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dimanche, 17 mars 2013

XV raisons d'espérer et désespérer (11) : le bilan du Tournoi 2013

Dernier !

Le dernier au piquet ?

Pas si simple.

C'est vrai qu'on s'est rarement aussi emmerdé devant le poste à regarder les Bleus, le temps faisant son oeuvre, on en vient presque à regretter l'époque des deux nullards Laporte et le Lièvre.

C'est vrai que l'équipe de France est bien devenue une équipe d'Irlande bis, la preuve absolue en est même donnée par l'Italie, capable de battre les deux à domicile, réservant à l'une un sort identique à l'autre.

C'est vrai que le Pays de Galles a souligné l'enfumage des Bleus en démontrant qu'une équipe pouvait se relever d'une entrée ratée et même d'un match perdu en ouverture à domicile. Leur exceptionnelle partie face aux Anglais a brillamment relevé  un Tournoi 2013 bien ternasse.

C'est vrai qu'après l'entrée pourrie des Bleus à Rome on attendait la révolte au match suivant et comme soeur Anne on a vu que dalle.

C'est vrai qu'après la défaite à domicile contre des Gallois à 8 défaites consécutives on attendait un sursaut d'orgueil face aux Beefs seul à même de redresser l'honneur national et comme soeur Anne on a commencé à voir la poussière qui poudroie au loin, puis que dalle.

C'est vrai qu'après 3 défaites de rang dans le Tournoi on attendait un réveil face à des irlandais faiblards et comme soeur Anne on a vu que dalle à l'issue d'un match nul obtenu plus par un geste désespéré et chatard que par un baroud que l'on dit d'honneur.

C'est vrai qu'après 4 matchs ratés on attendait plus rien et on a eu rien. 

La Miche au fond du seau, lui dont les sourires éclairent habituellement avec bonheur les pelouses au milieu  des gueules renfrognées et rentrées de l'Ovale, s'est fait la tête d'un prédicateur à Empalot. Agacé, agressif, il pouvait être plus difficilement à côté de ses pompes. Pour le reste, comme d'hab le Cinq de devant a maintenu l'équipe à flots, avec  toutefois quelques changements, Inglorious Bastareaud a fait des passes, il a arrêté de jouer à René la taupe, tandis que Clerc et Médard ont joué à faire croire qu'ils avaient des cannes et des crochets quand en face les écossais déchiraient par trois fois notre légendaire défense de fer d'inspiration bayonno-biarrotte.

Lagisque a grandi à l'ombre des bunkers joncheant les plages de l'Atlantique, d'où sa science de la défense, sauf que le mur de l'Atlantique ça sert à que dalle quand ça débarque dans La Manche, il va devoir revoir ses classiques le génie national de la défense.

C'est vrai que dernier en 2013 après avoir été quatrième en 2012, c'est le plus mauvais bilan du XV de France depuis longtemps.

C''est vrai que le bilan comptable de ce staff est le pire depuis que le rugby est pro.

Mais comme on le verra juste en dessous c'est peut être paradoxalement la meilleure nouvelle qu'il soit depuis au moins aussi longtemps.

XV raisons d'espérer et désespérer (12) : 1999 en pire, donc en mieux !

La dernière fois où le XV de France était le dernier du Tournoi remonte à 1999, cette même année où l'Ecosse le remportait pour la dernière fois !

Or l'amateur de gonfle le sait, l'année est entrée, sans remonter aux temps des grands Anciens, dans la catégorie glorieuse des grands millésimes, 1977, 1981, 1987 etc.

1999, après un unique et historique double Grand Chlem en 1997 et 1998, l'équipe de France finit dernière et quelques mois plus tard, renverse l'archi favori de la Coupe du Monde 1999, les Blacks comme toujours, au terme d'un match époustouflant. Cuits et émoussés (le mot fut inventés pour eux) les Bleus échouent en finale face aux Wallabies dans leur conquête du toit du Monde.

Toute l'Ovalie le sait, la vérité du jour n'est pas celle du lendemain, et sans doute vice versa, à moins que ce ne soit l'inverse.

Précédemment comme on dit au début des séries de la TV US, Laporte et le Lièvre n'avaient que l'instant en tête, ils jouaient le court terme pour masquer leur nullité intemporelle. Au début de chaque Tournoi, pour chaque match, ils foutaient une pression énorme à l'équipe : " et qu'il faut gagner ce match, et que c'est hyper important" et tutti quanti comme se tue à le répéter Brunel.

On ne cachera pas au lecteur bienveillant et ami de la vérité que l'interprétation suivante ne repose pas nécessairement sur le béton des faits trempés dans l'acier de la logique comme on aime à le dire chez Bouygues DV,  mais le staff a sans doute communiqué aux joueurs son obsession ultime, la seule qui vaille : 2015.

Il n'est d'ailleurs pas impossible que cette dernière place a été sinon voulue et souhaitée à tout le moins supportée avec d'autant plus de facilité par le staff et l'équipe qu'elle met tout ces nullards de la fédé devant leurs responsabilités et contraditions, se foutant du sportif et n'ayant pour objet de passion que de purs délires immobiliers.

Seul compte donc 2015, le reste on s'en fout ou pas loin.

C'est vrai qu'on s'en fout du doublé 1997-1998, c'est vrai qu'on s'en fout des Grands Chlems laportien et c'est encore plus vrai qu'on s'en tamponne grave comme le premier ballon dégueulé sous la pluie du Grand Chlem du Lièvre en 2010.

Sur la période on retient deux finales brillamment perdues et deux demies-finales lamentablement perdues.

Si personne n'a compris qu'au jour du jugement dernier, les dieux de l'Ovale n'ont d'yeux que pour la Webb Ellis, c'est à désespérer  de toute trace de vie intelligente dans l'univers de l'ovale hexagonal (figure géométrique improbable je le concède).

Tout le reste, le Tournoi raté en 2012, la dernière place en 2013 et par anticipation les Tournois 2014 et 2015, on s'en fout au moins autant que ce que voit soeur Anne tout en haut de sa tour à la con. Et je ne  parle même pas de savoir si telle ou telle tournée a été réussie ou ratée. Tout cela n'existe pas, ou plus depuis que ce jeu est devenu professionnel et qu'il a sa Coupe du monde.

Le Tournoi, ça sert juste à aller boire des bières en terres étrangères et de voir un peu de pays.

Le seul truc qui compte vraiment, que tu peux mourir après avoir rendu le dernier souffle sous la forme d'un ultime rot à la mousse, c'est voir les Bleus être champions du Monde.

Le Goret et son staff le savent.

Sans doute que les joueurs, inconsciemment ou pas, à leur corps défendant ou pas, l'ont compris.

Du coup le reste ils s'en foutent.

Et nous ?

Nous, amateurs d'Ovale, on attend.

On attend plein de doutes, mais l'esprit clair 2015.

Et en attendant d'attendre, on attend le prochain Tournoi, pour aller voir des bières ou boire du pays, à moins que ce ne soit l'inverse.

Pour toutes ces raisons, on voue une admiration sans bornes à ce peuple de Galles, terreau d'un rugby historique à rouflaquettes, entre chenil et pubs, rare terre où l'on croit encore que le Tournoi est important car il ne reste que ça pour tisser de rêves les nuits de grandeur ovale.

Puisse notre avenir bleu ne jamais être prisonnier de tels mirages.

samedi, 16 mars 2013

La perte du triple A

A l'issue de ce Tournoi 2013 l'équipe de France aura perdu son triple A.

D'où la titularisation de Claassen et Vahaamahina...

jeudi, 14 mars 2013

France - Ecosse : de tutoyer les sommets à camper dans le fossé

Faire d'un France-Ecosse un match à enjeu dans  le Tournoi, pareille incongruité n'était pas arrivée il y a bien de cela plus de 20 ans.

C'est dire si les Bleus sont bas tombés, oui, bas tombés, tombés bas ne dit pas assez l'ampleur de la chute, en gros de numéro 2 mondial à numéro 5 ou 6 européen.

Jusque là  on avait suivi le Goret, même s'il avait librement décidé de perdre un an.

Perdre un an ?

Oui, perdre un an, car pour le précédent Tournoi, il avait fait le choix de conserver pour la dernière fois les grognards (Nallet, Bonnaire...), en guise de remerciements pour services rendus à la Nation bleue ovale.

Allez les gars, c'est mon Tournoi, le dernier pour la route... Alors que le Grand Chlem était annoncé, badaboum, trois matchs perdus sur cinq.

Le Goret avait échoué dans son pari d'un dernier barroud d'honneur donné par une équipe présentée comme "Vice championne du monde". Au sortir du Tournoi 2012, elle n'était que la quatrième équipe européenne...Pffuit, envolés les fameux "vice-champions" du monde !

D'une certaine manière, même si tout est bon dans le cochon, sa générosité et son coeur avaient perdu le Goret.

Tout cela commençait à faire tâche, lavée comme par magie par une tournée automnale réussie.

A l'approche de cette fin de Tournoi 2013, avec au mieux une cinquième place sur... six, les succès de l'automne semblent être l'exception qui confirment la règle.

Pourquoi ce constat et pas l'inverse ?

1. Parce que le Goret  ne peut pas  chouiner qu'il manque de temps pour "reconstruire" et en même temps démarrer les travaux avec un an de retard.

2. Parce que le Goret ne peut pas avancer le sempiternel joker de la "reconstruction", utilisé depuis au moins la chute des remparts de Jéricho, et sélectionner un sudaf approchant la trentaine (Claassens), un ailier la dépassant (Clerc) et un capitaine usé jusqu'à la corde (Dusautoir). Préparer 2015 avec des types qui jouent en déambulateur n'est pas le gage d'une réussite assurée. Très bientôt, comme dans les intitulés foireux des mathématiques d'antan va se poser la question de l'âge du capitaine.

3. Parce que le Goret nous prend pour des jambons quand il se contente d'un match nul avec l'Irlande. Au moins cela permet de situer le niveau de l'équipe de France puisque deux ans de suite l'équipe dirigée par le Goret a fait match nul. En gros l'équipe de France c'est une équipe d'Irlande sans rouquin, pas de quoi pavoiser d'autant plus qu'eux ont la Guiness et pas nous... A ce sujet, de ce côté là du Channel personne ne s'est plaint de l'arbitrage quand l'essai du "victorieux" nul est au moins aussi douteux qu'un sous-vêtement après une grande frayeur.

4. Parce que le Goret ne peut essayer de nous enfumer à la Liévremont avec son "équipe pour 2015" quand il oublie Butin, Jacquet, Martin et de retenir n'importe quel joueur  de moins de 25 ans, jouant à la pile, en troisième latte ou à l'ouverture. Un exmple au hasard, alors que Lapandry fait des matchs énormes avec l'ASM, il a disparu des tablettes dès que le Goret est arrivé. Il faut au moins reconnaitre au Lièvre d'avoir mis dans le bain Lapandry, Lakafia et Lauret.

La question qu'il faut se poser, la seule qui vaille est Doussain, Lapandry, Lakafia et Palisson retenus pour la dernière Coupe du monde et incarnant la relève sont-ils meilleurs ou pas ? Visiblement le Goret pense que non, le spectateur habituel de Top 14 peut légitimement penser l'inverse.

5. Parce que l'inconstance se poursuit avec l'appel de Flanquart quand Taofifenua est oublié.

L'ensemble constitue autant de raisons d'arrêter de faire crédit à l'Auvergnat.

Au final, l'équipe de France souffre de ce manque de continuité, chaque staff, pour marquer son territoire, pisse sur les jeunes découverts  par leurs prédécesseurs et d'avancer les leurs au risque de faire ressembler le parcours des Bleus à la course d'un canard gras décapité.

Inconstance et incohérence sont bien les deux mamelles de notre rugby tricolore !

Le XV de départ: Huget - Clerc, Bastareaud, Fofana, Médard - (o) Michalak, (m) Parra - Dusautoir (cap.), Picamoles, Claassen - Maestri, Vahaamahina - Mas, Kayser, Domingo.

Remplaçants: Guirado, Debaty, Ducalcon, Samson, Nyanga, Machenaud, Trinh-Duc, Fritz (ou Fickou).

vendredi, 08 mars 2013

Irlande- France (compo et digressions)

Le problème avec la compo du XV de France se pose quand à un ou deux éléments près tu aurais fait la même si tu étais le sélectionneur, poste auquel il t'est à jamais interdit de rêver vu que tu as à peine le niveau CAP gonfle. Déjà une charnière sans Trinh-Duc ça à de la gueule, il reste un petit effort à faire, Trinh-Duc on le veut devant sa télé et pas ailleurs à défaut d'être clairement sur-cotée.

Clerc selon la légende réussit contre l'Irlande, à voir, il nous semble bien faiblard en ce moment. Mais comme souvent l'essentiel n'est pas là. Chacun aura pu juger de la forte coloration toulousaine de l'équipage, si pendant des années alors que le Stade dominait la France du rugby sa représentation était si faible qu'elle frôlait le scandale, mais à la place t'avais du biarrot, de l'agenais, du parisiens mais pas la queue d'un toulousain... Fort mouvement de balancier inverse, du rouge et noir comme s'il en pleuvait alors que cette saison le Stade n'a jamais été aussi à la peine, du coup ça râle à Castres, la récente sortie de Labit, si elle ne fait pas peur, on est habitué à ces saillies verbales est plutôt fondée, c'est important le fondement pour Labit.

Le XV de départ des Bleus contre l'Irlande: Huget ; Clerc, Fritz , Fofana, Médard ; (o) Michalak, (m) Parra ; Dusautoir (cap.), Picamoles, Nyanga ; Maestri, Samson ; Mas, Kayser, Domingo. Les remplaçants: Guirado, Debaty, Ducalcon, Vahaamahina, Claassen, Machenaud, Trinh-Duc, Bastareaud.

dimanche, 03 mars 2013

XV raisons d'espérer et désespérer (10) : FofaNėo

Chacun sait que sur le zinc du Teppee Bar la partie ne commence vėritablement que sur les coups de 22 heures, lorsque se font sentir les premiers mirages dus au repas du soir reportė, au moment précis où après la 17ème tournėe, le petit patron mafflu dont la passion pour les nombres premiers reste intacte braille : Bon les gars c'est ma tournée ! Soudain tout s'accélére...

Sauf pour Sitting Bull, posé au coin du bar depuis la bataille de Little Big Horn et baignant dans sa crasseuse intemporalitė. Jamais tu ne verras Sitting Bull sauter sur le premier mustang venu pour faire comme les oiseaux qui se cachent pour vomir. C'est ça la maîtrise du très haut niveau, quand tout s'accélère, que la masse chavire sous l'effet enivrant de la vitesse, celui qui est bâti pour l'excellence se met naturellement au niveau et domine l'événement quand tous sont dominés par lui.

Mieux, c'est précisément au milieu de ce puissant maelström que pour le joueur élu parmi les élus de l'excellence ovale tout devient plus fluide, là où le joueur de classe internationale parvient à se hisser dans un effort ultime au niveau du jeu et de l'enjeu, pour l'Élu c'est à cet instant, comme dépassé par lui-même qu'il révèle aux yeux de tous ce qu'il sentait confusément depuis avoir tâté de la gonfle pour la première fois : être Élu par les puissances de l'Ovale, non pas pour devenir celui qui devient une Légende de ce jeu, mais pour régner à tout jamais au sein du Panthéon de l'Ovale, régner jusqu'au dernier souvenir dans la mémoire des Hommes qu'un tel jeu fût pratiqué.

Il ne s'agit pas à rebours de l'esprit de ce sport collectif de combat de sublimer une performance individuelle, mais l'essai de Fofana contre les Beefs, nos pires adversaires préférés, qui plus est dans ce stade, dévolu au culte du rugby comme Saint Pierre à Rome l'est aux Papes, représente bien plus que cela.

De même que le plafond de la Sixtine est plus que de la peinture, le steack de chez Michel plus que de la bête mort, l'essai de Fofana est plus que du Rugby. C'est au minimum de la calligraphie, Fofana dessinant par ses courses, raffûts et accélérations dans l'espace et le temps une figure digne de Neo devenu le Maître suprême et exclusif de la Matrice.

Aussi, s'il devait arriver à Fofana d'échouer par gros temps sur les rivages du Teppee Bar, je lui remettrai la mienne jusqu'à ce qu'il nous rejoue à la perfection sur le zinc l'olive sous le doigt en guise d'ovale, ce moment de grâce infinie pour taquiner ensemble l'intensité paradoxale d'un bref moment d'éternité.

 
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