieuse préfecture, qui veut péter plus haut que Toulouse.

Ensuite, moins que l'USAP, Toulouse, Clermont  ou Bourgoin et pas plus que Montauban et Bayonne, Montpellier n'est ce club formateur fournissant à l'équipe première son ossature. Pour ne prendre que les trois-quarts toulousains La miche, Médard et Poitrenaud ont été formés au Stade, personne ne peut en dire autant de Montpellier, sans compter qu'à Pic Saint Loup on ne produit que de la piquette qui ne vaut pas la négrette.

Enfin, certains aussi ignorants du jeu, des joueurs et du rugby en général ont parfois présenté par le passé  Oueadrogo, Picamoles, Tomas et l'inénarrable Trinh Duc comme les 4 "fantastiques". La folie a même gagné les rangs tricolores puisque tous ont porté ou portent la tunique frappée du coq. C'est plutôt les "4 en plastiques".

Rendez-vous compte que si ces 4 là étaient aussi fantastiques que cela l'an passé, Montpellier n'aurait pas fini dans les profondeurs du classement. Cette saison, si la triplette restante était aussi brillante que cela, peut-on raisonnablement penser que le club avec un budget confortable lutterait péniblement pour le maintien.

Billevesées que tout cela.

Montpellier c'est comme Trinh Duc (j'avais promis d'y revenir, promesse tenue), c'est du flan.

De la même manière que le club est hasardeusement et faussement présenté comme la pépite des clubs formateurs, le joueur est lui présenté comme la merveille des ouvreurs tricolores.

S'il est difficile et risqué de mettre à ce poste un 10 incontestable en Bleu, il est facile et certain d'affirmer qu'à l'exception notable de l'USAP, Trinh Duc essuierait le banc dans tous les clubs qualifiés pour la H Cup, il serait également sur le banc à Paris (Beauxis, dont la longueur et la précision au pied est précieuse), au BO et même à Bayonne, Brive et à Bourgoin (Boyer y serait sans aucun doute préféré).

Il n'y a guère qu'a Montauban et Albi (les deux relégués) qu'il ferait un titulaire indiscutable.

Pourtant tel est son statut en équipe de France.

J'ignore s'il restera à Montpellier, mais s'il veut continuer à jouer, je lui conseille d'y rester ou alors il connaitra le sort d'autres avant lui qui ont quitté une place de titulaire pour une place de remplaçant dans un club plus huppé. La sagesse antique a une formule pour cela : lâcher la proie pour l'ombre.

Attention raisonnement imparable : de deux choses l'une, soit Trinh Duc reste à Montpellier auquel cas la preuve est rapportée qu'il s'agit bien d'un type complètement surestimé puisqu'on voit mal un grand club se priver de recruter cet ouvreur que le monde nous envie ; soit  il va dans un grand club, comme son statut d'international l'exige et dans ce cas, l'escroquerie du Lièvre (il y avait longtemps, je sais je ne peux pas m'empêcher et en plus j'ai fini mes cachets) apparaîtra au grand jour puisqu'il y fera banquette.

Le Montpellier du rugby et à l'image de ses plages : du toc et du clinquant.

Le seul truc de vraiment cool à Montpellier c'est ce fou furieux de Rémi Gaillard, qui a transformé la ville en gigantesque terrain de jeu...

Splendeur et misère en top 14 : Montauban

Montauban

Dans la situation d'Albi il y a une paire de saisons, Montauban va se retrouver en Pro D2 en raison de ressources financières insuffissantes  alors que sportivement, le club finit la tête haute et peut se regarder dans le miroir tâché et acheté à crédit du vestiaire.

Sur le plan sportif, la saison du MTG XV s'annonçait pénible, dépossédés de ses meilleurs joueurs, de son duo de coach, l'ambiance à Sapiac risquait de s'en souffrir devant un public aussi chauvin qu'à Albi. Il est vrai qu'à la campagne les distractions sont rares une fois le petit dernier parti à Purpan pour faire agro et la Marguerite ne peut pas véler tous les quatre matins pour meubler les discussions des longues soirées d'hiver.

Le MTG XV va devoir maintenant éviter un destin à la tarnaise, depuis sa rétrogradation financière Albi est condamné au mieux à faire l'ascenceur au pire à la Pro D2.

Il reste que le Bourgoin tarn et garonnais depuis son titre de champion de Pro D2 en 2006 avait gagné sa place en TOP 14, le rugby des champs n'étant pas qu'une vision de l'esprit.

Avec la rétrogadation financière de Montauban, du coup la Matmut elle assure pas trop...

Splendeur et misère en top 14 : Bourgoin

La citadelle du rugby isérois a résisté et se maintient dans l'élite des clubs français. La Berjallie respire...

Le rugby de village a encore de beaux jours devant lui, les joueurs et le staff ont puisé match après match dans leurs ressources pour assurer le maintien. Les vertus morales et guerrières du collectif berjallien font honneur au rugby. Immense respect pour le CSBJ !

En dépit des difficultés de début de saison quant à la qualification de nombreux joueurs (7 de mémoire), des lancinants problèmes financiers, l'ASBJ est le  témoin rassurant d'une époque révolue tout en restant en phase avec les exigences du temps présent et pour cette seule raison, c'est avec bonheur qu'on attends de revoir les isérois intraitables.

En attendant on peut voir un Coeur en Isère voyage émouvant au bout de l'âme berjallienne.

 

Au terme de cette saison régulière d'un niveau relevé, le diagnostic posé en début de saison débouche sur un excellent pronostic puisqu'on pouvait lire, toujours ici même, "Dans ces conditions, c'est plutôt fastoche de désigner les 2 relégables, il suffit de piocher dans la triplette Montauban, Bourgoin ou Albi". De fait pour des raisons sportives Albi retrouvera la rugueuse Pro D2 ainsi que Montauban pour des raisons financières.

Splendeur et misère en top 14 : Bayonne

Sur la Nive et sur l'Adour, il est loin le Bayonne de nos amours.

Affichant haut et fort de grandes ambitions en début de saison, annonçant toujours aussi fortement de vrais-faux recrutements de joueurs célèbres et célébrés et pratiquant un jeu plaisant et enlevé, les "basques" avaient tout de l'épouvantail. Avec un budget comparable à Castres, l'Aviron aurait pu occuper sa place, mais il finit sans gloire avant-dernier. La proximité financière entre les deux budgets est trompeuse, la qualité de l'effectif castrais étant nettement supérieure à celle des bayonnais.

Pour autant, ça aurait pu marcher, l'Aviron a une bonne image, c'est un club qui fait parler de lui, à la vie plutôt agité et un brin paranoïaque, voyant la main de Blanco partout, sauf peut être dans la culotte du zouave. Paradoxe du rugby basque où le brillant et le bruyant sont traditionnellement à Biarritz quand les vrais valeurs de l'etxe familiale gravitent autour de Saint Léon et de la citadelle.

Pour faire court comme un pilier basque, l'Aviron a eu les yeux plus gros que le ventre, mais on peut comprendre qu'il n'est pas facile d'exister à l'ombre du grand voisin biarrot. Marié à Saint Jean de Luz, Louis XIV avait dit-on pour devise "Diviser pour régner", il semblerait que le rugby basque l'ait fait sienne.

L'Aviron a senti le souffle de la relégation sur sa nuque, forcément à un moment ou l'autre, le vent va tourner.

Splendeur et misère en top 14

Rien sur Albi.

Dernier budget, dernière place, la logique financière est cruellement respectée.

Avec 4 victoires, certes contre des gros (BO, USAP et Paris), les abeilles tarnaises ne pouvaient se maintenir, perdant leur venin à domicile, tout le monde où presque ayant gagné au stadium albigeois, y compris Montpellier, c'est dire.

Condamné très tôt à descendre, ayant perdu encore plus tôt l'espoir du maintien, Albi fait le grand écart entre les deux niveaux et naturellement finit par se pèter les adducteurs.

Un peu à l'image de Brive à l'échelon inférieur, Albi est un gros en Pro D2 et un petit en Top 14, il va lui être difficile de grandir.

En tout cas si les albigeois attendent en Pro D2 l'éventualité d'un alléchant derby ruthénois, ils vont y rester longtemps.

Splendeur et misère en top 14 : to conclude

Pour conclure (parce qu'il faut bien conclure comme aime à le répéter Jean-Claude Dusse), les saisons précédentes, on avait pour faire simple le club des Cinq loin devant un ventre mou composé toujours des mêmes, Bourgoin,  Brive, Castres... et loin derrière des "petits" condamnés avant même que le championnat ne débute, "petits" souvent montés de Pro D2.

Cette saison on a la figure moins heurtée d'un escalier avec de nombreuses marches et peu d'écart entre elles.

Tout ce que l'on souhaite c'est qu'il en aille ainsi l'an prochain, la montée d'Agen, ce grand de l'ovale, est en ce sens plutôt rassurante, quant à l'autre promu, on peut d'ores et déjà annoncer qu'il sera l'Albi de la saison 2010-2011.

Quelle que soit la physionomie demain de la saison prochaine, ou aujourd'hui des phases finales, l'espace parfois est bien mince entre une saison réussie ou gâchée.

Il tient à un rebond capricieux, un drop raté ou réussi, un poteau rentrant ou sortant, un carton trop promptement distribué, une faute oubliée ou inventée.

Glorieuse autant que funeste incertitude du jeu de rugby : bien plus qu'un sport.

dimanche, 02 mai 2010

No scrum, no win : Toulouse 26-Leinster 16 BO 18-Munster 7

No scrum, no win.

La formule anglaise mériterait d'être hissée au rang de théorème tant elle constitue le principal angle d'analyse à l'issue des deux demies-finales franco-irlandaises.

Si bien que la H Cup a ceci de supérieur à un complexe Top 14 : susciter de brèves notes !

Ca va pas durer...

 

 
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