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vendredi, 12 novembre 2010

En attendant France-Fidji : en novembre couvre ton membre...(2)

Une ligne de trois-quart composée de garçons coiffeurs échappés du rayon farces et attrapes d'un magasin de bricolage.

Pour ce premier test face aux fantasques fidjiens, le Lièvre et sont staff ne déçoivent pas :

Le XV de départ: Ducalcon, Guirado, Schuster - Thion, Millo-Chluski - Ouedraogo, Harinordoquy (cap.), Lapandry - Yachvili, Traille - Arias, Marty, Estebanez, Médard - Porical. Remplaçants: Noirot, Domingo, Pierre, Chabal, Parra, Skrela, Palisson.

Du côté fidjien une forte représentation (6) topquatorzesque :

Le XV fidjien : Ligairi (La Rochelle) ; Nakelevuqi, Vulivuli (Toulon), Rabeni (La Rochelle), Nalaga (ASM) ; (o) Baï (CO), (m) Kenatale ; Qera, Koyamaibole, Naevo ; Qovu (Racing), Lewaravu ; Manu (cap), Tuapati, Dewes.

La simple lecture de la compo française nous renseigne sur les intentions du Lièvre et de son staff : on va y aller mollo !

Sans prendre les hommes du Pacifique pour des trompettes, le Lièvre n'a pas bâti une équipe pour les tempêtes, on reste, comme depuis deux ans déjà dans l'expérimental, dans le mitigé avec vent mollissant.

Une première ligne inédite offrant peu de garanties, le retour de l'immarcescible Thion en seconde pompe, une troisième ligne coureuse et sauteuse, une fausse charnière biarrote et pour finir une ligne de trois-quart composée de garçons coiffeurs échappés du rayon farces et attrapes d'un magasin de bricolage. Face à la lourde et puissante cavalerie fidjienne, ça risque de coincer au niveau des articulations.

C'est évidemment là que le bat blesse.

Depuis qu'il s'est subitement retrouvé avec une équipe de France à piloter, le commandant de bord, débordé comme son équipage, a paumé sa feuille de route concernant les trois-quarts.

La liste des joueurs retenus pour cette tournée d'automne à la maison éclaire sombrement les incertitudes tricolores.

L'encadrement tricolore a sélectionné 14 arrières :

Morgan Parra (Clermont), Dimitri Yachvili (Biarritz), Damien Traille (Biarritz), David Skrela (Stade Toulousain), Fabrice Estebanez (Brive), Yannick Jauzion (Stade Toulousain), David Marty (Perpignan), Aurélien Rougerie (Clermont), Marc Andreu (Castres), Julien Arias (Stade Français), Yoann Huget (Bayonne), Maxime Médard (Stade Toulousain), Alexis Palisson (Brive), Jérôme Porical (Perpignan)

A la charnière, ça fait cher de la fourchette, alors que Dupuy apparaissait il y a un an comme le n° 1 à la mélée, selon l'adage bien connu : "Qui va à la chasse perd sa place", le prototype du 9 éjecteur-buteur est en rade. Yachvili a le vent en poupe, il est de loin le meilleur, par son animation offensive, sa vista, son vice.

Le petit Para fait le malin parce qu'il est derrière un pack de golgoth, mais quand le vent tourne il est aux abonnés absents, reconnaissons-lui cependant un réel  courage en défense, mais bon, il y a aussi des troisième lattes pour ça, c'est pas la qualité première que l'on attend d'un neuf.

A l'ouverture, l'agacement montait, Trinh Duc hélas, trois fois hélas, était retenu, puis blessé ce fut le tour de Wisniewski, lequel blessé à son tour ouvrait la voie à Skrela.

Jouer à l'ouverture, poste clé par excellence quand on est le troisième ou quatrième choix n'est pas de nature à remplir l'officiant - quel qu'il soit - de confiance.

Le choix fait par le Lièvre éclaire sur la hiérarchie du moment, Traille est en seconde position.

On touche ici du doigt la faillite du staff, l'obstination à faire de Trinh Duc un titulaire indiscutable a asséché le réservoir au poste. Avec le retour de Traille les errements laportiens sont remis au mauvais goût du jour :

1. Traille ne rejoue que depuis quelques semaines

2. Traille ne rejoue que depuis quelques semaines au centre

3. Traille est sélectionné à l'ouverture.

De toute évidence Traille n'est pas un 10 et encore moins le 10 en forme du moment.

Pour le trouver, ce n'est pas vraiment la peine d'aller chercher bien loin, Skrela fait un excellent début de saison dans l'équipe en forme du moment et sans doute encore pour longtemps et au moins depuis le milieu des années 90 : Toulouse !

La forme du moment justement parlons-en. Il est clair qu'Arias, Huget, Médard et Porical entrent dans la catégorie des gonzes en forme. Si cette logique à courte vue n'est pas très fructueuse en vue de la Coupe du Monde dedanzenan elle à ses défenseurs.

Mais alors que dire des sélections d'Estebanez, Marty et Palisson ?

Les deux coujous évoluent dans une équipe au fond du seau, le catalan est orphelin de l'aérien Mermoz.

Et puis, il y a le cas Rougerie. Il faudrait expliquer au Lièvre que si Cotter l'a placé au centre de l'attaque auvergnate, c'est pour ne pas se séparer de son capitaine emblématique-auvergnat-formé-à-l'ASM alors qu'il n'a plus sa place à l'aile; Malzieu et Nalaga sont devant. Le changement ne se fait pas sans risque, Rougerie, coffre à ballon à l'aile dans le genre illustré au centre par Marty, ne possède pas à la différence de ce dernier de grosses qualités défensives. C'est même l'inverse. En finale en 2009 face à l'USAP, l'essai de la défaite est pour lui, en demi-finale en 2010, presque rebelote, il monte comme un tambour, Contepomi l'amuse et tout ça finit par un autre essai à la clé.

Du coup évidemment c'est un peu con de reprendre l'astuce du pays moustachu chez les Bleus de France. Toujours influencé par le laportisme délétère, le Lièvre continue avec Traille et Rougerie de violer la sainte règle du rugby professionnel en vertu duquel à chaque poste en équipe de France doit évoluer un spécialiste du poste en club.

Il a fini par le comprendre avec Chabal après l'implacable démonstration infligée par le professeur Berbizier, il continue de l'oublier pour Rougerie et les autres.

Les accents Laportiens sont décidemment entêtants : le retour simultanée de trois vieilles gloires biarrotes chez les Bleus (Thion, Traille et Yachvili) laisse une pénible impression de déjà vu.

Et puis il y a les grands oubliés : Bastareaud, Poitrenaud, Malzieu. Si le premier n'est pas très étincellant qui peut prétendre qu'un type comme Estabanez ou Rougerie représente mieux que lui l'avenir au centre. Durant le dernier Tournoi on avait cru comprendre qu'enfin une paire se dessinait, comme aiment à la dire les nymphos, Bastareaud-Jauzion. Comment peut-on avoir l'ambition de créer d'indispensables automatismes dans ces conditions ?

Quant à Poitrenaud, pour le coup, aussi à l'aise au centre qu'à l'arrière il présente de bonnes garanties du point de vue de la polyvalence, si chère au coeur de nos compères, en vertu de laquelle ils retiennent Estebanez, il va devoir regarder les matchs à la maison. C'est d'autant plus incompréhensible que depuis le début de la saison il illumine par son jeu la ligne toulousaine.

Pour finir Malzieu, c'est l'un des rares à être resté à niveau à l'ASM, avec ce tempérament de battant, faisant de chaque balle touchée en bout de ligne un pur moment de révolte capable de faire chavirer le ciel.

Il est temps de redescendre sur terre, on sera sans doute nombreux à s'emmerder à crédit samedi en fin d'après-midi devant un bel écran plat renfermant un morne France-Fidji.

 

16:08 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

il manque le cas HUGET retenue et partie avec les 7 cadre cela rytme à quoi ?

ton annalyse toujours aussi fine , pour Thion c est incompreensible il a toujours été mauvais ces le seul mec balon en main qui se retrouve en un quart de seconde à terre

a plus

Écrit par : killy | samedi, 13 novembre 2010

Les Kiwis ont inventé le 5/8e, nous on fait jouer 10 des 12...

Écrit par : GigotHaricot | dimanche, 14 novembre 2010

Je c pas comment vous arrivés a manger du lapin ou du lièvre...

Écrit par : Julie | samedi, 04 janvier 2014

Les commentaires sont fermés.

 
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