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jeudi, 15 octobre 2015

France - All Blacks : les meilleurs de tous les temps contre les pires de l'Histoire

La nostalgie a du bon mais quand elle tient lieu de tactique et de seul horizon elle devient une ligne de fuite plus qu'une ligne de vie.

Cette nostalgie a un nom : French flair.

Un French flair triplement abusif :

d'abord car le beau jeu, virevoltant et plus imprévisible que le rebond du cuir n'est pas une exception française, il est pratiqué de manière significative (on en oublie beaucoup sans doute) par le Pays de Galles de Gareth Edwards des années 70, par les Blacks en toute époque et très épisodiquement chez nos Bleuxv ;

ensuite, les équipes de France qui ont marqué leur temps, celle de Mias en 1954, celle de Carrère en 1968 ou celle de Fouroux en 1977 mettent des points et des poings, et au final on se souvient plus de la paluche de Palmiè que des crochets de Bertranne...

enfin et surtout le French flair n'a jamais permis de battre les Blacks, en 1999 ou en 2007 ils l'ont surtout été par un pack survolté.

A cela ajoutons que  le French flair est un état d'esprit qui à supposer qu'il existe a des racines, or on peine à voir dans le Top 14 et a fortiori dans les Bleuxv du Goret depuis 4 ans la moindre étincelle de French flair (si en plus tu préfères Leroux à Nyanga et Grosso à Médard tu peux attendre la neige à Tahiti...). Et quand en plus le défi physique tient lieu de schéma technico-tactique passer du Grand Béziers au Toulouse de Deylaud en moins d'une semaine annonce dans le meilleur des cas une sénilité précoce et dans le pire une connerie aussi ancienne que tenace.

Mais puisque c'est de saison, jouons au comparaison :

Les Bleuxv de 1999 ont - fait unique dans l'Ovale tricolore - réalisé deux grands chlems en suivant (1997-1998), sortent en quart assez facilement l'Argentine et n'ont qu'une montagne à gravir pour aller en finale.

Les Bleuxv de 2007 ont remporté en 2006 et 2007 le Tournoi et après une claque d'entrée face à l'Argentine montent progressivement en puissance après une salutaire remise en question (n'oublions pas que la victoire reste à jamais entachée d'un en-avant plus visible que la barbe de Chabal).

Les Bleuxv de 2015 n'ont rien gagné dans le Tournoi depuis 4 ans et là où leurs devanciers pouvaient prétendre au titre de Roi d'Europe, ceux du Goret dominent péniblement l'Ecosse et l'Italie.

D'ailleurs au jeu des comparaisons les Blacks ont aussi leur place. Si on en juge par le parcours depuis 4 ans, et s'il faut toujours se méfier de l'hyperbole comme la dinde de Thanksgiving c'est sans doute la meilleure équipe de tous les temps quand nos Bleuxv sont la pire équipe de France depuis que le rugby est pro.

Pour faire simple, les blacks de 2015 sont plus forts que ceux de 2007 et 1999 quand inversement nos Bleuxv sont plus mauvais que ceux de 2007 et 1999.

Mais le plus étonnant n'est pas là, n'oublions pas que le cuir s'entretient à l’humilité et les Blacks sont là en la matière des modèles. Depuis le début de la compétition ils soulignent les risques d'un premier tour trop facile comme en 2007 et les dangers que cela représente (ils pourraient tout aussi bien insister sur ce match volé à la suite d'une grotesque erreur d’arbitrage...)   pour dire qu'ils veulent se servir de cette expérience pour ne pas qu'elle se renouvelle.

En face, non seulement aucune leçon n'est retenue du passé (jamais les Bleuxv n'ont battu deux fois de suite une équipe du SuT) mais en plus on se berce des douces et trompeuses illusions du passé pour au bout de 4 ans, tout effacer, repartir dans le meilleur des cas à zéro et ainsi de suite jusqu'à ce que notre astre de lumière s'éteigne. C'est un brin fatigant...

Du coup je raccroche les crampons !

 Nota Bene

Les images du passé font mal :

- on nous repasse l'essai du bout du monde de Sadourny et la course chaloupée de Cabannes, sauf que 20 ans après tu as droit aux raids rectilignes de Spedding toutes joues gonflées et à  Leroux évoluant sur des rails ;

- le coup de pied de rouge-gorge de Michalak peine à faire oublier celui de Lamaison, quand la vivacité de Dominici contraste avec un Nakaitaci plus emprunté sur le pré qu'un banquier grec à la Bourse de Shanghai ;

- l'exploit de  2007 ne résiste pas à la vidéo, elle anéantit (presque) tout espoir de victoire sur un essai volé.

 

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