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mercredi, 06 avril 2011

Tournoi 2011 : pour solde de tout compte

Si le retour du quotidien sous la forme du Top 14 nous distrait de l'essentiel, l'équipe de France, il est temps de solder les quelques espérances restant à l'amateur du ballon pas rond.

Pour taire ou masquer les insuffisances tricolores est souvent mis en avant le potentiel de l'équipe de France, le potentiel du rugby français, bref la perspective de jours meilleurs pour oublier le sombre temps présent.

Sans remonter au temps du camphre et de l'arnican, depuis la finale perdue de 1999, régulièrement la ficelle ressort. Or, le probème du potentiel n'est pas tant qu'il soit potentiel , c'est-à-dire qu'il relève d'un futur possible mais jamais certain à la différence du lendemain de bamboche qui affiche la certitude du casque à pointe, mais qu'il n'existe pas. De toute façon à un moment donné le potentiel est de l'ordre de la preuve ou n'est pas.

Pour l'équipe de France il n'est pas.

Potentiel des joueurs, allons-y gaiement : a-t-on les meilleurs au niveau international ?

Un bref retour sur le Tournoi apprend le contraire.

En tronche, la démonstration n'est pas la plus facile, mais quoi qu'il en soit, il est évident que la blessure de Domingo, diminue encore un peu plus les chances de bien figurer à la Coupe du Monde.

A la pile Sheridan, Castrogiovanni, voire Lo Cicero valent un Mas ou un Domingo. Au talon, si Servat est devant, Hartley (Angleterre) ou Rees (pays de Galles) ne manquent pas de gaz.

En seconde pompe, j'en connais beaucoup qui échangeraient deux paquets de l'attelage Pierre-Nallet contre la paire irlandaise O'Connel-O'Gallaghan (énorme contre les Beefs), sans compter cet écossais à la tignasse rivesque : Gray, produit de synthèse qui a inventé le poste de deuxième ligne centre.

En troisième latte, Dusautoir, par ci, Dusautoir par là, le Black Destroyer comme on dit en langage Beef, serait de toutes les sélections européennes, oui, mais sauf, qu'en capitaine, O'Connel, Moody sont des leaders d'une autre trempe.

L'équipe de France nous refait le coup de la panne du leader.

Pour les deux autres servants, y a pas photo, l'irlandais Easlip ou l'anglais Easter ont un profil équilibré, mélange d'Harinordoquy pour assurer la continuité du jeu et de puissance à la Chabal ; Picachou quels que soient ses mérites n'a pas l'aisance ballon en mains des deux. Quant à Parisse, c'est bien simple, il est carrément dans la catégorie au-dessus.

Sur les bordures du pack, la puissance d'Haskell, l'activité de Wallace ou de Wood mettent au frigo leur alter ego français (petite réserve pour Bonnaire quand même)

Avec 2 ou 3 français dans le pack qui se ferait de mieux dans l'hémisphère nord, le potentiel est une vaste blague du genre quelle différence entre un tsunami et un pastis : aucune, plus il y a d'eau, moins il y a de jaune...

A la charnière, Phillips est devant Parra, le jeune Youngs devant Philips, au mieux notre petit coq tricolore serait un troisième choix.

A l'ouverture c'est bien simple, Trinh-Duc serait sur le banc de toutes les équipes sauf la transalpine. Pas un seul type censé au point de comprendre que la ligne des 22 est moins éloignée de l'en-but que celle des 10 ne titulariserait notre quart d'ouverture national, devant Flood, Wilko, Hook, Sexton, O'Gara, Parks. En somme  Trinh-Duc est doublement chatard 1- c'est un frenchie 2-le Lièvre est aux commandes, sans cela il ferait banquette en Ecosse et au Pays de Galles et serait lui aussi un troisième choix chez les Beefs et les Irlandais.

La conclusion est simple, l'équipe de France possède une charnière de troisième zone dans "un Tournoi de seconde division", dixit le Lièvre, qui ne dit pas donc que des conneries.

Derrière on va la faire courte, par leur complémentarité les centres irlandais Darcy et O'Driscoll boucheraient l'horizon à tous les prétendants au poste. Canale, le frigo américain Tindall, le gallois Roberts, voire son compatriote Davies, valent mieux que nos moulins à vent Traille, Jauzion ou que nos coffres à ballons Marty-Rougerie.

Au fond, il n'y a guère que dans le triangle offensif  où nos petits français tirent leur épingle du jeu. Clerc, Médard et l'injustement oublié Malzieu peuvent nourrir l'ambition de faire autre chose que de la figuration.

Il reste que la concurrence est rude aux ailes Evans (Ecosse), Ashton (Beef) ou cinquante centimes (Halfpenny le gallois) ont des arguments à faire valoir.

A l'arrière, Foden, le Byrne (Galles) ou le Masi (Italie) des grands jours impressionnent.

Après ça, allez vous amuser avec le potentiel des Bleus, dont péniblement  un petit tiers serait indiscutable dans n'importe quelle équipe européenne.

Pour rester poli et aimable envers le supporteur bleu-blanc-rouge la comparaison est restée limitée à notre familier hémisphère nord et tant qu'à porter ces couleurs tricolores, il pourra se consoler en se disant qu'après tout ce sont aussi celles de l'Union Jack !

 

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