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lundi, 04 juin 2012

A'mendonné tu vas au stade pour t'emmerder

La LNR ne manque pas de génie. Vu le niveau affligeant du Top 14 en général et des phases finales en particulier, un type à la ligue s'est dit : hé si on couplait les demies-finales, sur 160 mn de jeu, ce serait bien le diable si l'amateur de gonfle en live n'avait pas à se mettre sous les dents, entre deux peaux de saucisson rougis par le cubi et coincés dans la molaire creuse, une paire de minutes de beau jeu. Le supporteur de rugby est assez peu regardant question hygiène dentairo-buccale, c'est bien connu.

Raté !

Les rouges et noirs qualifiés pour la finale ont ceci de commun d'avoir refusé de pratiquer un jeu offensif, d'avoir bâti leur victoire sur une défense hyper agressive. Les castrais et clermontois ont en commun d'avoir tenté de contourner les défenses en balançant la gonfle au large, quand ils aurait fallu privilégier l'axe.

C'est bien de vouloir envoyer du jeu, ça ne dispense pas d'un minimum d'intelligence tactique. Les castrais ont clairement failli, en supériorité numérique, petits bras, ils tentent des pénalités, quand plusieurs  touches à 5 mètres s'offraient à eux. Sous la flotte, les clermontois, continuent de jouer à la passe à dix.

Paradoxe du rugby contemporain high tech :  des gonzes bardés d'électronique comme un A 380, sillonnant le pré en large et en travers, jugés aux kms parcourus, aux calories brulés, à la fréquence cardiaque, à la pertinence des trajectoires de leur course, des logiciels d'analyse vidéos dont le coût avoisine le PIB de la Grèce, tout ça pour ne pas avoir à se servir du bulbe.

Deux exemples rapides :

- Teulet, 1,25 m au garot, envoie chandelles sur chandelles à destination de types lui rendant une bonne tête, les lois de la physique étant ce qu'elles sont, la probabilité de récupérer la ballon a la retombée est proche de zéro.

- les jaunards, maîtres du ballon à quelques mètres de la ligne adverse, experts dans la multplication des rucks pour enfoncer la gonfle dans l'en-but, marquant quantités d'essais sur cette phase qu'ils maîtrisent, préfèrent jouer au large sous un déluge et finissent tout aussi naturellement par sombrer.

 Si l'intelligence tactique  et les qualités d'adaptation manquèrent cruellement aux éliminés, c'est pas faute d'avoir été encouragés par des foules ignares en géographie.

Au beau milieu de l'Ile du ramier, sur la verte pelouse du stadium toulousain, castrais scandèrent : "Ici, Ici, c'est Pierre Rajon", quand le lendemain les jaunards les imitaient : "ici, ici, c'est l'ASM". On avait déjà "Ici, ici, c'est la Corrèze", sans que ce joyau de littérature de terroir n'empêche les coujous d'humer l'air âpre de la Pro D2.

Pauvreté des encouragements, degré zéro de l'imagination supportrice, on se demande bien à quoi servent les clubs de supporteurs, infoutus de lancer une ritournelle un brin emballante, à part négocier une bière pas trop tiède et l'achat de t-shirts groupés.

Si le sort de la Nation avait été entre les mains de pareille engeance, en 1789 en lieu et place de notre belle Marseillaise, on aurait eu on truc du genre, "Ici, ici, c'est la France".

Bref, c'est à pleurer.

Que castrais et jaunards sèchent leurs larmes, face à l'enjeu, leur équipe jouèrent le jeu. D'autres qu'elles viseront le titre de Champion de France de Groupe B.

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