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dimanche, 28 février 2016

Novès An I : les bleus en Bleuxv, bleu gris ou gris bleu ?

Au bout de trois matchs, sans être définitif un premier bilan s'impose.

Courte victoire (23-21) face à l'Italie, qui fut à deux doigts de s'imposer au stade de France, ce qui n'est pas si fréquent que cela. Une victoire qui doit beaucoup à un arbitrage compréhensif et à l'incompréhensible impatience d'un Parisse trop orgueilleux. L'humilité est une vertu cardinale de ce sport, souvenez-vous de ces magnifiques Blacks allant se faire des passes sous la flotte en demies face aux Boks.

Contre l'Italie (qui a quand même a pris 30 points chez elle face à l'Ecosse) l'excuse habituelle flottait dans l'air à la manière d'une mauvaise haleine : les Bleuxv n'avaient bénéficié que d'une courte préparation. Il est vrai que de leur côté, les italiens sortaient de six mois de stages intensif... Piètre fut la copie rendue, jeu plus haché et saccadé qu'un stroboscope au mitan des années 80, mais sans vitesse, sans automatisme, aggravé par une défense en accordéon dites à l'Yvette Horner.

Plus courte victoire encore (10-9) face à une équipe d'Irlande décimée, orpheline de son âme rousse (O'Connel) et peinant à se remettre six petits jours après un match d'une grand intensité face aux gallois. Aussi présenter comme un exploit une victoire, la première depuis 5 ans, face à une équipe redevenue ordinaire n'a rien d'extraordinaire ; les irlandais de ce tournoi n'ont pas grand chose à voir avec les précédents successivement privés d'O'Driscoll, Darcy, O'Connel et tutti quanti comme aime à dire le grand Sergio.

Bref on s'emballait pour l'emballage (la communication de l'habile de Novès) pas pour le contenu (le jeu et les joueurs).

Faut-il que notre rugby tricolore soit si mal en point pour se satisfaire de ces deux victoires plus tendues que le string de Maité la cuisinière ? Pour se féliciter d'un changement ancré et concrétisé par une pénal-touche choisie plutôt que des poteaux désignés pour cible. Si l'on peut souligner cette ambition inédite, il ne faut pas être oublieux qu'il s’agit là de la norme et que retrouver quelque chose que l'on a perdu, n'est pas s'enrichir.

D'évidence le match au Pays de galles s'annonçait comme le véritable test des Bleuxv à la sauce Novès, son issue éclaire d'une lumière cruelle les profondes lacunes et défaillances du XV de France. Dominés sur presque tous les impacts, privés de tête et de direction (le crédit de Plisson commence à s’épuiser, il est à deux doigts d'envier Madoff) seul l’impressionnant abattage de Guirado, depuis longtemps meilleurs des Bleuxv, a un temps masqué l’écart entre les deux équipes.

Certes, on pourra toujours dire qu'ils n'ont pas baissé les bras, mais encore une fois, c'est bien le moins, quand assurer le minimum prend des allures d'épopée épique c'est se satisfaire de bien peu. Que le commun devienne exploit, dit assez la profondeur du fossé duquel peine à émerger des Bleuxv décidément bien malades.

D’où vient le mal ?

D'abord, nos adversaires possèdent des joueurs ayant une véritable envergure au plan international, capables de se transcender pour entrainer dans leur sillage toute l’équipe (l'Irlande avait O'Connel, reste O'Brien, Sexton, l’Italie a le génial Parisse, quant aux gallois, les dernières prestations de Warburton et de G. Davies montrent assez ce qu'est un joueur de classe internationale).

Ensuite, le bleu ne fait plus rêver, nos jeunes au lieu d'être transfigurés et élevés par le port du Coq semblent au contraire revêtir une armure de plomb. Bien sûr ici où là percent quelques éclairs (Guirado, Mermoz), mais Danty ne fait pas ce pourquoi il est là, fendre les défenses adverses, la conduite du jeu par Bézy est neutre, Plisson se cague dessus, quant aux relances de Medard, elles sont plus transparentes que les dessous de Tabata Cash (c'est pas son vrai nom), le Cinq de devant avec ou sans Maestri est dominé, la troisième ligne navigue en l'absence de Picamoles dans une médiocrité aussi confondante qu'enveloppante, dans un terne et un gris absorbant l'équipe dans son entier.

Enfin, synthèse des deux points précédents la France ne dispose pas ou plus des joueurs capables de l'entrainer vers le haut, de la hisser sur les sommest de l'Europe. Pour ne prendre que les gallois et des joueurs ayant évolué en Top 14 (Charteris - pas là hier-, J. Davies, Lydiate ou Roberts) on voit bien qu'ils élevent sans mal leur niveau au-dessus des joutes domestiques, quand les joueurs français dans leur très grande majorité en sont incapables. Les joueurs toulousains par exemple ne sont pas plus mauvais qu'à Toulouse, ils ont seulement face à eux des adversaires d'un autre calibre, conforme aux exigences internationales, donc bien supérieur.

Le mal est profond, quand Noves peut intervertir les joueurs en première et seconde ligne, à la mêlée sans que cela ne modifie le rendement général de l'équipe cela signifie tout simplement que tous se valent et que par conséquent, se valant tous, ils valent peu.

Au final la montagne Novès a accouché de la souris Vakatawa, qui risque à nouveau d'être prise dans les griffes impitoyables des prochains félins Beefs et scottish.

Tout ça pourrait bien finir comme sous l'ère Saint-André par un maigre bilan comptable, voire passif, comportant plus de défaites que de (courtes et aventureuses) victoires.

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