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mardi, 15 juillet 2014

Brève histoire récente du rugby tricolore (I)

Fin du tournoi 2014 : France 4ème

On peut croire que c'est céder à la provocation gratuite, pas toujours absente de ces lignes il est vrai, que de placer l'équipe de France dans la deuxième division du niveau européen, quelque part entre l'Ecosse et l'Italie et fatalement de la voir en Fédérale 1 au niveau mondial.

Pour mesurer le plus justement possible le niveau des Bleus un retour en arrière n'est pas inutile au moment où une satisfaction grotesque, insultante même pour celui qui a des yeux ovales, parcourt les propos du staff du XV de France au sortir de ce Tournoi 2014. Comment comprendre en être arrivé là, si l'on ignore d'où l'on vient ? Tenaces interrogations métaphysico-rugbystiques.

Troisième Tournoi du staff PSA, un bilan en forme de réquisitoire s'impose, avant cela, back to the future.

1999-2007 Le vide Laportien : disparition du rugby made in France

Après une finale superbement perdue à la suite d'une qualification déjouant tout pronostic les Bleus ont quelques certitudes, ils figurent dans le TOP 4 mondial et ont (fait unique dans les annales) remporté deux Grands Chlem en suivant.

Villepreux et Skrela, entraineurs expérimentés avaient une vision du jeu, qui certes était très loin de faire l'unanimité, mais ils présentent à ce jour le meilleur bilan depuis que le rugby est pro (1995).

De ces fondations, il ne va rien rester après les errements consécutifs de Laporte et de Lièvremont.

Errements d'abord de ceux qui les ont nommé et renommés.

Laporte, jeune entraineur à la tête d'une armée de mercenaires revanchards, tout auréolé d'un titre de champion en 1998, est nommé à la tête du jeu tricolore. Fait unique dans les annales, jamais international on lui confie les clés du camion tricolore. Conducteur inexpérimenté il l'enverra par deux fois dans le fossé.

En 1998 il était permis de penser que sa virtuosité avait permis le sacre parisien, il n'en est rien, puisque c'est sans entraineur qu'un titre est remporté en 2000 et que trois autres suivront dans les années 2000.

En 1914 nos états-majors prônaient l'offensive à outrance à la base de la gloire napoléonienne, nos poilus finissent la guerre enterrée.

En 1939 nos états-majors avaient préparé une guerre de front, les nazis submergèrent les armées françaises dans une guerre de mouvement.

Laporte s'inscrit pleinement dans cette tradition où l'on prépare les batailles de demain avec les armes du passé, c'est donc avec une guerre de retard qu'il monte au combat.

Laporte a deux obsessions (australiennes, des champions du monde 1999) :

-pas de fautes,

-une défense imperméable.

Il est vrai que si tu prends pas d'essai et que l'adversaire est privé de points de pénalités  tu as fait la moitié du chemin, le reste que par commodité on appellera l'animation offensive est oublié.

Pour parvenir à ces fins Laporte s'inspire des Australiens, du XIII, n'a que le rugby du Sutt à la bouche, fait venir des techniciens antipodiques  et pendant ce temps là le rugby tricolore perd de son ADN.

Le résultat final, une petite 4ème place en 2003, ce qui est le minimum quand on est l'équipe de France.

L’épisode Laportien aurait pu s'arrêter là, le tarnais chantant sur tous les tons, qu'il serait champion du monde etc. La mesure et la modestie ne sont pas les qualités les plus pratiquées par le grand chauve.

Logiquement on aurait dû en rester là, seulement entre-temps, notre rugby pro s'est découvert en manque de star, France 1998 est passée par là !

Or point de star dans les Bleus de l'époque, la STAR c'est Laporte, son accent du Sutt, sa faconde, ses emportements, correspondent à l'image de la gonfle chez ceux qui la suivent de loin.

Le raisonnement est à la portée du premier con venu, c'est d'ailleurs celui qui fut suivi à FFR, c'est dire, seul Laporte apparait comme pouvant médiatiquement permettre à la gonfle d'exister hors de son biotope Occitan. Il a permis avec Guazzini de faire parler de l'Ovale à Paris, il lui reste à faire parler de l'Ovale au dessus la Loire.

C'est donc pour des raisons extra-sportives que Laporte est reconduit après une lamentable demi-finale perdue face aux Beefs, parce que disait-il il pleuvait ce jour là.

Ce torrent de conneries va continuer de se déverser sur la France de l'ovale de 2003 à 2007.

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